18 - Les conditions du développement de la pêche
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3.8. Contraintes par la demande
Si les contraintes les plus fortes au développement de l'exploitation des
ressources naturelles se situent au niveau de l'offre, il est des situations où le
développement est freiné par la demande. En Inde, par exemple, 98% des produits de
la mer sont consommés dans les états côtiers ; près de la moitié de la population
nationale ne consomme pas de poisson de mer (Bobb 1982). Cette situation peut
résulter de l'effet conjugué du faible développement du réseau de communications et de
la chaîne de froid, de la nature périssable des produits, et des habitudes alimentaires
des populations de l'intérieur. Au Bangladesh, une préférence marquée pour le poisson
d'eau douce peut expliquer le sous-développement signalé de la pêche maritime dans la
baie du Bengale. Le développement partiel de pêcheries africaines, tant d'eau douce
(lac Tanganika, Afrique de l'Est) que marines (Tanzanie), est souvent mis au compte de
l'insuffisance de la demande. Ainsi, le Maroc et la Mauritanie disposent de ressources
pélagiques considérables, mais la consommation nationale reste faible, sauf en zones
littorales, et l'exportation des conserves se heurte à une forte concurrence étrangère
émanant de pays qui exploitent en partie les mêmes stocks. On estime à 5 millions de
tonnes les rejets de la pêche chalulière mondiale (Lawson 1984). Ceux-ci sont
particulièrement élevés dans les pêcheries de crevettes tropicales, dans les pays où la
pêche s'est développée en réponse aux seuls marchés d'exportation, et où la demande
intérieure pour les prises accessoires est réduite.
4. Les stratégies classiques de développement
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les efforts en faveur du développement des
pays du Tiers Monde se sont concentrés sur l'agriculture et l'industrie. La pêche, bien
que souvent classée avec l'agriculture, était considérée comme une industrie
d'extraction dont l'expansion dépendrait de l'accroissement des capacités de capture.
Sous le régime de liberté des océans, des navires plus grands et plus rapides signifiaient
l'appropriation de la production d'une portion accrue d'une richesse mondiale
commune. Avec les progrès rapides de la technologie halieutique et les possibilités
différentes d'accès aux fonds d'investissement - y compris aux crédits subventionnés - les
politiques de promotion de la pêche, comme d'ailleurs celles de laisser-faire,
accentuèrent la distinction entre la branche industrielle hauturière et la branche
artisanale côtière. Pendant de nombreuses années, le secteur traditionnel fut considéré
comme une forme transitoire dans le processus général de développement. Les pêches
artisanales ne retenaient pas l'attention des administrations et des agences de
développement qui pensaient que leurs liens avec la pêche hauturière, les perspectives
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