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J.M. Gales
contrats, etc. Ces dispositions contribuent à l'utilisation efficace des ressources, y
compris à leur conservation. Ainsi, un fermier ne peut raisonnablement stocker les
graines dont il aura besoin pour ensemencer ses champs l'année suivante, que si des
droits de propriété protègent ses semences de la convoitise de ses voisins, comme du
vol. Dans une pêcherie ouverte à tous, chaque pêcheur pourrait choisir délibérément de
pêcher moins de poisson que sa capacité de capture ne le lui permet, dans le but
d'accroître ses prises les années suivantes. Mais il serait stupide de le faire à moins
qu'un accord collectif ne lie tous les pêcheurs exploitant le même stock à faire de même
et leur fournisse la garantie que des intrus ne viendront pas ponctionner les bénéfices
qu'ils peuvent escompter de leur coopération. D'une certaine façon, l'économie de
l'aménagement des pêches analyse les gains que l'on peut attendre de l'adoption et de la
mise en oeuvre d'accords collectifs de ce genre. A défaut, les modèles bioéconomiques
décrivent, et parfois chiffrent, le manque à gagner pour la collectivité, qui résulte de
l'incapacité d'aboutir à de tels accords, c'est-à-dire de la perpétuation du régime de
libre accès.
2.2. La rente économique
Par économie d'expression, on a coutume de mesurer cette perte par la "rente
économique" dissipée. Une raison du choix de cette mesure réside dans le fait que le
manque à gagner concerne directement les pêcheurs. Il est dommage pour l'économie
que des termes comme ceux de "profit" et de "rente" aient un sens similaire dans les
conversations courantes. Pour les économistes, ils n'ont pas le même sens que pour
l'homme de la rue. Inévitablement, des méprises en résultent. Pour éviter toute
confusion avec un terme non technique, l'emploi de l'expression "surplus des
producteurs" serait préférable à celle de "rente économique". Le "surplus des
producteurs" mesure l'excédent de gains pour les équipages, les capitaines et les
armateurs, par rapport à ce qu'ils pourraient gagner ailleurs que dans la pêcherie où ils
opèrent (coût d'opportunité). Cette mesure diffère de leurs gains pécuniers courants.
Prenons l'exemple hypothétique d'un marin qui gagne n francs par an. Supposons que,
dans son port d'attache et dans tous les secteurs autres que la pêche, le salaire moyen
soit de 0,75 n francs. Le surplus du producteur de ce pêcheur est, dans ces conditions,
de 0,25 n francs. Avec un système de rémunérations à la part, courant dans la pêche, le
pêcheur peut également bénéficier d'un excédent analogue au titre de sa participation
au capital ; les investisseurs et les gérants d'armements peuvent de la même façon
bénéficier de revenus supérieurs (parts et primes attribuées aux capitaines), différents
de ce qu'ils pourraient gagner dans les autres secteurs économiques. Lorsque l'accès à
une pêcherie est libre, le nombre de pêcheurs et les capacités de capture auront
tendance à croître au point d'entraîner une baisse excessive des prises par unité d'effort,
une augmentation du prix unitaire du poisson et la dissipation totale du surplus des
producteurs. Le résultat sera que le gain de notre homme d'équipage tendra vers 0,75 n
francs, au lieu de n francs, par an.
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contrats, etc. Ces dispositions contribuent à l'utilisation efficace des ressources, y
compris à leur conservation. Ainsi, un fermier ne peut raisonnablement stocker les
graines dont il aura besoin pour ensemencer ses champs l'année suivante, que si des
droits de propriété protègent ses semences de la convoitise de ses voisins, comme du
vol. Dans une pêcherie ouverte à tous, chaque pêcheur pourrait choisir délibérément de
pêcher moins de poisson que sa capacité de capture ne le lui permet, dans le but
d'accroître ses prises les années suivantes. Mais il serait stupide de le faire à moins
qu'un accord collectif ne lie tous les pêcheurs exploitant le même stock à faire de même
et leur fournisse la garantie que des intrus ne viendront pas ponctionner les bénéfices
qu'ils peuvent escompter de leur coopération. D'une certaine façon, l'économie de
l'aménagement des pêches analyse les gains que l'on peut attendre de l'adoption et de la
mise en oeuvre d'accords collectifs de ce genre. A défaut, les modèles bioéconomiques
décrivent, et parfois chiffrent, le manque à gagner pour la collectivité, qui résulte de
l'incapacité d'aboutir à de tels accords, c'est-à-dire de la perpétuation du régime de
libre accès.
2.2. La rente économique
Par économie d'expression, on a coutume de mesurer cette perte par la "rente
économique" dissipée. Une raison du choix de cette mesure réside dans le fait que le
manque à gagner concerne directement les pêcheurs. Il est dommage pour l'économie
que des termes comme ceux de "profit" et de "rente" aient un sens similaire dans les
conversations courantes. Pour les économistes, ils n'ont pas le même sens que pour
l'homme de la rue. Inévitablement, des méprises en résultent. Pour éviter toute
confusion avec un terme non technique, l'emploi de l'expression "surplus des
producteurs" serait préférable à celle de "rente économique". Le "surplus des
producteurs" mesure l'excédent de gains pour les équipages, les capitaines et les
armateurs, par rapport à ce qu'ils pourraient gagner ailleurs que dans la pêcherie où ils
opèrent (coût d'opportunité). Cette mesure diffère de leurs gains pécuniers courants.
Prenons l'exemple hypothétique d'un marin qui gagne n francs par an. Supposons que,
dans son port d'attache et dans tous les secteurs autres que la pêche, le salaire moyen
soit de 0,75 n francs. Le surplus du producteur de ce pêcheur est, dans ces conditions,
de 0,25 n francs. Avec un système de rémunérations à la part, courant dans la pêche, le
pêcheur peut également bénéficier d'un excédent analogue au titre de sa participation
au capital ; les investisseurs et les gérants d'armements peuvent de la même façon
bénéficier de revenus supérieurs (parts et primes attribuées aux capitaines), différents
de ce qu'ils pourraient gagner dans les autres secteurs économiques. Lorsque l'accès à
une pêcherie est libre, le nombre de pêcheurs et les capacités de capture auront
tendance à croître au point d'entraîner une baisse excessive des prises par unité d'effort,
une augmentation du prix unitaire du poisson et la dissipation totale du surplus des
producteurs. Le résultat sera que le gain de notre homme d'équipage tendra vers 0,75 n
francs, au lieu de n francs, par an.
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