4. Evaluation des méthodes alternatives
4.1. Contrôles portant sur les ressources
Cet ensemble de mesures vise, on l'a vu, à réguler la pêche de la manière la plus
directe et la plus spécifique, compte tenu des particularités des ressources à gérer. Elles
comprennent les fermetures saisonnières et zonales, et les tailles minimales (ou
maximales) de capture. Elles restent assez souples vis-à-vis de la variabilité ; le coût de
leur application peut rester modéré lorsqu'elles sont bien acceptées des pêcheurs.
Conceptuellement, on peut les considérer comme des exemples d'application de la
"norme minimale de sûreté", préconisée par Ciriacy-Wantrup (1952). Elles visent à
protéger les jeunes pour optimiser la production par recrue ou pour leur permettre de
participer à la première saison de reproduction. Elles peuvent aussi viser à protéger les
géniteurs. Mais, leur justification par rapport à ces deux derniers objectifs dépend de la
mise en évidence d'une relation stock/recrutement, problème qui sera illustré plus loin,
par analogie avec un exemple tiré de l'économie.
Les réglementations sur les engins de pêche, dont celui du maillage fournit un
bon exemple, peuvent avoir plusieurs effets. En réduisant la mortalité des juvéniles,
elles servent à augmenter l'espérance de capture par recrue pour un niveau donné
d'effort de pêche. Mais leur application néglige souvent le caractère d'"équilibre partiel"
inhérent à la mesure (chapitres 2, 13 et 18). En effet, sans dispositions
complémentaires, l'augmentation de la production par recrue provoquera un
accroissement de l'effort de pêche qui ramènera le rendement à son niveau antérieur.
On peut aussi réglementer les engins pour accroître la taille moyenne des
individus capturés. Les individus de grande taille de nombreuses espèces valent plus
cher que les individus plus petits. Une telle mesure augmente donc la valeur unitaire
des captures. Mais, comme pour la production par recrue, cette analyse est partielle.
L'élévation du revenu par unité d'effort stimulera une augmentation de l'effort et, donc,
à terme, un déclin de ce revenu, jusqu'au retour aux performances antérieures. Pour les
pêcheurs en activité, il est peu probable que la valeur actualisée des bénéfices
escomptés de cette mesure compense leurs pertes immédiates. La majorité des gains
seront réalisés par les nouveaux entrants mobilisés par l'amélioration transitoire des
rendements. Par contre, les consommateurs y gagneront, surtout si le marché favorise
les poissons de grandes tailles dont le prix unitaire baissera avec la disparition des plus
petits. La réglementation peut donc être économiquement justifiée, même si les
pêcheurs y perdent : il suffit pour cela que l'augmentation du surplus des
consommateurs excède la perte subie par les pêcheurs.
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4.1. Contrôles portant sur les ressources
Cet ensemble de mesures vise, on l'a vu, à réguler la pêche de la manière la plus
directe et la plus spécifique, compte tenu des particularités des ressources à gérer. Elles
comprennent les fermetures saisonnières et zonales, et les tailles minimales (ou
maximales) de capture. Elles restent assez souples vis-à-vis de la variabilité ; le coût de
leur application peut rester modéré lorsqu'elles sont bien acceptées des pêcheurs.
Conceptuellement, on peut les considérer comme des exemples d'application de la
"norme minimale de sûreté", préconisée par Ciriacy-Wantrup (1952). Elles visent à
protéger les jeunes pour optimiser la production par recrue ou pour leur permettre de
participer à la première saison de reproduction. Elles peuvent aussi viser à protéger les
géniteurs. Mais, leur justification par rapport à ces deux derniers objectifs dépend de la
mise en évidence d'une relation stock/recrutement, problème qui sera illustré plus loin,
par analogie avec un exemple tiré de l'économie.
Les réglementations sur les engins de pêche, dont celui du maillage fournit un
bon exemple, peuvent avoir plusieurs effets. En réduisant la mortalité des juvéniles,
elles servent à augmenter l'espérance de capture par recrue pour un niveau donné
d'effort de pêche. Mais leur application néglige souvent le caractère d'"équilibre partiel"
inhérent à la mesure (chapitres 2, 13 et 18). En effet, sans dispositions
complémentaires, l'augmentation de la production par recrue provoquera un
accroissement de l'effort de pêche qui ramènera le rendement à son niveau antérieur.
On peut aussi réglementer les engins pour accroître la taille moyenne des
individus capturés. Les individus de grande taille de nombreuses espèces valent plus
cher que les individus plus petits. Une telle mesure augmente donc la valeur unitaire
des captures. Mais, comme pour la production par recrue, cette analyse est partielle.
L'élévation du revenu par unité d'effort stimulera une augmentation de l'effort et, donc,
à terme, un déclin de ce revenu, jusqu'au retour aux performances antérieures. Pour les
pêcheurs en activité, il est peu probable que la valeur actualisée des bénéfices
escomptés de cette mesure compense leurs pertes immédiates. La majorité des gains
seront réalisés par les nouveaux entrants mobilisés par l'amélioration transitoire des
rendements. Par contre, les consommateurs y gagneront, surtout si le marché favorise
les poissons de grandes tailles dont le prix unitaire baissera avec la disparition des plus
petits. La réglementation peut donc être économiquement justifiée, même si les
pêcheurs y perdent : il suffit pour cela que l'augmentation du surplus des
consommateurs excède la perte subie par les pêcheurs.
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