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Jean-Louis Durand, Henri Farntgio et Michel Lemoine
- au niveau d'une unité biologique, englobant un ensemble de stocks exploitables
séparément ;
- au niveau international, enfin, lorsque plusieurs pays participent à l'exploitation
d'une même entité biologique (chapitre 22).
Il est indéniable qu'on puisse attendre d'une participation accrue des
professionnels aux prises de décisions (chapitre 15) l'émergence d'un comportement de
groupe favorisant les initiatives concertées dans des domaines divers comme le partage
de l'information sur l'abondance et la disponibilité de la ressource (cahiers de pêche) ou
du savoir-faire (apprentissage), ou l'élaboration d'accords tacites ou explicites sur des
régimes d'exploitation, comme ce fut le cas pour la coquille Saint-Jacques de la baie de
Saint-Brieuc (France).
La responsabilisation des professionnels devrait faciliter l'application des
réglementations (chapitre 14), dont le respect améliorerait grandement les conditions
d'exploitation des principales pêcheries. Cette participation active de la profession serait
susceptible de favoriser la résorption d'activités de pêches non professionnelles, souvent
dites "noires", et pourrait provoquer l'adhésion de la majorité des intervenants à la
déclaration de statistiques fiables, base de toute réflexion. Enfin, on peut penser que les
messages issus d'une analyse structurelle des pêcheries, dont l'opportunité a clé
évoquée précédemment, puissent trouver là un terrain favorable. Dans le cas des
pêcheries séquentielles, on peut évoquer une prise de conscience du caractère néfaste
des captures sur nourriceries, ou de l'impact des prises de navires utilisant des maillages
non réglementaires sur les prises des navires capturant des individus de plus grande
taille. L'augmentation de la part prise par la profession dans l'élaboration des décisions
paraît une condition nécessaire au progrès de l'aménagement des pêches côtières. Elle
ne constitue cependant pas la panacée. Ces progrès supposent également la définition et
l'application de mesures permettant d'atteindre les objectifs fixés lors de l'élaboration
des politiques à long terme.
Rappelons que le problème majeur à résoudre reste l'acquisition d'une capacité
réelle à moduler l'effort de pêche. Si l'on reprend la classification des espèces selon leur
stratégie démographique, la flottille doit être suffisante pour profiter pleinement
d'opportunités d'exploitation offertes par les espèces de type "-r", mais suffisamment
limitée pour éviter tout risque de surexploitation de celles de type "K". Les procédures
de régulation par licences de pêche transférables semblent constituer dans ce cadre une
voie prometteuse. Quelques tentatives en ce sens sont actuellement en cours en France.
Elles émanent le plus souvent d'Organisations de Producteurs (O.P.), ce qui confirme le
rôle que pourraient jouer les structures professionnelles dans la régulation de
l'exploitation. Nous n'aborderons pas ici les problèmes inhérents à l'attribution de
licences de pêche, et notamment l'ensemble des complexités que soulève leur
application (définition des mécanismes de première allocation, d'échange ou de retrait).
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