14 - La régulation du taux d'exploitation
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exploités sur le plan biologique, la montée de la demande et des prix entraîne une
augmentation des coûts de production, quoiqu'à une vitesse ralentie. Celle-là n'est pas
compensée par celle des captures, par rapport à celles que réalisait la flottille avec
l'ancienne technique. L'adoption de nouvelles techniques aboutit ainsi à une dissipation
de ressources économiques rares au niveau de la pêcherie, puisque l'augmentation des
captures globales n'est pas proportionnelle à celle du coût des innovations. A la limite,
la capture globale peut même diminuer, de sorte que la productivité brute de la
nouvelle technique est en fait négative. Ainsi appliquées, ces méthodes ne répondent
pas au critère d'utilisation efficace de ressources rares, comme la main d'oeuvre et le
capital. Le degré d'inefficacité totale dépendra des particularités de chaque pêcherie. A
condition qu'elles ne s'accompagnent pas d'une augmentation de la mortalité totale, les
innovations qui font baisser le coût unitaire de la mortalité par pêche sont utiles, car la
société dispose alors de la même quantité de poisson pour une consommation moindre
de ressources rares.
Un moyen de contrecarrer l'augmentation artificielle de l'efficacité technique
consisterait à adopter un système qui combine un régime de permis à une limitation
effective des capacités de capture. On peut imaginer, par exemple, que l'adoption
d'améliorations techniques soit soumise à l'obtention d'un accord préalable.
Malheureusement, elles pourront paraître inopportunes à beaucoup el l'application
d'une telle mesure rencontrera de grosses difficultés techniques, de détection
d'introductions furtives entre autres. Elles pourraient aller à l'encontre du critère
d'encouragement au progrès technique susceptible d'améliorer les performances
économiques.
H ne faut cependant pas être dogmatique en la matière. Toute méthode pose
problème. La délivrance de permis sur la base de la puissance de pêche des unités de
pêche peut être plus facile à appliquer, par exemple, dans une pêcherie artisanale. On
peut aussi envisager d'attribuer les permis non pas aux bateaux, mais à un nombre
déterminé d'engins dormants (hameçons des palangres, casiers, etc.). Mais si on limite
le nombre des chalutiers, ceux-ci seront progressivement remplacés par des navires
surmotorisés, beaucoup plus onéreux en investissement et, probablement, en
fonctionnement. Un tel effet a déjà été évoqué sous le terme de "dopage en capital".
Chaque système de permis devra être modulé en fonction des particularités de chaque
pêcherie, en tenant compte de tous les effets pervers possibles. Il n'y a pas de
généralisation possible en la matière.
Les mesures de limitation de l'entrée sont susceptibles de créer une richesse là
où elle n'existait pas. Par "richesse", nous entendons ici la valeur actualisée du surplus
futur réalisé par les producteurs dans chaque pêcherie. La mesure de cette valeur
comporte des subtilités qui ont été évoquées dans le chapitre 13. Le lecteur est invité à
s'y reporter. Du point de vue économique, le grand intérêt d'une conservation optimale
des ressources est qu'elle accroît la richesse d'un pays. Si le plan de régulation comporte
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