stocks naturellement instables. De même, l'économie des ressources renouvelables
porte sur l'ensemble des usages et des écosystèmes exploités. Jusqu'à présent, le champ
des disciplines écologiques et biologiques était pratiquement circonscrit à un seul usage:
la conservation de l'environnement s'appuyait beaucoup sur l'hydrologie, l'évaluation
des stocks ne s'appliquait qu'à la pêche et l'aquaculture reposait sur la biologie des
organismes. Ce cloisonnement répond mal aux besoins actuels. On a vu le caractère au
mieux partiel des explications et des solutions données pour améliorer l'usage des
ressources halieutiques : "gestion rationnelle" des stocks, "tragédie des communaux",
manque d'autorité des commissions halieutiques régionales. En réalité, le progrès
dépend de solutions qui considèrent simultanément les dimensions écologiques,
économiques, sociales et institutionnelles de la question. Le régime adopté devrait
apporter la plus grande réponse commune à l'ensemble des questions posées. Un tel
décloisonnement serait d'autant plus bénéfique que certains problèmes d'intérêt général
pourraient être plus facilement étudiés sur un usage particulier.
Le parallèle entre l'aménagement des pêches et des cultures marines et les
processus de désertification révèle la grande similitude des processus et des problèmes
posés par le bon usage et la conservation des écosystèmes exploités, ou utilisés comme
réceptacles des résidus des activités humaines (chapitre 19). De même que les
phénomènes de désertification sont connus pour le cortège de détresses humaines qui
les accompagne, "les pêcheries, telles qu'elles sont classiquement aménagées, les
pêcheries sont un gouffre de ressources sociales" (Mackenzie 1983). Vu sous cet angle,
l'aménagement prend une toute autre dimension. Le bon usage et la conservation des
écosystèmes naturels, dont l'humanité tout entière dépend de près ou de loin, seront
déterminés par les solutions collectives que les sociétés seront capables d'élaborer pour
améliorer l'usage de ces ressources. A cet égard, si le nouveau Droit de la mer confère
aux administrations nationales une responsabilité nouvelle en la matière, le changement
de régime de l'océan n'a pas pour autant éliminé les dimensions internationales de la
pêche et de son aménagement (chapitre 20).
5. Conclusion
Ce survol de l'histoire récente de la pêche révèle des bouleversements profonds :
passage de communautés précapitalistes autarciques à l'économie marchande pour la
capture et la commercialisation de leurs produits - mais pas pour l'allocation de la
ressource ; pleine exploitation du potentiel halieutique mondial et partage international
-mais pas national- des ressources halieutiques. Des tendances lourdes apparaissent qui
permettent des hypothèses sur les évolutions probables ou possibles, et une réévaluation
des variables sur lesquelles il serait possible d'agir pour orienter l'évolution dans un
sens plus favorable. La raréfaction et le partage des ressources internationales
57
porte sur l'ensemble des usages et des écosystèmes exploités. Jusqu'à présent, le champ
des disciplines écologiques et biologiques était pratiquement circonscrit à un seul usage:
la conservation de l'environnement s'appuyait beaucoup sur l'hydrologie, l'évaluation
des stocks ne s'appliquait qu'à la pêche et l'aquaculture reposait sur la biologie des
organismes. Ce cloisonnement répond mal aux besoins actuels. On a vu le caractère au
mieux partiel des explications et des solutions données pour améliorer l'usage des
ressources halieutiques : "gestion rationnelle" des stocks, "tragédie des communaux",
manque d'autorité des commissions halieutiques régionales. En réalité, le progrès
dépend de solutions qui considèrent simultanément les dimensions écologiques,
économiques, sociales et institutionnelles de la question. Le régime adopté devrait
apporter la plus grande réponse commune à l'ensemble des questions posées. Un tel
décloisonnement serait d'autant plus bénéfique que certains problèmes d'intérêt général
pourraient être plus facilement étudiés sur un usage particulier.
Le parallèle entre l'aménagement des pêches et des cultures marines et les
processus de désertification révèle la grande similitude des processus et des problèmes
posés par le bon usage et la conservation des écosystèmes exploités, ou utilisés comme
réceptacles des résidus des activités humaines (chapitre 19). De même que les
phénomènes de désertification sont connus pour le cortège de détresses humaines qui
les accompagne, "les pêcheries, telles qu'elles sont classiquement aménagées, les
pêcheries sont un gouffre de ressources sociales" (Mackenzie 1983). Vu sous cet angle,
l'aménagement prend une toute autre dimension. Le bon usage et la conservation des
écosystèmes naturels, dont l'humanité tout entière dépend de près ou de loin, seront
déterminés par les solutions collectives que les sociétés seront capables d'élaborer pour
améliorer l'usage de ces ressources. A cet égard, si le nouveau Droit de la mer confère
aux administrations nationales une responsabilité nouvelle en la matière, le changement
de régime de l'océan n'a pas pour autant éliminé les dimensions internationales de la
pêche et de son aménagement (chapitre 20).
5. Conclusion
Ce survol de l'histoire récente de la pêche révèle des bouleversements profonds :
passage de communautés précapitalistes autarciques à l'économie marchande pour la
capture et la commercialisation de leurs produits - mais pas pour l'allocation de la
ressource ; pleine exploitation du potentiel halieutique mondial et partage international
-mais pas national- des ressources halieutiques. Des tendances lourdes apparaissent qui
permettent des hypothèses sur les évolutions probables ou possibles, et une réévaluation
des variables sur lesquelles il serait possible d'agir pour orienter l'évolution dans un
sens plus favorable. La raréfaction et le partage des ressources internationales
57
