4
T. Panayotou
L'augmentation de la demande sous l'effet conjugué de la croissance démographique et
des revenus, ainsi que de la pénurie des espèces classiques plus prisées, pourrait dans
un avenir proche améliorer la rentabilité de leur utilisation. Les pays tropicaux
disposent à cet égard de perspectives supérieures à celles des pays tempérés du fait de
l'importance des espèces de petite taille, fréquemment rejettées dans leurs pêcheries
plurispécifiques.
Les stocks qui restent sous-exploités du fait de tensions ou de conflits régionaux
offrent des possibilités localisées de développement (Angola, Kampuchea, Vietnam,
golfe Arabo-persique). La croissance de la pêche peut être handicapée par les revenus
élevés tirés de l'exploitation du pétrole et d'autres ressources naturelles (Brunei,
Indonésie, Mexique, Etats du Golfe, ...). Les taux de change surévalués et les très hauts
revenus qu'ont connu, dans les années 70 et le début des années 80, les pays
exportateurs de pétrole ont nui au progrès des secteurs non pétroliers. Ce phénomène
est connu sous le nom de "mal hollandais". Mais l'apaisement des conflits en cours et la
baisse du prix du pétrole devraient se révéler favorables au développement de la pêche
dans ces pays.
Comme la pêche compte parmi les secteurs les plus consommateurs d'énergie, la
baisse du prix du carburant peut aussi avoir des effets bénéfiques sur la pêche dans les
pays importateurs de pétrole. Toutefois, là où les ressources sont déjà pleinement
exploitées, la baisse du prix du carburant accroîtra le risque d'un nouvel accroissement
de l'effort et d'une surpêche, si des mécanismes appropriés d'aménagement ne sont pas
au préalable mis en place.
En réalité, ce sont la déclaration des zones économiques exclusives (ZEE) et
l'extension des juridictions nationales sur les pêcheries mondiales qui ont créé les
meilleures perspectives de progrès. Les Etats côtiers ont maintenant acquis une
propriété reconnue sur des ressources auparavant exploitées par des flottilles de grande
pêche. Les pays en développement qui ont le plus bénéficié du nouveau régime de
l'océan sont ceux qui bordent les grands secteurs océaniques d'upwelling (Pacifique sudest, Afrique nord- et sud-ouest, Somalie), les mers à large plateau continental
(Atlantique sud-ouest, Asie du Sud-Est) et les Etats insulaires proches des zones
océaniques de pêche thonière (océans Indien et Pacifique principalement). Cette
extension des juridictions nationales s'est accompagnée de deux déséquilibres
complémentaires. Les pays qui, comme la Chine - Formose, la Corée, Cuba, l'Espagne,
le Japon, la Thaïlande ou l'URSS, armaient d'importantes flottilles de grande pêche, se
sont retrouvés avec des capacités excédentaires et des déficits de production, tandis que
des pays riverains comme l'Angola, l'Argentine, le Bangladesh, Burma, l'Indonésie, le
Maroc, la Mauritanie, le Sénégal ou la Somalie acquéraient le contrôle de ressources
hauturières à l'exploitation desquelles ils ne participaient auparavant que partiellement.
Lorsque les Etats riverains ne disposent pas encore des capitaux, de la maîtrise des
techniques nécessaires ou de marchés suffisants, les entreprises conjointes, l'octroi de
618
T. Panayotou
L'augmentation de la demande sous l'effet conjugué de la croissance démographique et
des revenus, ainsi que de la pénurie des espèces classiques plus prisées, pourrait dans
un avenir proche améliorer la rentabilité de leur utilisation. Les pays tropicaux
disposent à cet égard de perspectives supérieures à celles des pays tempérés du fait de
l'importance des espèces de petite taille, fréquemment rejettées dans leurs pêcheries
plurispécifiques.
Les stocks qui restent sous-exploités du fait de tensions ou de conflits régionaux
offrent des possibilités localisées de développement (Angola, Kampuchea, Vietnam,
golfe Arabo-persique). La croissance de la pêche peut être handicapée par les revenus
élevés tirés de l'exploitation du pétrole et d'autres ressources naturelles (Brunei,
Indonésie, Mexique, Etats du Golfe, ...). Les taux de change surévalués et les très hauts
revenus qu'ont connu, dans les années 70 et le début des années 80, les pays
exportateurs de pétrole ont nui au progrès des secteurs non pétroliers. Ce phénomène
est connu sous le nom de "mal hollandais". Mais l'apaisement des conflits en cours et la
baisse du prix du pétrole devraient se révéler favorables au développement de la pêche
dans ces pays.
Comme la pêche compte parmi les secteurs les plus consommateurs d'énergie, la
baisse du prix du carburant peut aussi avoir des effets bénéfiques sur la pêche dans les
pays importateurs de pétrole. Toutefois, là où les ressources sont déjà pleinement
exploitées, la baisse du prix du carburant accroîtra le risque d'un nouvel accroissement
de l'effort et d'une surpêche, si des mécanismes appropriés d'aménagement ne sont pas
au préalable mis en place.
En réalité, ce sont la déclaration des zones économiques exclusives (ZEE) et
l'extension des juridictions nationales sur les pêcheries mondiales qui ont créé les
meilleures perspectives de progrès. Les Etats côtiers ont maintenant acquis une
propriété reconnue sur des ressources auparavant exploitées par des flottilles de grande
pêche. Les pays en développement qui ont le plus bénéficié du nouveau régime de
l'océan sont ceux qui bordent les grands secteurs océaniques d'upwelling (Pacifique sudest, Afrique nord- et sud-ouest, Somalie), les mers à large plateau continental
(Atlantique sud-ouest, Asie du Sud-Est) et les Etats insulaires proches des zones
océaniques de pêche thonière (océans Indien et Pacifique principalement). Cette
extension des juridictions nationales s'est accompagnée de deux déséquilibres
complémentaires. Les pays qui, comme la Chine - Formose, la Corée, Cuba, l'Espagne,
le Japon, la Thaïlande ou l'URSS, armaient d'importantes flottilles de grande pêche, se
sont retrouvés avec des capacités excédentaires et des déficits de production, tandis que
des pays riverains comme l'Angola, l'Argentine, le Bangladesh, Burma, l'Indonésie, le
Maroc, la Mauritanie, le Sénégal ou la Somalie acquéraient le contrôle de ressources
hauturières à l'exploitation desquelles ils ne participaient auparavant que partiellement.
Lorsque les Etats riverains ne disposent pas encore des capitaux, de la maîtrise des
techniques nécessaires ou de marchés suffisants, les entreprises conjointes, l'octroi de
618
