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J. M. Gates
un système de taxation, une partie de cette richesse pourra revenir au trésor public. A la
limite, on peut envisager un système de taxes ou de redevances dont les taux seraient
fixés à un niveau suffisamment élevé pour limiter l'entrée. Une telle stratégie comporte,
elle aussi, des difficultés pratiques d'application, dues notamment à la variabilité de la
ressource (chapitre 15). L'incidence des bénéfices et des coûts est une question à
laquelle l'économie n'apporte pas de réponse claire, même si la plupart des économistes
ont, comme tous citoyens, leurs propres opinions sur ce sujet. Certaines taxes, basées
sur le principe de l'imposition préférentielle des bénéficiaires, pourraient utilement
servir à décourager certains comportements stratégiques (chapitre 15).
Personnellement, je ne suis pas favorable à l'adoption de taxes sur la renie
halieutique, sur le seul argument d'empêcher l'acquisition de "richesses non gagnées". Si
l'on estime devoir refuser aux pêcheurs la possibilité de réaliser un profil exceptionnel,
il faudrait alors taxer également les quasi-rentes réalisées par des industries bénéficiant
d'une protection tarifaire ou par des salariés syndiqués. Si une société signe avec l'Etal
un contrat pour la réalisation dans une certaine région d'un projet important,
l'accroissement des revenus qui en résultera dans la région fera monter le prix des
terrains et celui des actions de la société. Le produit de telles rentes dépasse largement
les rentes halieutiques potentielles. 11 est vrai que les pêcheurs sont moins nombreux et
qu'ils ont, peut-être, localement moins de poids politique. Mais, dans la pratique,
l'argument éthique selon lequel une classe particulière ne devrait bénéficier que des
richesses qu'elle tire de son travail, ne me paraît pas suffisant. La réalisation de revenus
pour couvrir les dépenses publiques obligatoires nécessite une structure générale de
taxation des revenus et des ventes. Comme dans les autres secteurs de l'économie, une
telle structure prélèvera une partie de la richesse créée. Ceci dit, je m'empresse de
reconnaître que d'autres sont, également sur le plan éthique, d'un avis opposé. En
exprimant ma propre opinion, ma seule justification est que d'autres ont fait connaître
la leur. Il ne semble pas exister de principes fondamentaux qui permettent de trancher
en faveur d'une opinion ou de l'autre. C'est un problème sur lequel chacun peut avoir la
sienne, et celle d'un économiste présente le même intérêt que celle de tous ses
concitoyens.
Face aux problèmes auxquels se heurte la régulation de la pêche, il est plus
important de trouver des solutions pratiques. Avant de se préoccuper de la distribution
des richesses potentielles que constituent les rentes halieutiques, il faut d'abord les
produire. Or, en mettant trop l'accent sur le problème de la réalisation de la rente, on
risque de susciter un comportement stratégique qui ira à l'encontre du but recherché.
Du point de vue des pêcheurs, la dissipation de la rente entraînée par les surcapacités
dans la pêche est plus sérieuse que son prélèvement par des taxes. Si l'on estime que
l'extraction de la rente en vue d'empêcher l'acquisition de richesses non gagnées par le
travail ressort essentiellement d'un jugement de valeur, les taxes peuvent être utiles d'un
point de vue plus pragmatique, comme celui du financement de l'aménagement. A cet
égard, il est important que le pêcheur puisse établir un lien entre la valeur des mesures
et les coûts de l'aménagement. En Nouvelle-Angleterre (E.U.), ces connexions
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