IS - Les conditions du développement de la pêche
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pêcheurs côtiers dans une compétition rendue plus dure par cette mécanisation même.
A mesure que la pêche non mécanisée perdait pied, l'écart entre les prises et les
revenus des pêcheurs mécanisés et non mécanisés se creusa, justifiant ainsi la poursuite
des programmes de mécanisation. Toute considération politique et sociale mise à part,
l'arrêt de l'appui à la mécanisation aurait signifié l'abandon des unités encore non
mécanisées, et le déclin de leurs prises et de leurs revenus par rapport à ceux dont ils
jouissaient auparavant.
Avec l'augmentation des frais d'entretien consécutive au vieillissement des
bateaux et des moteurs, et l'augmentation du prix du carburant qui suivit la crise
pétrolière de 1973, les frais de fonctionnement des bateaux mécanisés augmentèrent au
point d'inverser leur avantage initial sur les bateaux non mécanisés, même lorsque leurs
prises étaient supérieures (pour différentes analyses de cette évolution, voir Panayotou
1985). Devant ces faits, le biais favorable à la mécanisation fut de plus en plus
controversé lors de l'évaluation des performances des programmes de développement.
La pertinence d'autres instruments privilégiés dans les politiques d'assistance, tel que le
crédit et les aides, fut également mise en cause. Si une intervention publique reste
nécessaire pour la promotion de la pêche, les modes classiques d'intervention ne
constituent généralement pas la stratégie qui convient.
Quelles que soient les variables sur lesquelles elles portent (prix du poisson,
carburant, navires, équipements, ...), les subventions, comme le crédit et la promotion
de la motorisation, visent généralement à améliorer simultanément l'efficacité et la
distribution. Malheureusement, ils n'atteignent généralement ni l'un ni l'autre, en partie
à cause du régime de libre accès, en partie à cause des distorsions qu'ils génèrent dans
le fonctionnement des mécanismes de marché. Pour qu'elles conduisent à une
amélioration durable des revenus quels qu'ils soient, il faudrait accroître en permanence
le montant des aides, pour simplement contrebalancer l'effet inverse qu'elles induisent
sur l'expansion de l'effort de pêche. De toute évidence, cette politique est vouée à
l'échec : plus les subventions sont élevées, plus l'effort de pêche s'accroîtra rapidement.
Quant au recours aux subventions pour améliorer la distribution, un tel objectif peut
être atteint de façon plus durable et à un coût nettement moindre par des programmes
sociaux en faveur des pêcheurs "en place". Mais, dans ce cas, il est prévisible que
nombreux seront ceux qui essaieront de se faire reconnaître comme pêcheurs (pour
plus de détails voir Panayotou 1985). On a vu également que les programmes d'aide à la
mécanisation avaient souvent accru les disparités dans l'allocation des ressources entre
pêcheries artisanales et hauturières.
Ainsi, les stratégies classiques, préconisées par les spécialistes et mises en oeuvre
par les agences bi- et multi-Iatérales de développement pour promouvoir les pêches
dans le Tiers Monde, ont rarement atteint leurs objectifs. La raison en est claire : elles
ne tenaient pas compte des particularités de la pêche et des contraintes particulières qui
affectent le développement dans ces pays. Elles procédaient par analogie avec deux
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