14
M.L. Miller
politiques sur la pêche'. La science halieutique est née, au cours du dernier quart du
XIXème siècle (chapitre 2), de l'interaction entre l'océanographie biologique, la
biologie marine et les statistiques. La multiplication des stations de biologie marine au
Royaume-Uni et, plus tard, en Scandinavie, sensibilisa les administrations nationales à
l'intérêt qu'il pouvait y avoir à financer des recherches sur les pêches .
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, les ressources halieutiques étaient considérées
comme inépuisables par la pêche hauturière
3 ; par contre, les pêcheurs littoraux étaient
déjà souvent conscients du caractère limité des ressources halieutiques (chapitre 21). En
1899, le gouvernement suédois convoqua une réunion internationale d'océanographes
dans le but de définir une structure capable de faciliter la coopération internationale
dans le domaine de la recherche halieutique en mer du Nord. C'est au cours d'un
second congrès tenu à Kristiania (Oslo), en 1901, que la science halieutique et
l'océanographie furent associées dans la création du Conseil International pour
l'Exploration de la Mer (OEM)
4 . Le CIEM a beaucoup fait pour intéresser la
communauté scientifique et les gouvernements aux problèmes posés par les pêcheries
internationales et la conservation des ressources. Cependant, l'organisation ne fut
jamais chargée de réguler elle-même les pêcheries.
Pendant la première moitié du XXème siècle, des progrès considérables furent
réalisés dans la formulation des concepts à la base de la science halieutique (chapitre
21). Au cours des années 30, J. Hjort, M. Graham, E.S. Bell, W.F. Thompson et H. Bell
conçurent la théorie de la pêche, reprenant les expressions mathématiques élaborées
par F.I. Baranov vingt ans plus tôt (Royce sous presse). Les conséquences économiques
de la surpêche générale pendant cette période au sein des pêcheries hauturières furent
à l'origine de l'organisation, de chaque côté de l'Atlantique, d'une série de conférences
et de la signature de conventions bilatérales et multilatérales. Toutes visaient à
promouvoir une gestion des ressources basée sur le bon sens et à sensibiliser les
administrations des pays membres à l'intérêt d'une application de la théorie de la pêche,
inspirée de la dynamique des populations.
1 Selon l'organisation publique nationale, les différentes fonctions de l'élaboration, de la mise en oeuvre et
de l'application d'une politique d'aménagement sont réparties entre diverses administrations et agences
nationales. Ce chapitre traite exclusivement de l'aménagement des pêches à l'intérieur des zones
économiques exclusives de chaque pays. Les aspects relatifs aux dimensions internationales de
l'aménagement et au rôle des commissions régionales seront traitées au chapitre 20.
2 Le Bureau des Pêcheries de l'Ecosse (fondé en 1809) fut probablement la première agence à reconnaître
l'intérêt potentiel de la science pour le développement de la pêche lorsque, en 1882. une importante mission
de recherche lui fut confiée (Graham 1956 : 1).
3 Graham (1948 : 21, 1956 : 2) cite Frank Buckland. en 1870. et C.G.J. Peterson, en 1894. comme étant les
premiers chercheurs à avoir formule le concept de surpêche.
4 Les premiers membres du CIEM furent l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas,
le Royaume-Uni, la Russie et la Suède. La Belgique (1903), les Etats-Unis (1912), la France (1912), le
Portugal (1922), la Pologne (1923). l'Espagne (1924) et l'Irlande (1925) y adhérèrent plus tard.
570
M.L. Miller
politiques sur la pêche'. La science halieutique est née, au cours du dernier quart du
XIXème siècle (chapitre 2), de l'interaction entre l'océanographie biologique, la
biologie marine et les statistiques. La multiplication des stations de biologie marine au
Royaume-Uni et, plus tard, en Scandinavie, sensibilisa les administrations nationales à
l'intérêt qu'il pouvait y avoir à financer des recherches sur les pêches .
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, les ressources halieutiques étaient considérées
comme inépuisables par la pêche hauturière
3 ; par contre, les pêcheurs littoraux étaient
déjà souvent conscients du caractère limité des ressources halieutiques (chapitre 21). En
1899, le gouvernement suédois convoqua une réunion internationale d'océanographes
dans le but de définir une structure capable de faciliter la coopération internationale
dans le domaine de la recherche halieutique en mer du Nord. C'est au cours d'un
second congrès tenu à Kristiania (Oslo), en 1901, que la science halieutique et
l'océanographie furent associées dans la création du Conseil International pour
l'Exploration de la Mer (OEM)
4 . Le CIEM a beaucoup fait pour intéresser la
communauté scientifique et les gouvernements aux problèmes posés par les pêcheries
internationales et la conservation des ressources. Cependant, l'organisation ne fut
jamais chargée de réguler elle-même les pêcheries.
Pendant la première moitié du XXème siècle, des progrès considérables furent
réalisés dans la formulation des concepts à la base de la science halieutique (chapitre
21). Au cours des années 30, J. Hjort, M. Graham, E.S. Bell, W.F. Thompson et H. Bell
conçurent la théorie de la pêche, reprenant les expressions mathématiques élaborées
par F.I. Baranov vingt ans plus tôt (Royce sous presse). Les conséquences économiques
de la surpêche générale pendant cette période au sein des pêcheries hauturières furent
à l'origine de l'organisation, de chaque côté de l'Atlantique, d'une série de conférences
et de la signature de conventions bilatérales et multilatérales. Toutes visaient à
promouvoir une gestion des ressources basée sur le bon sens et à sensibiliser les
administrations des pays membres à l'intérêt d'une application de la théorie de la pêche,
inspirée de la dynamique des populations.
1 Selon l'organisation publique nationale, les différentes fonctions de l'élaboration, de la mise en oeuvre et
de l'application d'une politique d'aménagement sont réparties entre diverses administrations et agences
nationales. Ce chapitre traite exclusivement de l'aménagement des pêches à l'intérieur des zones
économiques exclusives de chaque pays. Les aspects relatifs aux dimensions internationales de
l'aménagement et au rôle des commissions régionales seront traitées au chapitre 20.
2 Le Bureau des Pêcheries de l'Ecosse (fondé en 1809) fut probablement la première agence à reconnaître
l'intérêt potentiel de la science pour le développement de la pêche lorsque, en 1882. une importante mission
de recherche lui fut confiée (Graham 1956 : 1).
3 Graham (1948 : 21, 1956 : 2) cite Frank Buckland. en 1870. et C.G.J. Peterson, en 1894. comme étant les
premiers chercheurs à avoir formule le concept de surpêche.
4 Les premiers membres du CIEM furent l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas,
le Royaume-Uni, la Russie et la Suède. La Belgique (1903), les Etats-Unis (1912), la France (1912), le
Portugal (1922), la Pologne (1923). l'Espagne (1924) et l'Irlande (1925) y adhérèrent plus tard.
570
