Il n'est pas possible, dans les limites de ce chapitre, de développer davantage ces
notions. Toutefois, le problème d"'identification", inhérent à l'approche globale, doit
être mentionné. Pour le biologiste, les séries chronologiques de p.u.e. et d'effort
viennent à l'appui d'une relation décroissante entre rendement et effort. Pour
l'économiste, les mêmes données reflètent une relation croissante entre effort et p.u.e.
Pour le biologiste, cette relation est celle de la fonction théorique sur laquelle se
fondent les modèles de production. Pour l'économiste, cette relation est aussi
fondamentale sur le plan théorique : sauf si le rapport entre le prix du poisson et le coût
de l'effort change, cette relation est celle de la courbe de l'offre en fonction de l'effort.
Pour quelles raisons, l'estimation de la régression par la méthode usuelle des moindres
carrés représenterait-elle la relation biologique recherchée plutôt que la relation
économique ? En l'absence d'information complémentaire, la réponse est : aucune. En
général, l'estimation consistera en un mélange indistinct des deux relations. Chacune est
fondamentale dans sa discipline respective ; l'estimation empirique peut n'avoir aucune
valeur pour chacune. Le problème de l'identification rend suspectes de telles relations.
Selon ma propre expérience, il est plus facile d'obtenir une relation de pente positive
entre la p.u.e. et l'effort, indice d'un "signal" dominant de la relation offre/effort. Il esl
possible de filtrer le mélange. Pour cela, il est nécessaire de spécifier les deux relations
et de disposer d'observations sur les variables exogènes pertinentes qui affectent une
relation, et pas l'autre. Pour le biologiste, ces variables exogènes pourront être des
variables relatives à l'environnement, au recrutement, à la structure démographique du
stock, etc. Pour l'économiste, ce seront les taux d'intérêt et le coût de construction des
bateaux. Le point important ici est qu'aucune relation ne peut être estimée
correctement indépendamment de l'autre.
Ainsi conçoit-on que la validation des modèles pose la question de la définition
d'hypothèses "réalistes". Devant ce problème, deux attitudes extrêmes sont possibles :
- le réalisme des hypothèses n'est, en général, pas une question pertinente ; seule
compte l'exactitude de l'estimation des variables étudiées, ou,
- la validité d'un modèle ne peut être établie, en partie, que sur le réalisme de ses
hypothèses de départ.
Il est évident que, toutes choses égales par ailleurs, des hypothèses réalistes sont
plus satisfaisantes que des propositions aprioristes. Mais, si le modèle basé sur des
hypothèses réalistes esl considérablement plus complexe et conduit aux mêmes
estimations des variables étudiées, quel modèle faut-il alors préférer ? Les deux
attitudes peuvenl être appréciées sur des critères de suffisance et de nécessité. Une
condition est nécessaire si l'on aboutit à l'invalidation complète de la théorie ou du
modèle lorsqu'elle n'est pas vérifiée. Une condition est suffisante lorsqu'elle renforce
une théorie ou un modèle, sans lui être nécessaire. Les partisans de la première attitude
font valoir que la suffisance des hypothèses est un facteur de simplicité : il permet de
dériver des résultats stables, qui sont alors consistants ou inconsistants avec les résultats
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notions. Toutefois, le problème d"'identification", inhérent à l'approche globale, doit
être mentionné. Pour le biologiste, les séries chronologiques de p.u.e. et d'effort
viennent à l'appui d'une relation décroissante entre rendement et effort. Pour
l'économiste, les mêmes données reflètent une relation croissante entre effort et p.u.e.
Pour le biologiste, cette relation est celle de la fonction théorique sur laquelle se
fondent les modèles de production. Pour l'économiste, cette relation est aussi
fondamentale sur le plan théorique : sauf si le rapport entre le prix du poisson et le coût
de l'effort change, cette relation est celle de la courbe de l'offre en fonction de l'effort.
Pour quelles raisons, l'estimation de la régression par la méthode usuelle des moindres
carrés représenterait-elle la relation biologique recherchée plutôt que la relation
économique ? En l'absence d'information complémentaire, la réponse est : aucune. En
général, l'estimation consistera en un mélange indistinct des deux relations. Chacune est
fondamentale dans sa discipline respective ; l'estimation empirique peut n'avoir aucune
valeur pour chacune. Le problème de l'identification rend suspectes de telles relations.
Selon ma propre expérience, il est plus facile d'obtenir une relation de pente positive
entre la p.u.e. et l'effort, indice d'un "signal" dominant de la relation offre/effort. Il esl
possible de filtrer le mélange. Pour cela, il est nécessaire de spécifier les deux relations
et de disposer d'observations sur les variables exogènes pertinentes qui affectent une
relation, et pas l'autre. Pour le biologiste, ces variables exogènes pourront être des
variables relatives à l'environnement, au recrutement, à la structure démographique du
stock, etc. Pour l'économiste, ce seront les taux d'intérêt et le coût de construction des
bateaux. Le point important ici est qu'aucune relation ne peut être estimée
correctement indépendamment de l'autre.
Ainsi conçoit-on que la validation des modèles pose la question de la définition
d'hypothèses "réalistes". Devant ce problème, deux attitudes extrêmes sont possibles :
- le réalisme des hypothèses n'est, en général, pas une question pertinente ; seule
compte l'exactitude de l'estimation des variables étudiées, ou,
- la validité d'un modèle ne peut être établie, en partie, que sur le réalisme de ses
hypothèses de départ.
Il est évident que, toutes choses égales par ailleurs, des hypothèses réalistes sont
plus satisfaisantes que des propositions aprioristes. Mais, si le modèle basé sur des
hypothèses réalistes esl considérablement plus complexe et conduit aux mêmes
estimations des variables étudiées, quel modèle faut-il alors préférer ? Les deux
attitudes peuvenl être appréciées sur des critères de suffisance et de nécessité. Une
condition est nécessaire si l'on aboutit à l'invalidation complète de la théorie ou du
modèle lorsqu'elle n'est pas vérifiée. Une condition est suffisante lorsqu'elle renforce
une théorie ou un modèle, sans lui être nécessaire. Les partisans de la première attitude
font valoir que la suffisance des hypothèses est un facteur de simplicité : il permet de
dériver des résultats stables, qui sont alors consistants ou inconsistants avec les résultats
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