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M.H. Glantz
J. Dana Thompson (1977) s'intéressait en effet aux déserts et aux oasis dans l'océan.
L'auteur attirait l'attention sur le fait que de larges étendues de l'océan, où la
productivité biologique dans des conditions normales est faible, peuvent être
considérées, du point de vue de leur exploitation, comme des déserts.
Dans l'océan, la production commerciale, comme celle de subsistance, est
concentrée dans les zones néritiques. C'est aussi dans ces régions que les stocks
halieutiques sont les plus exposés aux pressions directes et indirectes d'origine
anthropique résultant de la surpêche et des pollutions. Dans les zones côtières plus
productives, comme celles qui sont enrichies par des upwellings, les processus qui
réduisent la production ressemblent étonnamment à ceux qui affectent la productivité
des écosystèmes terrestres.
Au cours de la dernière décennie, la communauté scientifique et les responsables
nationaux ont appris à mieux connaître les phénomènes de désertification qui, jusqu'au
début des années 60, ne préoccupaient qu'une poignée de spécialistes de
l'environnement. Depuis, des centaines de conférences, de colloques et de groupes de
iravail ont été organisés pour discuter, évaluer et incriminer les facteurs anthropiques
ou naturels à l'origine de la désertification terrestre. Aujourd'hui, d'innombrables
articles et ouvrages ont été publiés sur les différents aspects de la désertification
terrestre.
Le concept de désertification est particulièrement utile lorsqu'il s'agit d'évaluer
les causes et les effets de la biodégradation, et d'identifier les remèdes contre la
pollution dans un environnement marin côtier, ainsi que les obstacles à leur application.
Ce concept met l'accent sur l'intérêt d'une démarche holistique. Dans bien des cas, la
recherche d'une cause spécifique de dégradation conduit à incriminer un facteur
prédominant quand, en fait, plusieurs facteurs interfèrent. Fréquemment, des
spécialistes différents imputent, en fonction de leur spécialité, la dégradation des
écosystèmes terrestres à un facteur plutôt qu'à un autre : érosion éolienne ou pluvialilc,
surpâturage et piétinement de la terre par le bétail, peuplements humains, pauvreté,
sécheresse, liberté d'accès, ... (Glantz and Orlovsky 1983). En réalité, chaque facteur
joue à un moment donné un rôle plus ou moins important. Cela est également vrai pour
les ressources renouvelables marines.
La dégradation des ressources vivantes côtières peut avoir une origine naturelle
(variabilité climatique) ou humaine (surpêche, pollution). En fait, un ensemble de
facteurs interviennent, à un moment donné et dans une région particulière, dans
l'altération de la qualité de l'environnement côtier, certains ayant un impact à long
terme plus marqué que d'autres. Avec la croissance démographique, la concentration
des agglomérations humaines, l'adoption de techniques nouvelles pour l'exploitation des
ressources, l'aménagement physique des zones littorales, le rejet involontaire ou
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