17 - Analyse et aménagement des pêcheries côlières
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3. Evaluation des ressources et des pêcheries côtières
3.1. Difficultés d'application des méthodes classiques de gestion
Les méthodes classiques de gestion reposent sur l'utilisation d'analyses de
cohortes et de calculs de production par recrue (chapitre 2). Leur finalité pratique est
l'estimation annuelle d'un total admissible de capture (TAC), à partir de vecteurs de
mortalité par pêche observés sur les années antérieures. Ces techniques ne permettent
que des raisonnements en terme de mortalités par pêche. Or, pour orienter la
dynamique d'une pêcherie, les mesures que l'on pourra mettre en oeuvre feront appel à
la notion d'effort de pêche. Du fail des pratiques actuelles de l'aménagement, on n'esl
pour l'instant pas capable de préciser la relation entre ces deux concepts. Mais, surtout,
par ces méthodes, la non prise en compte de l'hétérogénéité des flottilles participant à
la capture d'une espèce fait qu'elles n'apportent aucune réponse aux conflits d'intérêts
locaux ou conjoncturels : on conçoit aisément combien l'attribution d'une quantité
totale à capturer n'a pu qu'exacerber les phénomènes de compétition interne et aboutir
invariablement à l'installation de surcapacités de capture néfastes à la rentabilité des
armements. De plus, ces TACs, lorsqu'ils sont adoptés comme mesures de précaution
en l'absence d'évaluations analytiques fines, sont généralement mal appliqués, car
définis à une échelle beaucoup Irop large pour qu'il y ait écoute véritable, puis réponse
effective, des pêcheurs artisans : ces mesures sont ressenties par les pêcheurs comme
des contraintes additionnelles, lointaines et partiellement arbitraires à la pratique de
leur métier.
Pour contourner ces déficiences, des recherches récentes ont tenté, d'une part,
de remplacer le critère de maximisation de la production pondérale attendue d'un
stock, base de la définition des TACs, et, d'autre part, d'intégrer dans les modèles
classiques le caractère composite de l'exploitation. Les scientifiques ont d'abord
recherché des critères d'optimisation prenant en compte les réalités économiques el
sociales des entreprises de pêche, pour statuer sur l'état de pêcheries données. Les
critères retenus sont le plus souvent d'ordre économique (Meuriol 1987), les tentatives
d'inlégration de l'aspect social restant pour l'instant limitées (chapitre 18). Ce type
d'approche bioéconomique est encore un prolongement des procédures classiques : il
nécessite des données supplémentaires, mais ne modifie pas les hypothèses de base des
modèles purement biologiques et leur application à l'aménagement. Le besoin d'une
meilleure appréhension des rigidités susceptibles d'apparaître au sein d'une flottille a
permis le développement d'analyses plurispécifiques, ou capables de modéliser les
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3. Evaluation des ressources et des pêcheries côtières
3.1. Difficultés d'application des méthodes classiques de gestion
Les méthodes classiques de gestion reposent sur l'utilisation d'analyses de
cohortes et de calculs de production par recrue (chapitre 2). Leur finalité pratique est
l'estimation annuelle d'un total admissible de capture (TAC), à partir de vecteurs de
mortalité par pêche observés sur les années antérieures. Ces techniques ne permettent
que des raisonnements en terme de mortalités par pêche. Or, pour orienter la
dynamique d'une pêcherie, les mesures que l'on pourra mettre en oeuvre feront appel à
la notion d'effort de pêche. Du fail des pratiques actuelles de l'aménagement, on n'esl
pour l'instant pas capable de préciser la relation entre ces deux concepts. Mais, surtout,
par ces méthodes, la non prise en compte de l'hétérogénéité des flottilles participant à
la capture d'une espèce fait qu'elles n'apportent aucune réponse aux conflits d'intérêts
locaux ou conjoncturels : on conçoit aisément combien l'attribution d'une quantité
totale à capturer n'a pu qu'exacerber les phénomènes de compétition interne et aboutir
invariablement à l'installation de surcapacités de capture néfastes à la rentabilité des
armements. De plus, ces TACs, lorsqu'ils sont adoptés comme mesures de précaution
en l'absence d'évaluations analytiques fines, sont généralement mal appliqués, car
définis à une échelle beaucoup Irop large pour qu'il y ait écoute véritable, puis réponse
effective, des pêcheurs artisans : ces mesures sont ressenties par les pêcheurs comme
des contraintes additionnelles, lointaines et partiellement arbitraires à la pratique de
leur métier.
Pour contourner ces déficiences, des recherches récentes ont tenté, d'une part,
de remplacer le critère de maximisation de la production pondérale attendue d'un
stock, base de la définition des TACs, et, d'autre part, d'intégrer dans les modèles
classiques le caractère composite de l'exploitation. Les scientifiques ont d'abord
recherché des critères d'optimisation prenant en compte les réalités économiques el
sociales des entreprises de pêche, pour statuer sur l'état de pêcheries données. Les
critères retenus sont le plus souvent d'ordre économique (Meuriol 1987), les tentatives
d'inlégration de l'aspect social restant pour l'instant limitées (chapitre 18). Ce type
d'approche bioéconomique est encore un prolongement des procédures classiques : il
nécessite des données supplémentaires, mais ne modifie pas les hypothèses de base des
modèles purement biologiques et leur application à l'aménagement. Le besoin d'une
meilleure appréhension des rigidités susceptibles d'apparaître au sein d'une flottille a
permis le développement d'analyses plurispécifiques, ou capables de modéliser les
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