13 - Les modèles bioéconomiques
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baleines. Cette valeur peut être évaluée. Les chasseurs de baleine ne peuvent réaliser
cette valeur. Il est donc logique qu'ils l'ignorent. Mais les économistes résolvent ce
problème, non pas en négligeant le taux d'actualisation, mais en prenant en compte
explicitement la valeur que la société attache à l'existence de ces stocks.
Finalement, si le coût élevé de l'acier, du capital ou de la main-d'oeuvre rend la
conservation "économiquement" inefficiente, la société peut décider de passer outre le
critère d'efficacité économique et opter pour un niveau de conservation supérieur. On
ne doit pas pour autant nier l'utilité générale de l'appréciation de tout facteur de
production et, notamment, du capital. Le taux d'actualisation est le prix qu'il faut payer
pour amener les consommateurs à différer leur consommation aujourd'hui, pour jouir
d'une consommation supérieure demain. Si, pour une raison quelconque, les critères de
conservation paraissent inadéquats, on peut penser que le risque d'extinction se situe
dans une surévaluation du prix de l'acier ou de la main d'oeuvre. On ne peut pour
autant l'imputer au concept d'actualisation. Dans bien des cas, un taux élevé
d'actualisation jouera en faveur de la conservation. On a montré, par exemple, que
c'était par l'emploi de taux d'actualisation artificiellement bas que l'on avait pu tenter
de justifier les conséquences écologiques néfastes de vastes projets de mise en valeur de
nappes aquifères. Un bon usage des méthodes d'actualisation a de bonnes chances de
contribuer à un accroissement, et non à une diminution, des richesses réelles futures.
La présentation, nécessairement succinte, de ces quelques exemples, s'appuie sur
un vaste champ de la théorie économique. Cela la rend quelque peu ardue. Ceux qui
côtoient les économistes savent que ces derniers débatent couramment de ces
questions. On peut regretter que la science économique, et mes propres explications, ne
soient pas plus simples.
La rigueur est une condition de l'élaboration de la théorie. Il pourra en être de
même, occasionnellement, pour les explications. Mais, en général, les moyens
disponibles pour l'analyse économique sont réduits. Ceci oblige à choisir, comme
indicateurs pour l'étude des problèmes d'économie halieutique, ceux pour lesquels des
données existent déjà. Parmi les indices que l'économiste peut utiliser figurent, par
exemple, la baisse des prises par unité d'effort (p.u.c), l'augmentation du nombre et/ou
du tonnage des bateaux dont les captures restent stables, l'évolution des comptes
d'exploitation, le taux de retard dans le remboursement des emprunts, etc. Aucun de
ces indices ne peut, seul, fournir une conclusion probante, mais ils peuvent prévenir de
l'émergence possible de certains problèmes. Dans cette situation fréquente
d'insuffisance d'information, les concepts les plus rigoureux, même s'ils ne peuvent pas
toujours être appliqués, permettent de déceler les imperfections dans les indices que
l'on est contraint d'utiliser.
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baleines. Cette valeur peut être évaluée. Les chasseurs de baleine ne peuvent réaliser
cette valeur. Il est donc logique qu'ils l'ignorent. Mais les économistes résolvent ce
problème, non pas en négligeant le taux d'actualisation, mais en prenant en compte
explicitement la valeur que la société attache à l'existence de ces stocks.
Finalement, si le coût élevé de l'acier, du capital ou de la main-d'oeuvre rend la
conservation "économiquement" inefficiente, la société peut décider de passer outre le
critère d'efficacité économique et opter pour un niveau de conservation supérieur. On
ne doit pas pour autant nier l'utilité générale de l'appréciation de tout facteur de
production et, notamment, du capital. Le taux d'actualisation est le prix qu'il faut payer
pour amener les consommateurs à différer leur consommation aujourd'hui, pour jouir
d'une consommation supérieure demain. Si, pour une raison quelconque, les critères de
conservation paraissent inadéquats, on peut penser que le risque d'extinction se situe
dans une surévaluation du prix de l'acier ou de la main d'oeuvre. On ne peut pour
autant l'imputer au concept d'actualisation. Dans bien des cas, un taux élevé
d'actualisation jouera en faveur de la conservation. On a montré, par exemple, que
c'était par l'emploi de taux d'actualisation artificiellement bas que l'on avait pu tenter
de justifier les conséquences écologiques néfastes de vastes projets de mise en valeur de
nappes aquifères. Un bon usage des méthodes d'actualisation a de bonnes chances de
contribuer à un accroissement, et non à une diminution, des richesses réelles futures.
La présentation, nécessairement succinte, de ces quelques exemples, s'appuie sur
un vaste champ de la théorie économique. Cela la rend quelque peu ardue. Ceux qui
côtoient les économistes savent que ces derniers débatent couramment de ces
questions. On peut regretter que la science économique, et mes propres explications, ne
soient pas plus simples.
La rigueur est une condition de l'élaboration de la théorie. Il pourra en être de
même, occasionnellement, pour les explications. Mais, en général, les moyens
disponibles pour l'analyse économique sont réduits. Ceci oblige à choisir, comme
indicateurs pour l'étude des problèmes d'économie halieutique, ceux pour lesquels des
données existent déjà. Parmi les indices que l'économiste peut utiliser figurent, par
exemple, la baisse des prises par unité d'effort (p.u.c), l'augmentation du nombre et/ou
du tonnage des bateaux dont les captures restent stables, l'évolution des comptes
d'exploitation, le taux de retard dans le remboursement des emprunts, etc. Aucun de
ces indices ne peut, seul, fournir une conclusion probante, mais ils peuvent prévenir de
l'émergence possible de certains problèmes. Dans cette situation fréquente
d'insuffisance d'information, les concepts les plus rigoureux, même s'ils ne peuvent pas
toujours être appliqués, permettent de déceler les imperfections dans les indices que
l'on est contraint d'utiliser.
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