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M.L. Miller
sociales des pêcheries dont on souhaite améliorer l'état. Lorsque l'aménagement prévoit
des procédures participatives, les pêcheurs et toute autre entité extérieure concernée
ont la possibilité d'intervenir dans le processus d'élaboration des politiques et de
modifier les décisions. Une collaboration de cette nature entre administrateurs,
administrés et analystes est souhaitable, quels que soient les pêcheries et les systèmes
selon lesquels elles sont aménagées (ACMRR 1980, Emmerson 1980, Panayotou 1982,
Troadec 1982).
4.3. Deux conceptions de l'aménagement
Les administrations des pêches sont des entitées assez particulières. En tant
qu'administrations gouvernementales, elles mériteraient d'être analysées par des
chercheurs en science politique, et même par des épistémologistes. Pourtant, elle font
rarement l'objet de tels examens. Elles inspirent surtout des commentaires
occasionnels, voire des critiques de la part des halieutes et de sociologues (chapitres 1 et
21).
Si l'aménagement est tributaire des résultats de la recherche, il l'est aussi des
contextes politiques et culturels au sein desquels il s'effectue. Ses résultats reflètent
ainsi un ensemble de philosophies et les processus d'élaboration des politiques - dans
l'hypothèse où, ces politiques sont explicitement exprimées. Dans un article récent, P.A.
Larkin (sous presse) fait remarquer qu'un martien arrivant sur la Terre découvrirait
qu'il existe, selon les pays, des stratégies "ichtyocentriques" et "anthropocentriques" de
l'aménagement des pêches. La démarche "ichtyocentrique", que suit par exemple
l'administration canadienne, s'attache à préserver la viabilité à long terme des
ressources halieutiques ; de ce fait, l'administration est très réceptive à "toutes les mises
en garde alarmistes que les biologistes sont susceptibles de tirer de leurs spéculations".
En revanche, les administrations "anthropocentriques", illustrées par l'administration
japonaise, s'intéressent d'abord à l'amélioration sociale et économique des pêches
nationales "avec la conviction que les stocks seront capables de prendre soin d'euxmêmes, d'une manière ou d'une autre"
1 .
1 Les ressources halieutiques sont considérées au Canada comme des propriétés communes. Au Japon, les
associations coopératives de pêcheurs locaux (organisées en fédérations disposant de départements actifs
s'occupant de politiques de pêche) bénéficient de plusieurs types de droits de pêche que l'on peut assimiler à
des droits de propriété (Ruddle 1987, Royce 1987 : 121-122). Les problèmes économiques inhérents au
régime de propriété commune sont alors largement réduits. Une autre discussion de l'aménagement des
pêches au Canada est donnée par Copes (1982).
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