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J. M. Gates
Des mesures visant à réguler les taux de charge deviennent alors nécessaires
(Gates 1987). Ce problème de surexploitation est analogue à celui posé par la
régulation des densités de bétail sur les pâturages naturels publics (chapitre 19).
Les permis portant sur les navires et les pêcheurs sont des variations sur le même
thème. Us ne diffèrent que par le support du droit d'usage. Celui-ci doit être choisi en
fonction de sa contribution à la puissance de pêche de l'unité d'exploitation. Ainsi, dans
la pêche aux arts dormants (casiers, palangres, filets fixes,...), le choix de l'engin comme
support de droits individuels quantitatifs sera généralement mieux adapté. Le droit
pourra ainsi porter sur une longueur déterminée de palangres.
Pour limiter l'entrée, il est essentiel de limiter à la fois le nombre d'unités de
pêche et leur puissance de pêche. La puissance de pêche globale recherchée pourra être
inférieure à son niveau courant, mais on se satisfera vraisemblablement au départ du
statu quo. L'adoption du statu quo revient à instituer un moratoire bloquant toute
nouvelle entrée. Le choix de l'unité autorisée peut avoir une incidence sur les bénéfices
et les coûts, à moins que la propriété du bateau constitue une condition préalable à la
délivrance d'un permis à un individu. Ces deux types de licence incitent artificiellement
leurs titulaires à pousser l'efficacité technique des unités de pêche autorisées et, donc, la
production par permis. Le terme de "dopage en capital" est utilisé dans la littérature
récente pour décrire ce phénomène. Ce terme prête à confusion, car le "dopage" peut
porter sur la main d'oeuvre, les équipements électroniques, le moteur, ou n'importe
quel autre type d'intrant. Ces mesures pourront, par exemple, pousser à la construction
de navires plus rapides, pour réduire les temps de transfert entre le port et les lieux de
pêche. La recherche d'une efficacité technique accrue se produira, même si cela se
traduit par une baisse d'efficience économique pour la flottille : un écart apparaît entre
le rapport coût-efficacité du bateau particulier et celui de la flottille, car l'accroissement
de la capture de l'innovateur sera réalisé en grande partie au détriment de la capture
par unité d'effort de ses concurrents.
On peut décrire intuitivement le processus selon lequel la recherche de
l'efficacité technique conduit au gaspillage économique. Supposons une pêcherie dans
laquelle le nombre de bateaux est limité. Au bout d'un certain temps, la demande des
consommateurs augmente entraînant une hausse du prix du poisson. Bien que l'entrée
de nouvelles capacités de capture soit profitable sur le moment du fait de
l'augmentation des prix, la limitation du nombre de permis ne le permet pas.
Néanmoins, les innovateurs, parmi les pêcheurs en place, s'aperçoivent qu'il est
profitable, à titre individuel, d'investir dans de nouvelles techniques pour augmenter la
capture des permis. Au fur et à mesure que d'autres pêcheurs investissent à leur tour,
pour tirer profit de cette possibilité, la prise par unité d'effort décline du fait de
l'accroissement de la mortalité par pêche. Comme pour des stocks déjà pleinement
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J. M. Gates
Des mesures visant à réguler les taux de charge deviennent alors nécessaires
(Gates 1987). Ce problème de surexploitation est analogue à celui posé par la
régulation des densités de bétail sur les pâturages naturels publics (chapitre 19).
Les permis portant sur les navires et les pêcheurs sont des variations sur le même
thème. Us ne diffèrent que par le support du droit d'usage. Celui-ci doit être choisi en
fonction de sa contribution à la puissance de pêche de l'unité d'exploitation. Ainsi, dans
la pêche aux arts dormants (casiers, palangres, filets fixes,...), le choix de l'engin comme
support de droits individuels quantitatifs sera généralement mieux adapté. Le droit
pourra ainsi porter sur une longueur déterminée de palangres.
Pour limiter l'entrée, il est essentiel de limiter à la fois le nombre d'unités de
pêche et leur puissance de pêche. La puissance de pêche globale recherchée pourra être
inférieure à son niveau courant, mais on se satisfera vraisemblablement au départ du
statu quo. L'adoption du statu quo revient à instituer un moratoire bloquant toute
nouvelle entrée. Le choix de l'unité autorisée peut avoir une incidence sur les bénéfices
et les coûts, à moins que la propriété du bateau constitue une condition préalable à la
délivrance d'un permis à un individu. Ces deux types de licence incitent artificiellement
leurs titulaires à pousser l'efficacité technique des unités de pêche autorisées et, donc, la
production par permis. Le terme de "dopage en capital" est utilisé dans la littérature
récente pour décrire ce phénomène. Ce terme prête à confusion, car le "dopage" peut
porter sur la main d'oeuvre, les équipements électroniques, le moteur, ou n'importe
quel autre type d'intrant. Ces mesures pourront, par exemple, pousser à la construction
de navires plus rapides, pour réduire les temps de transfert entre le port et les lieux de
pêche. La recherche d'une efficacité technique accrue se produira, même si cela se
traduit par une baisse d'efficience économique pour la flottille : un écart apparaît entre
le rapport coût-efficacité du bateau particulier et celui de la flottille, car l'accroissement
de la capture de l'innovateur sera réalisé en grande partie au détriment de la capture
par unité d'effort de ses concurrents.
On peut décrire intuitivement le processus selon lequel la recherche de
l'efficacité technique conduit au gaspillage économique. Supposons une pêcherie dans
laquelle le nombre de bateaux est limité. Au bout d'un certain temps, la demande des
consommateurs augmente entraînant une hausse du prix du poisson. Bien que l'entrée
de nouvelles capacités de capture soit profitable sur le moment du fait de
l'augmentation des prix, la limitation du nombre de permis ne le permet pas.
Néanmoins, les innovateurs, parmi les pêcheurs en place, s'aperçoivent qu'il est
profitable, à titre individuel, d'investir dans de nouvelles techniques pour augmenter la
capture des permis. Au fur et à mesure que d'autres pêcheurs investissent à leur tour,
pour tirer profit de cette possibilité, la prise par unité d'effort décline du fait de
l'accroissement de la mortalité par pêche. Comme pour des stocks déjà pleinement
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