1 - Les pêches et les cultures marines
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processus conditionne la pertinence de l'action. La promotion d'un secteur ne saurait en
effet résulter d'une action sur un type, arbitrairement choisi, de facteurs. Si, dans le
passé, l'innovation technique a souvent été déterminante par sa stimulation de
l'investissement capitaliste, cela ne saurait être une loi générale : "...les innovations ne
jaillissent pas spontanément... Elles sont soumises à maintes conditions, dont les plus
générales sont les mobiles humains, l'ordre institutionnel régnant et l'état d'avancement
des sciences de la nature" (Ackerman, cité par Albertini et Silem 1984). Cette
observation est particulièrement appropriée, s'agissant de la mise en valeur des
ressources halieutiques. Surtout lorsqu'elles portent sur des ressources sauvages et
fugitives"
( \ l'exploitation et l'usage de ressources renouvelables diffèrent
significativement des industries d'extraction des ressources non renouvelables (CiriacyWantrup 1952). Dans les premières, les modes extensifs de production prédominent.
Les externalités y sont pour cette raison plus fortes et plus diverses. Leur maîtrise
dépend de démarches collectives, requérant l'intervention du secteur public, notamment
en régime de libre accès. Par comparaison, les industries d'extraction sont plus
réductibles à l'action des entreprises. La production y dépend davantage de solutions
techniques. Comme dans l'agriculture, les pêches et les cultures marines sont le plus
souvent le fait de populations autochtones. Les sytèmes de production dépendent de ce
fait des contextes économiques et sociaux, comme des acquis culturels locaux, au moins
autant que des innovations techniques. Contrairement aux industries d'extraction, les
systèmes de production ne peuvent être universels. Pour être efficaces, les solutions
techniques doivent être définies en fonction des contextes locaux.
L'évolution récente de la pêche illustre la progression par paliers du
développement sectoriel. A une phase d'expansion rapide, qui a surtout concerné la
pêche industrielle, a succédé une phase de stagnation entraînée par la raréfaction des
ressources vierges. Cette stagnation n'implique pas qu'un nouveau progrès soit
impossible. Mais le démarrage d'une nouvelle phase ne saurait être déclenché par une
projection, à l'identique, des actions passées. Cette évidence ne transparaît pas toujours
dans les pratiques actuelles. L'aménagement des pêches procède encore largement
selon des méthodes élaborées en réponse aux questions que posait l'expansion
géographique de la pêche hauturière. Certains escomptent une amélioration d'un
recours général à la modélisation portant sur l'ensemble des variables envisageables, ou
d'une meilleure formation des différents protagonistes. Une telle attitude conviendrait
si la situation nouvellement apparue était comprise, mais resterait insuffisamment bien
perçue des différents partenaires. Pour sortir de la crise (~\ une analyse qualitative est
un préalable à la réussite d'un effort quantitatif.
(1) Par ressources fugitives, on entend des ressources qui, du fait de leur mobilité, ne peuvent être
appropriées qu'au moment de leur capture.
(2) "La crise consiste justement dans le fait que le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas
naître" (A. Gramsci).
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processus conditionne la pertinence de l'action. La promotion d'un secteur ne saurait en
effet résulter d'une action sur un type, arbitrairement choisi, de facteurs. Si, dans le
passé, l'innovation technique a souvent été déterminante par sa stimulation de
l'investissement capitaliste, cela ne saurait être une loi générale : "...les innovations ne
jaillissent pas spontanément... Elles sont soumises à maintes conditions, dont les plus
générales sont les mobiles humains, l'ordre institutionnel régnant et l'état d'avancement
des sciences de la nature" (Ackerman, cité par Albertini et Silem 1984). Cette
observation est particulièrement appropriée, s'agissant de la mise en valeur des
ressources halieutiques. Surtout lorsqu'elles portent sur des ressources sauvages et
fugitives"
( \ l'exploitation et l'usage de ressources renouvelables diffèrent
significativement des industries d'extraction des ressources non renouvelables (CiriacyWantrup 1952). Dans les premières, les modes extensifs de production prédominent.
Les externalités y sont pour cette raison plus fortes et plus diverses. Leur maîtrise
dépend de démarches collectives, requérant l'intervention du secteur public, notamment
en régime de libre accès. Par comparaison, les industries d'extraction sont plus
réductibles à l'action des entreprises. La production y dépend davantage de solutions
techniques. Comme dans l'agriculture, les pêches et les cultures marines sont le plus
souvent le fait de populations autochtones. Les sytèmes de production dépendent de ce
fait des contextes économiques et sociaux, comme des acquis culturels locaux, au moins
autant que des innovations techniques. Contrairement aux industries d'extraction, les
systèmes de production ne peuvent être universels. Pour être efficaces, les solutions
techniques doivent être définies en fonction des contextes locaux.
L'évolution récente de la pêche illustre la progression par paliers du
développement sectoriel. A une phase d'expansion rapide, qui a surtout concerné la
pêche industrielle, a succédé une phase de stagnation entraînée par la raréfaction des
ressources vierges. Cette stagnation n'implique pas qu'un nouveau progrès soit
impossible. Mais le démarrage d'une nouvelle phase ne saurait être déclenché par une
projection, à l'identique, des actions passées. Cette évidence ne transparaît pas toujours
dans les pratiques actuelles. L'aménagement des pêches procède encore largement
selon des méthodes élaborées en réponse aux questions que posait l'expansion
géographique de la pêche hauturière. Certains escomptent une amélioration d'un
recours général à la modélisation portant sur l'ensemble des variables envisageables, ou
d'une meilleure formation des différents protagonistes. Une telle attitude conviendrait
si la situation nouvellement apparue était comprise, mais resterait insuffisamment bien
perçue des différents partenaires. Pour sortir de la crise (~\ une analyse qualitative est
un préalable à la réussite d'un effort quantitatif.
(1) Par ressources fugitives, on entend des ressources qui, du fait de leur mobilité, ne peuvent être
appropriées qu'au moment de leur capture.
(2) "La crise consiste justement dans le fait que le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas
naître" (A. Gramsci).
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