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J.M. Gates
On peut objecter que, face à des conditions aussi changeantes que celles qui
résultent des fluctuations d'abondance du stock, une telle méthode manque de
souplesse. Les pêcheurs sont toujours tentés d'accroître leur activité dès qu'apparaît une
forte classe d'âge. Cependant, les conclusions économiques que l'on tire des modèles
structuraux d'évaluation de stocks, suggèrent que, jusqu'à un certain point, un taux
d'exploitation stable est préférable, car il permet aux classes exceptionnelles de
contribuer à la stabilité du stock. Le comportement classique dans la pêche devant des
recrutements abondants est symptomatique du paradoxe entraîné par la liberté d'accès.
L'incertitude sur les conditions d'accès à une pêcherie et l'état du stock réduit la marge
de manoeuvre dont le pêcheur a besoin pour pouvoir différer ses captures et réaliser
plus tard de meilleures pêches. Avec de meilleures garanties de sécurité, le pêcheur ne
perdrait pas vraiment une classe d'âge. Il étalerait seulement son exploitation sur
plusieurs années, au lieu de chercher à en extraire le maximum dès son apparition. En
outre, en cas d'abondance exceptionnelle, il est toujours possible d'allouer, de façon
temporaire, des droits de capture supplémentaires.
L'application de droits de capture dans les pêcheries plurispécifiques pose un
problème plus difficile. Pour celles-ci, il paraît préférable d'exprimer les droits de
capture, non pas pour des espèces particulières, mais pour des ensembles plus ou moins
larges d'espèces, de poissons démersaux par exemple. Ceci risque de susciter un
accroissement du taux de rejet d'espèces de valeur moindre. Les captures doivent être
stockées dans des cales de capacité limitée. Lorsque la pêche n'est pas bonne, la valeur
imputée à la capacité de la cale est nulle ; il n'y a pas de raison de rejeter du poisson,
même de valeur faible. Par contre, quand la pêche est bonne, la capacité de la cale
devient limitante. Les espèces et les poissons de petite taille moins prisés peuvent être
rejetés pour faire de la place aux espèces et aux tailles de valeur unitaire supérieure.
Avec des quotas individuels de capture, le facteur limitant à l'origine des rejets n'est pas
la capacité de la cale, mais le contingentement des captures. La question doit être
analysée avec la perspective appropriée : quelle doit être la capacité des cales pour le
stockage des prises correspondant aux droits de capture autorisés ? Vu sous cet angle,
le vrai problème est la stabilisation de la capacité de capture de la flottille, et non plus,
l'allocation fine de l'effort de pêche par espèces. Ce premier problème est non
seulement le plus important mais également le moins difficile à résoudre car la
réalisation d'une allocation fine se révèle extrêmement difficile, voire impossible.
Les certificats de stock présentent un défaut qui peut avoir de sérieuses
implications. Par souci de concision, j'appelle ces derniers, droits de capture. Une
autorité centrale peut sans difficulté distribuer des documents et les appeler "certificats
de stock". Toutefois, cela ne signifie pas que ces certificats confèrent à leurs titulaires
toutes les prérogatives d'un droit de propriété. Les contingents de stock soulèvent aussi
d'autres problèmes d'application. Si les droits de capture correspondent à des droits
réels de propriété, chaque propriétaire aura un intérêt économique à ce qu'ils soient
respectés par les autres pêcheurs. Ce sera alors aux pêcheurs eux-mêmes
d'entreprendre devant les tribunaux les actions que requiert le respect de leurs droits.
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J.M. Gates
On peut objecter que, face à des conditions aussi changeantes que celles qui
résultent des fluctuations d'abondance du stock, une telle méthode manque de
souplesse. Les pêcheurs sont toujours tentés d'accroître leur activité dès qu'apparaît une
forte classe d'âge. Cependant, les conclusions économiques que l'on tire des modèles
structuraux d'évaluation de stocks, suggèrent que, jusqu'à un certain point, un taux
d'exploitation stable est préférable, car il permet aux classes exceptionnelles de
contribuer à la stabilité du stock. Le comportement classique dans la pêche devant des
recrutements abondants est symptomatique du paradoxe entraîné par la liberté d'accès.
L'incertitude sur les conditions d'accès à une pêcherie et l'état du stock réduit la marge
de manoeuvre dont le pêcheur a besoin pour pouvoir différer ses captures et réaliser
plus tard de meilleures pêches. Avec de meilleures garanties de sécurité, le pêcheur ne
perdrait pas vraiment une classe d'âge. Il étalerait seulement son exploitation sur
plusieurs années, au lieu de chercher à en extraire le maximum dès son apparition. En
outre, en cas d'abondance exceptionnelle, il est toujours possible d'allouer, de façon
temporaire, des droits de capture supplémentaires.
L'application de droits de capture dans les pêcheries plurispécifiques pose un
problème plus difficile. Pour celles-ci, il paraît préférable d'exprimer les droits de
capture, non pas pour des espèces particulières, mais pour des ensembles plus ou moins
larges d'espèces, de poissons démersaux par exemple. Ceci risque de susciter un
accroissement du taux de rejet d'espèces de valeur moindre. Les captures doivent être
stockées dans des cales de capacité limitée. Lorsque la pêche n'est pas bonne, la valeur
imputée à la capacité de la cale est nulle ; il n'y a pas de raison de rejeter du poisson,
même de valeur faible. Par contre, quand la pêche est bonne, la capacité de la cale
devient limitante. Les espèces et les poissons de petite taille moins prisés peuvent être
rejetés pour faire de la place aux espèces et aux tailles de valeur unitaire supérieure.
Avec des quotas individuels de capture, le facteur limitant à l'origine des rejets n'est pas
la capacité de la cale, mais le contingentement des captures. La question doit être
analysée avec la perspective appropriée : quelle doit être la capacité des cales pour le
stockage des prises correspondant aux droits de capture autorisés ? Vu sous cet angle,
le vrai problème est la stabilisation de la capacité de capture de la flottille, et non plus,
l'allocation fine de l'effort de pêche par espèces. Ce premier problème est non
seulement le plus important mais également le moins difficile à résoudre car la
réalisation d'une allocation fine se révèle extrêmement difficile, voire impossible.
Les certificats de stock présentent un défaut qui peut avoir de sérieuses
implications. Par souci de concision, j'appelle ces derniers, droits de capture. Une
autorité centrale peut sans difficulté distribuer des documents et les appeler "certificats
de stock". Toutefois, cela ne signifie pas que ces certificats confèrent à leurs titulaires
toutes les prérogatives d'un droit de propriété. Les contingents de stock soulèvent aussi
d'autres problèmes d'application. Si les droits de capture correspondent à des droits
réels de propriété, chaque propriétaire aura un intérêt économique à ce qu'ils soient
respectés par les autres pêcheurs. Ce sera alors aux pêcheurs eux-mêmes
d'entreprendre devant les tribunaux les actions que requiert le respect de leurs droits.
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