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T. Panayotou
d'expansion de cette dernière et la croissance économique générale auraient des
retombées bénéfiques et dynamiseraient finalement des communautés littorales en
stagnation.
La persistance de la pêche artisanale et la détérioration apparente des conditions
socio-économiques des communautés de pêcheurs littoraux firent progressivement
réaliser que ce dualisme était loin de constituer un état transitoire dans le
développement du secteur. On réalisa aussi que les bénéfices de la croissance
économique générale étaient loin de retomber sur les strates les plus pauvres de la
population, qu'il s'agisse des paysans ou des pêcheurs : les disparités socio-économiques
s'accentuèrent en dépit de (ou à cause de) la croissance économique. La nécessité
d'intervenir directement pour combattre la pauvreté rurale fut alors reconnue. Dans le
domaine des pêches, certains gouvernements répondirent, dès la fin des années 60, à ce
besoin, en lançant des programmes d'assistance et de promotion des pêcheries
artisanales. Ces programmes privilégiaient la mécanisation et la modernisation des
bateaux et des méthodes de pêche, par l'octroi de subventions et de crédits à des taux
préférentiels et, même, par la distribution directe à des prix subventionnés de bateaux et
de moteurs. L'amélioration des infrastructures, comme les équipements destinés à
faciliter le débarquement et la commercialisation du poisson, procédaient de la même
philosophie.
La logique qui sous-tendait ces programmes était semblable à celle qui avait
dominé la promotion des pêches industrielles : des bateaux plus grands, plus rapides et
plus efficaces assureraient aux pêcheurs artisans une part accrue de ressources
halieutiques communes et, ainsi, des revenus supérieurs. Une telle logique négligeait
seulement que les ressources côlières étaient déjà souvent substantiellement exploitées,
et que les pêcheurs côtiers ne pouvaient participer à la course pour le partage des
ressources, même côtières, sans un appui qui aille au-delà de la simple promotion
indifférenciée du secteur. Les succès initiaux de ces programmes - ils accrurent bien les
prises et les revenus de ceux qui, les premiers, acquérirent les nouvelles techniques -
leur donnèrent une nouvelle impulsion ; ils se généralisèrent et s'intensifièrent au cours
des années 70 pour s'étendre à un grand nombre de communautés.
Malheureusement, les premiers succès ne se répétèrent bientôt plus. Avec
l'augmentation du nombre de pêcheurs en possession de bateaux plus grands et
motorisés, les prises et les revenus individuels commencèrent à plafonner. Cette
stagnation résultait directement de l'intensification de pêche, consécutive à la
généralisation de techniques plus efficaces sur les stocks présents dans leur rayon
d'opération. Le rayon d'action des pêcheurs côtiers s'accrut bien avec la mécanisation,
mais cette extension les mit aussi directement en compétition avec les flottilles
industrielles de chalutiers et de senneurs, dont l'activité s'étendait simultanément au
large, mais aussi dans les secteurs côtiers. Si la modernisation ne produisit pas les
résultats escomptés, elle contribua néanmoins à maintenir les prises et les revenus des
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