14
R. B. Rettig
celle de la morue charbonnière au casier et à la palangre. Le déclin ultérieur du stock
de morue charbonnière et les pressions pour obtenir une augmentation de son
exploitation illustrent le caractère au mieux passager des solutions de redéploiement.
Un nombre croissant de pays a pris conscience que ces solutions de
redéploiement n'aboutissent, en fait, qu'à déplacer le problème d'un secteur à un autre
et, qu'avec la pleine exploitation des ressources et l'expansion des juridictions
nationales, la marge de manoeuvre s'était fortement réduite. Le constat les a conduit à
adopter des programmes nationaux de réduction de leurs flottilles.
Ainsi, la Norvège a lancé plusieurs programmes spectaculaires de ce genre. Entre
1979 et 1985, sa flottille de pêche à la senne a été réduite de 80 000 tonnes brutes, dont
50 000 ont été vendues ou envoyées à la démolition (Hansen 1986) ; entre 1979 et 1981,
14 de ses 80 chalutiers ont été de même réformés (Brochmann 1983). L'efficacité de tels
programmes est réduite par des effets sociaux et politiques secondaires. Comme les
pêcheurs artisanaux ont peu d'alternatives d'emploi et que le gouvernement norvégien
veut maintenir en place les populations le long du littoral, les systèmes restrictifs de
licences ne s'appliquent pas à la petite pêche. Aussi, les chantiers navals norvégiens
construisent-ils aujourd'hui des bateaux de plus en plus puissants, juste au-dessous de la
taille à partir de laquelle la licence est exigée.
L'un des programmes les plus ambitieux de réduction de flottilles est
actuellement en cours au Japon (Matsuda 1986). L'extension des juridictions nationales
dans les années 70 a contraint le Japon à redéployer ses capacités, de pêcherie en
pêcherie, avant d'entreprendre la réduction du tonnage de plusieurs flottilles. Ainsi,
entre 1980 et 1984, sous l'effet combiné de programmes de réduction subventionnés par
le gouvernement et les associations professionnelles, et de faillites, le nombre de
thoniers engagés dans la grande pêche a diminué de 21 %, tandis que l'effectif de la
flottille opérant au large des côtes japonaises baissait de 25 %.
D'autres pays ont élaboré d'importants programmes de ce genre mais, par
manque de fonds publics et de volonté politique, ne les ont réalisé que partiellement.
C'est le cas de la Colombie britannique, où un programme de restructuration de la
pêcherie de saumon fut activement lancé au cours des années 60. Il devait être appliqué
par étapes. Les premières eurent des résultats positifs, mais les suivantes ne furent
jamais complètement réalisées par suite de changements dans les orientations politiques
et fiscales au Canada. Bien qu'il constituait un élément majeur du plan de
restructuration, le programme de réduction de la flottille n'a jamais été réalisé par
insuffisance de fonds publics.
538
R. B. Rettig
celle de la morue charbonnière au casier et à la palangre. Le déclin ultérieur du stock
de morue charbonnière et les pressions pour obtenir une augmentation de son
exploitation illustrent le caractère au mieux passager des solutions de redéploiement.
Un nombre croissant de pays a pris conscience que ces solutions de
redéploiement n'aboutissent, en fait, qu'à déplacer le problème d'un secteur à un autre
et, qu'avec la pleine exploitation des ressources et l'expansion des juridictions
nationales, la marge de manoeuvre s'était fortement réduite. Le constat les a conduit à
adopter des programmes nationaux de réduction de leurs flottilles.
Ainsi, la Norvège a lancé plusieurs programmes spectaculaires de ce genre. Entre
1979 et 1985, sa flottille de pêche à la senne a été réduite de 80 000 tonnes brutes, dont
50 000 ont été vendues ou envoyées à la démolition (Hansen 1986) ; entre 1979 et 1981,
14 de ses 80 chalutiers ont été de même réformés (Brochmann 1983). L'efficacité de tels
programmes est réduite par des effets sociaux et politiques secondaires. Comme les
pêcheurs artisanaux ont peu d'alternatives d'emploi et que le gouvernement norvégien
veut maintenir en place les populations le long du littoral, les systèmes restrictifs de
licences ne s'appliquent pas à la petite pêche. Aussi, les chantiers navals norvégiens
construisent-ils aujourd'hui des bateaux de plus en plus puissants, juste au-dessous de la
taille à partir de laquelle la licence est exigée.
L'un des programmes les plus ambitieux de réduction de flottilles est
actuellement en cours au Japon (Matsuda 1986). L'extension des juridictions nationales
dans les années 70 a contraint le Japon à redéployer ses capacités, de pêcherie en
pêcherie, avant d'entreprendre la réduction du tonnage de plusieurs flottilles. Ainsi,
entre 1980 et 1984, sous l'effet combiné de programmes de réduction subventionnés par
le gouvernement et les associations professionnelles, et de faillites, le nombre de
thoniers engagés dans la grande pêche a diminué de 21 %, tandis que l'effectif de la
flottille opérant au large des côtes japonaises baissait de 25 %.
D'autres pays ont élaboré d'importants programmes de ce genre mais, par
manque de fonds publics et de volonté politique, ne les ont réalisé que partiellement.
C'est le cas de la Colombie britannique, où un programme de restructuration de la
pêcherie de saumon fut activement lancé au cours des années 60. Il devait être appliqué
par étapes. Les premières eurent des résultats positifs, mais les suivantes ne furent
jamais complètement réalisées par suite de changements dans les orientations politiques
et fiscales au Canada. Bien qu'il constituait un élément majeur du plan de
restructuration, le programme de réduction de la flottille n'a jamais été réalisé par
insuffisance de fonds publics.
538
