15 - L'allocation des privilèges d'usage
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crevette que si son titulaire était en possession de l'une des 292 licences (appelés
"approbations" ou "unités de classe B") et d'un nombre approprié d'unités de bateaux
(ou "unités de classe A"). Les pêcheurs pouvaient se vendre ou s'acheter des unités de
classes A et B, ou les vendre au gouvernement. Un plan de renouvellement de la flotte
prévoyait l'ajustement, sur une base volontaire, de la taille de la flottille, qui ne pouvait
pas dépasser un certain plafond d'unités de classe B, mais seulement décroître.
Ce programme a été mis en oeuvre trop récemment pour pouvoir être évalué de
façon exhaustive. On constate déjà, néanmoins, que la capacité de capture tend à
diminuer (Wesney comm. pers.). Ce qui importe de souligner ici, ce n'est pas que la
limitation par licences résolve les problèmes, mais qu'elle mette de l'ordre dans une
pêcherie qui était devenue impossible à gérer sous le régime antérieur. C'est là un
aspect dont Wallace (1987) a souligné l'importance dans son évaluation de la pêche du
saumon en Alaska.
Ce rapide examen des démarches directes laisse entrevoir leur intérêt potentiel,
mais aussi que leur application soulève des difficultés politiques et administratives
appréciables, dont il faut tenir compte lors du choix des modalités pratiques.
5.2. Mécanisme indirects
Les pêcheurs s'intéressent à des stocks cible et peuvent passer d'une pêcherie à
l'autre pour des raisons très variées (chapitre 17). Les gains qu'ils escomptent tirer de
leur participation à une pêcherie ne sont que l'une de leur motivation, mais elle est très
importante. On constate, par exemple que les capacités de capture augmentent quand
les prix au débarquement montent, et déclinent quand le coût de la pêche s'élève. Mais,
pour des raisons qui tiennent au rôle joué par le capital dans l'entreprise, entrée et
sortie ne s'effectuent pas de façon symétrique (voir, par exemple, Panayotou 1983).
Avant que quiconque ne commence à pêcher, du capital doit être investi dans l'achat
d'un bateau, de son équipement et des engins, dont le volume et la qualité varient
considérablement selon les fonds dont le futur pêcheur dispose. Ces fonds auraient pu
être investis dans une tout autre entreprise, ferme ou magasin. Mais, une fois le bateau
acheté, toutes les autres options seront forcloses. "L'argile", que constitue le capital
financier dans l'entreprise, aura "pris", sous la forme d'un type de bateau adapté à
certaines pêches. Quand, en outre, le pêcheur aura investi lui-même beaucoup de temps
et d'énergie pour connaître comment utiliser efficacement cet outil dans la pêche d'un
ensemble particulier d'espèces présentes dans un secteur donné ; il aura fait un gros
investissement. S'il choisit de rester dans la même pêcherie, il n'aura plus à faire face
qu'aux dépenses de fonctionnement et d'entretien, alors que, pour changer de pêcherie,
et plus encore de profession, il devra faire de nouveaux investissements pour acquérir
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