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J.-P. Troadec
suggèrent l'existence d'une relation entre rareté, valeur et propriété. Plus généralement,
cet examen de la pêche sur la longue période montre l'insuffisance de systèmes
d'aménagement qui ne considèrent pas explicitement les implications de la rareté des
ressources.
Par rapport à ces bouleversements, les politiques de développement et
d'aménagement, même si elles sont ambitieuses dans leurs attentes, apparaissent avec
le recul limitées dans leur conception comme dans leurs résultats. L'effort des
organismes publics a souvent porté préférentiellement sur les facteurs immédiats de
production, ceux sur lesquels opère l'entreprise. Or, le succès comme l'échec des
politiques publiques paraissent dépendre davantage de facteurs exogènes à l'entreprise,
c'est-à-dire ceux qui sont propres aux systèmes de production et aux contextes
économiques et sociaux nationaux : nature finie des ressources, demande,
infrastructures physiques (réseaux de transport et de froid) et institutionnelles,
conditions spécifiques des pays en développement, ... En ce qui concerne l'aquaculture,
les contraintes et les atouts respectifs des aquacultures de production et de
transformation, compte tenu des objectifs de développement (production protéique,
emploi, création de richesses, ...), des conditions requises (savoir faire traditionnel,
capitaux, connaissances scientifiques, qualité de l'environnement littoral,...), comme des
contextes nationaux, font encore peu l'objet d'analyses quantitatives approfondies.
Pourtant, le fort coefficient d'aléatoire qui caractérise les performances des politiques
passées montre que les stratégies de développement, comme d'ailleurs de recherche, y
gagneraient en pertinence. Plus les systèmes de production, plus les contextes
économiques et sociaux, plus les phases de développement diffèrent, plus les
raisonnements par analogie risquent de conduire à des résultats inattendus.
Les administrations et les organismes de développement ont pu penser que le
développement pouvait faire l'économie de l'aménagement. Certains pouvaient voir
dans celui-ci la manifestation d'un malthusianisme qui occulterait des opportunités de
progrès. En dépit de leur ampleur, la réalisation des bénéfices économiques et sociaux
de l'aménagement pouvait leur paraître trop aléatoire. Pourtant, dans le contexte
nouveau de pleine exploitation des ressources sauvages, le progrès effectif des pêches et
des cultures marines dépend de la maîtrise de l'effort de pêche et des investissements.
Le mauvais état du secteur et le coût de systèmes de régulation peu performants
illustrent le caractère incontournable de ce constat. "Si tous les secteurs de l'économie
fonctionnaient selon...le principe de liberté d'accès, il n'y aurait que peu, voire pas du
tout, de capitaux à investir dans le développement économique et social des pays"
(Panayotou 1983).
L'analyse historique du développement sectoriel révèle un processus complexe
mettant en jeu des facteurs multiples : techniques, économiques, sociaux, institutionnels,
culturels et politiques, avec des phases de démarrage lent, suivies d'expansions rapides
lorsque l'ensemble des conditions requises étaient réunies. La compréhension de ces
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J.-P. Troadec
suggèrent l'existence d'une relation entre rareté, valeur et propriété. Plus généralement,
cet examen de la pêche sur la longue période montre l'insuffisance de systèmes
d'aménagement qui ne considèrent pas explicitement les implications de la rareté des
ressources.
Par rapport à ces bouleversements, les politiques de développement et
d'aménagement, même si elles sont ambitieuses dans leurs attentes, apparaissent avec
le recul limitées dans leur conception comme dans leurs résultats. L'effort des
organismes publics a souvent porté préférentiellement sur les facteurs immédiats de
production, ceux sur lesquels opère l'entreprise. Or, le succès comme l'échec des
politiques publiques paraissent dépendre davantage de facteurs exogènes à l'entreprise,
c'est-à-dire ceux qui sont propres aux systèmes de production et aux contextes
économiques et sociaux nationaux : nature finie des ressources, demande,
infrastructures physiques (réseaux de transport et de froid) et institutionnelles,
conditions spécifiques des pays en développement, ... En ce qui concerne l'aquaculture,
les contraintes et les atouts respectifs des aquacultures de production et de
transformation, compte tenu des objectifs de développement (production protéique,
emploi, création de richesses, ...), des conditions requises (savoir faire traditionnel,
capitaux, connaissances scientifiques, qualité de l'environnement littoral,...), comme des
contextes nationaux, font encore peu l'objet d'analyses quantitatives approfondies.
Pourtant, le fort coefficient d'aléatoire qui caractérise les performances des politiques
passées montre que les stratégies de développement, comme d'ailleurs de recherche, y
gagneraient en pertinence. Plus les systèmes de production, plus les contextes
économiques et sociaux, plus les phases de développement diffèrent, plus les
raisonnements par analogie risquent de conduire à des résultats inattendus.
Les administrations et les organismes de développement ont pu penser que le
développement pouvait faire l'économie de l'aménagement. Certains pouvaient voir
dans celui-ci la manifestation d'un malthusianisme qui occulterait des opportunités de
progrès. En dépit de leur ampleur, la réalisation des bénéfices économiques et sociaux
de l'aménagement pouvait leur paraître trop aléatoire. Pourtant, dans le contexte
nouveau de pleine exploitation des ressources sauvages, le progrès effectif des pêches et
des cultures marines dépend de la maîtrise de l'effort de pêche et des investissements.
Le mauvais état du secteur et le coût de systèmes de régulation peu performants
illustrent le caractère incontournable de ce constat. "Si tous les secteurs de l'économie
fonctionnaient selon...le principe de liberté d'accès, il n'y aurait que peu, voire pas du
tout, de capitaux à investir dans le développement économique et social des pays"
(Panayotou 1983).
L'analyse historique du développement sectoriel révèle un processus complexe
mettant en jeu des facteurs multiples : techniques, économiques, sociaux, institutionnels,
culturels et politiques, avec des phases de démarrage lent, suivies d'expansions rapides
lorsque l'ensemble des conditions requises étaient réunies. La compréhension de ces
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