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R. B. Retlig
arrondissement de services collectifs. Quand je me déplace d'une centaine de
kilomètres à l'ouest en direction de la mer, je dépends toujours de l'administration des
Etats-Unis et de celle de l'Orégon, mais je dois me soumettre à certains règlements
particuliers au comté de Lincoln et à la ville de Newport. Si je désire pêcher pour me
distraire dans une rivière des environs, je dois me plier aux lois de l'Etat de l'Orégon. Si
je pêche le saumon en mer, au large de ce même Etat, je suis soumis, à la fois, aux lois
de l'Orégon et à certaines réglementations appliquées et entérinées par des agences
fédérales, mais élaborées par un organisme local de décision. On voit que les
interventions publiques peuvent s'effectuer par le truchement d'administrations
compétentes pour toute ou fraction de la population nationale, ainsi que par une
instance locale, plus proche des personnes directement concernées.
En se compliquant, l'aménagement des pêches fait intervenir, conjointement, de
plus en plus d'organismes gouvernementaux. Les négociations d'accords de pêche au
niveau international sont du ressort d'une administration nationale. D'autres décisions
sont prises au niveau régional, tandis que d'autres encore ne concernent que des
pêcheries locales particulières.
Comme les processus d'aménagement font intervenir autant d'instances
publiques et risquent pour cette raison de devenir peu maniables et inefficaces, on
s'intéresse de plus en plus à des solutions alternatives qui soient plus efficaces et donl
les décisions soient politiquement mieux acceptables. L'une ce ces techniques
d'aménagement, dont l'origine remonte à l'organisation ancienne des communautés de
chasseurs, pêcheurs, pasteurs et autres exploitants des ressources vivantes (chapitres 1
et 16), est l'aménagement concerté.
Même si l'on peut donner un sens différent à ce terme, il s'appuie sur deux
mécanismes principaux. Le premier consiste à déléguer à une communauté locale ou
ethnique, le pouvoir de prendre certaines décisions d'aménagement. En Amérique du
Nord, l'exemple le plus courant est celui de l'attribution d'une autonomie de gestion aux
populations aborigènes, tels les esquimaux de l'Alaska ou les tribus indiennes de l'Etal
de Washington, signataires de traités. Au Japon, des droits collectifs et exclusifs de
pêche sont attribués aux coopératives locales de pêcheurs. L'autre mécanisme consiste à
faire participer directement les pêcheurs, l'industrie de traitement et d'autres membres
des communautés locales, au processus de prise de décisions. Des comités consultatifs
de pêcheurs existent depuis longtemps aux Etats-Unis, mais ceux-là ont vu leurs
pouvoirs et leurs responsabilités s'élargir au cours de la dernière décennie. Les
pêcheurs font maintenant partie des conseils régionaux d'aménagement des pêches, mis
en place pour élaborer les plans d'aménagement qui servent de fondement aux
réglementations des Etats et fédérales. Les pêcheurs sont également membres des
groupes consultatifs subsidiaires de ces conseils, et rares sont parmi ces tiernicrs ceux
qui décident des options d'aménagement sans s'appuyer sur leur avis. Enfin, les conseils
eux-mêmes ont créé des groupes de travail pour étudier de nouvelles réglementations
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arrondissement de services collectifs. Quand je me déplace d'une centaine de
kilomètres à l'ouest en direction de la mer, je dépends toujours de l'administration des
Etats-Unis et de celle de l'Orégon, mais je dois me soumettre à certains règlements
particuliers au comté de Lincoln et à la ville de Newport. Si je désire pêcher pour me
distraire dans une rivière des environs, je dois me plier aux lois de l'Etat de l'Orégon. Si
je pêche le saumon en mer, au large de ce même Etat, je suis soumis, à la fois, aux lois
de l'Orégon et à certaines réglementations appliquées et entérinées par des agences
fédérales, mais élaborées par un organisme local de décision. On voit que les
interventions publiques peuvent s'effectuer par le truchement d'administrations
compétentes pour toute ou fraction de la population nationale, ainsi que par une
instance locale, plus proche des personnes directement concernées.
En se compliquant, l'aménagement des pêches fait intervenir, conjointement, de
plus en plus d'organismes gouvernementaux. Les négociations d'accords de pêche au
niveau international sont du ressort d'une administration nationale. D'autres décisions
sont prises au niveau régional, tandis que d'autres encore ne concernent que des
pêcheries locales particulières.
Comme les processus d'aménagement font intervenir autant d'instances
publiques et risquent pour cette raison de devenir peu maniables et inefficaces, on
s'intéresse de plus en plus à des solutions alternatives qui soient plus efficaces et donl
les décisions soient politiquement mieux acceptables. L'une ce ces techniques
d'aménagement, dont l'origine remonte à l'organisation ancienne des communautés de
chasseurs, pêcheurs, pasteurs et autres exploitants des ressources vivantes (chapitres 1
et 16), est l'aménagement concerté.
Même si l'on peut donner un sens différent à ce terme, il s'appuie sur deux
mécanismes principaux. Le premier consiste à déléguer à une communauté locale ou
ethnique, le pouvoir de prendre certaines décisions d'aménagement. En Amérique du
Nord, l'exemple le plus courant est celui de l'attribution d'une autonomie de gestion aux
populations aborigènes, tels les esquimaux de l'Alaska ou les tribus indiennes de l'Etal
de Washington, signataires de traités. Au Japon, des droits collectifs et exclusifs de
pêche sont attribués aux coopératives locales de pêcheurs. L'autre mécanisme consiste à
faire participer directement les pêcheurs, l'industrie de traitement et d'autres membres
des communautés locales, au processus de prise de décisions. Des comités consultatifs
de pêcheurs existent depuis longtemps aux Etats-Unis, mais ceux-là ont vu leurs
pouvoirs et leurs responsabilités s'élargir au cours de la dernière décennie. Les
pêcheurs font maintenant partie des conseils régionaux d'aménagement des pêches, mis
en place pour élaborer les plans d'aménagement qui servent de fondement aux
réglementations des Etats et fédérales. Les pêcheurs sont également membres des
groupes consultatifs subsidiaires de ces conseils, et rares sont parmi ces tiernicrs ceux
qui décident des options d'aménagement sans s'appuyer sur leur avis. Enfin, les conseils
eux-mêmes ont créé des groupes de travail pour étudier de nouvelles réglementations
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