18 - Les conditions du développement de la pêche
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la stagnation des secteurs non pétroliers et, paradoxalement, l'entrée d'un excès de
main-d'oeuvre dans la pêche sur la longue période. Dans les petits pays exportateurs de
pétrole, le "mal hollandais" peut prendre une forme extrême, connue sous le nom
d'"effet Koweït" : la monnaie devient si fortement surévaluée et les importations
apparaissent si bon marché que, virtuellement, toutes les productions locales autres que
le pétrole disparaissent. Le "mal hollandais" se combat par de petites dévaluations
successives de la monnaie locale et un contrôle strict des dépenses publiques.
Le phénomène n'est pas nouveau. Ainsi Braudel (1987) a fait le rapprochement
avec l'effet, sur les économies européennes, des importations de métaux précieux
consécutives aux grandes découvertes : "le pétrole du Proche-Orient semble à l'image
même de l'argent d'Amérique au XVIème siècle : il aura traversé l'Espagne, alors, sans
en animer l'économie, pour aller rejoindre les économies vivantes de l'Europe".
Le "mal hollandais" aide à comprendre pourquoi les ressources halieutiques au
large de pays exportateurs de pétrole (Brunei, Indonésie, Proche Orient) sont souvent
sous-utilisées. Avec la baisse du cours du pétrole, le développement de la pêche
bénéficiera vraisemblablement d'un nouvel intérêt. Ainsi, l'Indonésie se préoccupe de
développer son secteur de la pêche, dans une stratégie générale de promotion des
exportations des produits non pétroliers destinées à compenser le déclin de ses revenus
pétroliers. De même, pour exploiter leurs propres ressources halieutiques, des Etats
arabes ont créé des entreprises conjointes avec des pays qui, comme la Thaïlande,
arment à la grande pêche.
3.6. Distorsions des politiques économiques
Les politiques économiques nationales, qu'elles soient macro-économiques ou
sectorielles, ont des effets appréciables sur le secteur des pêches. Souvent même, les
politiques relatives aux autres secteurs ont des effets secondaires plus significatifs sur le
secteur de la pêche que les politiques propres à ce secteur. Par exemple, un taux de
change surévalué nuira aux exportations, en dépit des politiques gouvernementales
visant à les promouvoir. En facilitant la construction de nouveaux bateaux, les aides
générales à l'investissement pourront finalement annihiler les mesures prises pour
contrôler l'effort de pêche. Le plafonnement des taux d'intérêt, qui limite le crédit
accessible aux pêcheurs artisans, conduit ces derniers à s'adresser aux sources
informelles de crédit à taux élevé, et à des arrangements qui leur font réserver à leurs
prêteurs leur production avant sa mise en marché : ainsi, plus de capitaux pourront
sortir de la pêche artisanale que tous les programmes de développement peuvent y
injecter. Les politiques de salaire minimum peuvent favoriser le recours aux solutions
techniques et privilégier le capital, contribuant ainsi à accroître le chômage dans les
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la stagnation des secteurs non pétroliers et, paradoxalement, l'entrée d'un excès de
main-d'oeuvre dans la pêche sur la longue période. Dans les petits pays exportateurs de
pétrole, le "mal hollandais" peut prendre une forme extrême, connue sous le nom
d'"effet Koweït" : la monnaie devient si fortement surévaluée et les importations
apparaissent si bon marché que, virtuellement, toutes les productions locales autres que
le pétrole disparaissent. Le "mal hollandais" se combat par de petites dévaluations
successives de la monnaie locale et un contrôle strict des dépenses publiques.
Le phénomène n'est pas nouveau. Ainsi Braudel (1987) a fait le rapprochement
avec l'effet, sur les économies européennes, des importations de métaux précieux
consécutives aux grandes découvertes : "le pétrole du Proche-Orient semble à l'image
même de l'argent d'Amérique au XVIème siècle : il aura traversé l'Espagne, alors, sans
en animer l'économie, pour aller rejoindre les économies vivantes de l'Europe".
Le "mal hollandais" aide à comprendre pourquoi les ressources halieutiques au
large de pays exportateurs de pétrole (Brunei, Indonésie, Proche Orient) sont souvent
sous-utilisées. Avec la baisse du cours du pétrole, le développement de la pêche
bénéficiera vraisemblablement d'un nouvel intérêt. Ainsi, l'Indonésie se préoccupe de
développer son secteur de la pêche, dans une stratégie générale de promotion des
exportations des produits non pétroliers destinées à compenser le déclin de ses revenus
pétroliers. De même, pour exploiter leurs propres ressources halieutiques, des Etats
arabes ont créé des entreprises conjointes avec des pays qui, comme la Thaïlande,
arment à la grande pêche.
3.6. Distorsions des politiques économiques
Les politiques économiques nationales, qu'elles soient macro-économiques ou
sectorielles, ont des effets appréciables sur le secteur des pêches. Souvent même, les
politiques relatives aux autres secteurs ont des effets secondaires plus significatifs sur le
secteur de la pêche que les politiques propres à ce secteur. Par exemple, un taux de
change surévalué nuira aux exportations, en dépit des politiques gouvernementales
visant à les promouvoir. En facilitant la construction de nouveaux bateaux, les aides
générales à l'investissement pourront finalement annihiler les mesures prises pour
contrôler l'effort de pêche. Le plafonnement des taux d'intérêt, qui limite le crédit
accessible aux pêcheurs artisans, conduit ces derniers à s'adresser aux sources
informelles de crédit à taux élevé, et à des arrangements qui leur font réserver à leurs
prêteurs leur production avant sa mise en marché : ainsi, plus de capitaux pourront
sortir de la pêche artisanale que tous les programmes de développement peuvent y
injecter. Les politiques de salaire minimum peuvent favoriser le recours aux solutions
techniques et privilégier le capital, contribuant ainsi à accroître le chômage dans les
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