16 - L'organisation sociale des systèmes d'aménagement
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L'intérêt pour la science halieutique apparut à une époque marquée par un
changement profond dans l'attitude du public à l'égard des ressources naturelles. Aux
Etats-Unis, par exemple, on commençait, à la fin du XIXème siècle, à incriminer les
dommages causés par les activités humaines à la faune et la flore, sur la terre et les
eaux, et les tendances à la surexploitation d'une économie de laisser-faire
1 . Entre les
années 1871 et 1916, deux éthiques de conservation des ressources naturelles virent le
jour. La première, dite de conservation extractive, est associée au nom du forestier,
Gifford Pinchot : elle repose sur le concept de "sage utilisation" de la ressource par la
réglementation des activités d'extraction dans une optique d'optimisation à long terme
de la production. La seconde, dite conseivation esthétique, est due à l'écologiste John
Muir : elle préconise la réglementation des pratiques extractives, comme non extractives
et vise à préserver les valeurs esthétiques et récréatives des ressources naturelles (Miller
et al. 1987 : 3-11).
La première moitié du siècle fut ainsi marquée par une meilleure compréhension
des processus biologiques et l'émergence d'une théorie de la conservation des
ressources naturelles. Cependant, les politiques et les mesures d'aménagement ne
s'appuyaient pas encore sur la science halieutique.
Après la Seconde Guerre mondiale, la science halieutique et les concepts de
conservation commencèrent à jouer un rôle plus important dans l'aménagement des
pêcheries. Dans le domaine théorique, les progrès majeurs de la science halieutique
apparurent avec les ouvrages de M. Graham, W.E. Ricker, R.J.H. Beverton et S.J. Holt,
et M. Schaefer. Sur le plan politique, des Etats côtiers, à commencer par le Pérou en
1947, proposèrent l'instauration d'une souveraineté ou d'une juridiction sur les
ressources halieutiques présentes dans les mers adjacentes. De nombreux accords de
conservation furent signés après la guerre 1939-1945, notamment la Convention
Internationale pour les Pêcheries de l'Atlantique nord-ouest (1949), la Convention
Interaméricaine du Thon tropical (1950) et la Convention Internationale des Pêcheries
du Pacifique nord (1953).
En 1948, l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unies
(FAO) commença à recueillir systématiquement des statistiques sur la pêche mondiale.
Sept ans plus tard, la FAO convoqua une Conférence technique internationale sur la
Conservation des ressources vivantes de la mer. Cette conférence marqua le début
d'une série d'initiatives, d'où naquirent les comités chargés du développement et de
l'aménagement des pêches dans la ceinture tropicale et une série de conventions
1 Très tôt (en 1864), un appel fut lancé aux opinions publiques du monde entier par George Perkins Marsh.
dans Man and Nature, en faveur d'une conseivation de l'environnement.
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L'intérêt pour la science halieutique apparut à une époque marquée par un
changement profond dans l'attitude du public à l'égard des ressources naturelles. Aux
Etats-Unis, par exemple, on commençait, à la fin du XIXème siècle, à incriminer les
dommages causés par les activités humaines à la faune et la flore, sur la terre et les
eaux, et les tendances à la surexploitation d'une économie de laisser-faire
1 . Entre les
années 1871 et 1916, deux éthiques de conservation des ressources naturelles virent le
jour. La première, dite de conservation extractive, est associée au nom du forestier,
Gifford Pinchot : elle repose sur le concept de "sage utilisation" de la ressource par la
réglementation des activités d'extraction dans une optique d'optimisation à long terme
de la production. La seconde, dite conseivation esthétique, est due à l'écologiste John
Muir : elle préconise la réglementation des pratiques extractives, comme non extractives
et vise à préserver les valeurs esthétiques et récréatives des ressources naturelles (Miller
et al. 1987 : 3-11).
La première moitié du siècle fut ainsi marquée par une meilleure compréhension
des processus biologiques et l'émergence d'une théorie de la conservation des
ressources naturelles. Cependant, les politiques et les mesures d'aménagement ne
s'appuyaient pas encore sur la science halieutique.
Après la Seconde Guerre mondiale, la science halieutique et les concepts de
conservation commencèrent à jouer un rôle plus important dans l'aménagement des
pêcheries. Dans le domaine théorique, les progrès majeurs de la science halieutique
apparurent avec les ouvrages de M. Graham, W.E. Ricker, R.J.H. Beverton et S.J. Holt,
et M. Schaefer. Sur le plan politique, des Etats côtiers, à commencer par le Pérou en
1947, proposèrent l'instauration d'une souveraineté ou d'une juridiction sur les
ressources halieutiques présentes dans les mers adjacentes. De nombreux accords de
conservation furent signés après la guerre 1939-1945, notamment la Convention
Internationale pour les Pêcheries de l'Atlantique nord-ouest (1949), la Convention
Interaméricaine du Thon tropical (1950) et la Convention Internationale des Pêcheries
du Pacifique nord (1953).
En 1948, l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unies
(FAO) commença à recueillir systématiquement des statistiques sur la pêche mondiale.
Sept ans plus tard, la FAO convoqua une Conférence technique internationale sur la
Conservation des ressources vivantes de la mer. Cette conférence marqua le début
d'une série d'initiatives, d'où naquirent les comités chargés du développement et de
l'aménagement des pêches dans la ceinture tropicale et une série de conventions
1 Très tôt (en 1864), un appel fut lancé aux opinions publiques du monde entier par George Perkins Marsh.
dans Man and Nature, en faveur d'une conseivation de l'environnement.
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