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Jean-Louis Durand, Henri Farrugio et Michel Lemoine
renouvellement des flottilles. Face à cette double intervention des niveaux régionaux et
communautaires, les intervenants intermédiaires que sont les services administratifs et
scientifiques nationaux doivent adapter leur action.
Cette mutation soumet la recherche à de nouvelles demandes. Des besoins
originaux s'expriment pour une prise en compte de conflits localisés entre flottilles
(chapitres 2 et 18). A titre d'exemple, on peut citer les compétitions apparaissant entre
les différents utilisateurs des ressources halieutiques, du fait d'une :
- concurrence pour l'espace, qu'il s'agisse de fréquentations de lieux de pêche
communs entraînant des destructions d'engins, voire d'usages incompatibles du
domaine public maritime ou d'infrastructures portuaires ;
- concurrence pour la ressource, dans le cas de pêcheries séquentielles, aboutissant
généralement à des accusations entre métiers, de destruction des juvéniles ou des
géniteurs ou, encore, apparaissant dans le respect de la répartition des quotas qui
peuvent opposer des métiers entre eux par façades maritimes ou zones d'opération ;
- concurrence pour les marchés, enfin, lorsque différents types d'apports ne
présentant ni les mêmes caractéristiques (qualité, quantité), ni les mêmes coûts de
production, se trouvent simultanément à la vente.
En l'absence de mécanismes économiques et institutionnels qui permettraient au
secteur de production de régler en partie ces interactions, l'administration est amenée à
les arbitrer. L'exemple français montre que celle-ci attend des services scientifiques des
arguments susceptibles de justifier le règlement "dans les meilleures conditions" de ces
rivalités intraprofessionnelles. Il est clair, désormais, que le critère de maximisation de
la production pondérale ne constitue plus un critère adéquat et que la base même des
avis scientifiques est à réviser.
Tout ceci suppose une nouvelle conception du travail d'évaluation des ressources
et des pêcheries. Le caractère composite et la flexibilité des pêcheries côtières
multiplient fortement le nombre de scénarios à envisager dans les analyses. Elle induit
également une diversification des questions à aborder. La compréhension des structures
de l'exploitation implique l'évaluation de nouveaux paramètres d'ordre économique et
social, nécessaires à l'élaboration des diagnostics. Ceci suppose, d'abord, de surmonter
certaines difficultés résultant des caractéristiques de cette branche d'activité, à savoir :
- la fiabilité insuffisante des statistiques de production ;
- les difficultés de collecte de mesures de l'effort de pêche, et de suivi de l'activité
des navires ;
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Jean-Louis Durand, Henri Farrugio et Michel Lemoine
renouvellement des flottilles. Face à cette double intervention des niveaux régionaux et
communautaires, les intervenants intermédiaires que sont les services administratifs et
scientifiques nationaux doivent adapter leur action.
Cette mutation soumet la recherche à de nouvelles demandes. Des besoins
originaux s'expriment pour une prise en compte de conflits localisés entre flottilles
(chapitres 2 et 18). A titre d'exemple, on peut citer les compétitions apparaissant entre
les différents utilisateurs des ressources halieutiques, du fait d'une :
- concurrence pour l'espace, qu'il s'agisse de fréquentations de lieux de pêche
communs entraînant des destructions d'engins, voire d'usages incompatibles du
domaine public maritime ou d'infrastructures portuaires ;
- concurrence pour la ressource, dans le cas de pêcheries séquentielles, aboutissant
généralement à des accusations entre métiers, de destruction des juvéniles ou des
géniteurs ou, encore, apparaissant dans le respect de la répartition des quotas qui
peuvent opposer des métiers entre eux par façades maritimes ou zones d'opération ;
- concurrence pour les marchés, enfin, lorsque différents types d'apports ne
présentant ni les mêmes caractéristiques (qualité, quantité), ni les mêmes coûts de
production, se trouvent simultanément à la vente.
En l'absence de mécanismes économiques et institutionnels qui permettraient au
secteur de production de régler en partie ces interactions, l'administration est amenée à
les arbitrer. L'exemple français montre que celle-ci attend des services scientifiques des
arguments susceptibles de justifier le règlement "dans les meilleures conditions" de ces
rivalités intraprofessionnelles. Il est clair, désormais, que le critère de maximisation de
la production pondérale ne constitue plus un critère adéquat et que la base même des
avis scientifiques est à réviser.
Tout ceci suppose une nouvelle conception du travail d'évaluation des ressources
et des pêcheries. Le caractère composite et la flexibilité des pêcheries côtières
multiplient fortement le nombre de scénarios à envisager dans les analyses. Elle induit
également une diversification des questions à aborder. La compréhension des structures
de l'exploitation implique l'évaluation de nouveaux paramètres d'ordre économique et
social, nécessaires à l'élaboration des diagnostics. Ceci suppose, d'abord, de surmonter
certaines difficultés résultant des caractéristiques de cette branche d'activité, à savoir :
- la fiabilité insuffisante des statistiques de production ;
- les difficultés de collecte de mesures de l'effort de pêche, et de suivi de l'activité
des navires ;
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