13 - Les modèles bioéconomiques
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La description de ce scénario n'implique pas de jugement normatif, en vertu
duquel les pêcheurs devraient éviter de dissiper le surplus des producteurs. La décision
leur revient. Cependant, la médaille a son revers : la dissipation de cette plus-value
prive d'autres secteurs de l'économie nationale de ressources rares. Pour la puissance
publique, la dissipation dans la pêche du surplus des producteurs est également
fâcheuse, car elle coûte indirectement aux consommateurs. Pour chaque pêcheur,
comme celui de notre exemple, les consommateurs perdent potentiellement 0,25 n de
biens et de services supplémentaires qui pourraient être créés si l'accès à la pêche était
régulé. Vue sous cet angle, la dissipation du surplus des producteurs a des implications
normatives : les politiques publiques qui ne réduisent le pouvoir d'achat des
consommateurs, ni directement, ni indirectement, devraient être préférées. Cependant,
l'intervention de l'Etat ne se justifie, en termes économiques, que si le bénéfice réalisé
dépasse le coût de l'aménagement et de l'application des mesures qui conditionnent la
réalisation de la plus-value.
2.3. Implications sociales
On oppose fréquemment leurs conclusions à ce type d'analyse économique :
selon ces modèles, un certain nombre de personnes "devrait" changer de mode de vie.
C'est là une interprétation trop littérale. Dans la pratique, la situation courante d'une
pêcherie importe moins que son état probable dans vingt ou trente ans, si les choses
sont laissées en l'état. Vue sous cet angle, la perspective change : au lieu d'envisager des
politiques perturbatrices sur le plan social, on considère alors des politiques susceptibles
de réduire le risque de perturbations futures. S'il s'avère que les personnes concernées
rencontrent des difficultés à quitter une occupation ou une région où les revenus sont
bas, les ajustements devront être progressifs et pourront justifier des mesures
d'accompagnement. Si le marin de notre exemple précédent ne pouvait trouver
d'emploi ailleurs, cela signifie que son coût d'opportunité réel est nul. Toutefois, une
telle éventualité ne peut servir de prétexte pour ne pas envisager les différentes
alternatives possibles. Il n'est pas plausible que chaque pêcheur ait toujours un coût
d'opportunité nul. Si l'on regarde l'avenir, est-il sage d'encourager une expansion basée
sur une ressource déjà surexploitée ? Ne serait-il préférable de limiter la flottille à sa
capacité actuelle et d'aider à la conversion géographique et professionnelle des
personnes les plus mobiles ? N'y aurait-il pas lieu de promouvoir d'autres activités
économiques dans la région ? Ce sont là des questions difficiles. On ne peut
raisonnablement attendre des administrations chargées de la pêche qu'elles s'attaquent
aux problèmes structuraux du secteur d'activité dont elles sont responsables sans une
politique d'appui. En revanche, ces administrations ont à sensibiliser les niveaux
gouvernementaux concernés par ces questions.
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La description de ce scénario n'implique pas de jugement normatif, en vertu
duquel les pêcheurs devraient éviter de dissiper le surplus des producteurs. La décision
leur revient. Cependant, la médaille a son revers : la dissipation de cette plus-value
prive d'autres secteurs de l'économie nationale de ressources rares. Pour la puissance
publique, la dissipation dans la pêche du surplus des producteurs est également
fâcheuse, car elle coûte indirectement aux consommateurs. Pour chaque pêcheur,
comme celui de notre exemple, les consommateurs perdent potentiellement 0,25 n de
biens et de services supplémentaires qui pourraient être créés si l'accès à la pêche était
régulé. Vue sous cet angle, la dissipation du surplus des producteurs a des implications
normatives : les politiques publiques qui ne réduisent le pouvoir d'achat des
consommateurs, ni directement, ni indirectement, devraient être préférées. Cependant,
l'intervention de l'Etat ne se justifie, en termes économiques, que si le bénéfice réalisé
dépasse le coût de l'aménagement et de l'application des mesures qui conditionnent la
réalisation de la plus-value.
2.3. Implications sociales
On oppose fréquemment leurs conclusions à ce type d'analyse économique :
selon ces modèles, un certain nombre de personnes "devrait" changer de mode de vie.
C'est là une interprétation trop littérale. Dans la pratique, la situation courante d'une
pêcherie importe moins que son état probable dans vingt ou trente ans, si les choses
sont laissées en l'état. Vue sous cet angle, la perspective change : au lieu d'envisager des
politiques perturbatrices sur le plan social, on considère alors des politiques susceptibles
de réduire le risque de perturbations futures. S'il s'avère que les personnes concernées
rencontrent des difficultés à quitter une occupation ou une région où les revenus sont
bas, les ajustements devront être progressifs et pourront justifier des mesures
d'accompagnement. Si le marin de notre exemple précédent ne pouvait trouver
d'emploi ailleurs, cela signifie que son coût d'opportunité réel est nul. Toutefois, une
telle éventualité ne peut servir de prétexte pour ne pas envisager les différentes
alternatives possibles. Il n'est pas plausible que chaque pêcheur ait toujours un coût
d'opportunité nul. Si l'on regarde l'avenir, est-il sage d'encourager une expansion basée
sur une ressource déjà surexploitée ? Ne serait-il préférable de limiter la flottille à sa
capacité actuelle et d'aider à la conversion géographique et professionnelle des
personnes les plus mobiles ? N'y aurait-il pas lieu de promouvoir d'autres activités
économiques dans la région ? Ce sont là des questions difficiles. On ne peut
raisonnablement attendre des administrations chargées de la pêche qu'elles s'attaquent
aux problèmes structuraux du secteur d'activité dont elles sont responsables sans une
politique d'appui. En revanche, ces administrations ont à sensibiliser les niveaux
gouvernementaux concernés par ces questions.
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