12 - La consen'ation de la qualité des milieux littoraux
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germes sont lourdes et longues. Enfin, en l'état actuel du développement des méthodes,
on ne dispose pas de toutes les techniques requises pour l'identification et le
dénombrement courants des virus. Cependant, l'existence de relations entre
l'abondance des germes d'origine fécale et celle des pathogènes permet de concevoir et
d'utiliser une méthode plus économe en moyens, dans la mesure où elle évite la
recherche systématique de tous les agents pathogènes potentiels.
Ainsi, sont uniquement mais systématiquement recherchés des germes
caractéristiques de la flore entérique : coliformes et streptocoques fécaux. Leur
présence témoigne d'une contamination d'origine fécale (germes "témoins" ou "tests").
L'importance des numérations obtenues permet de présumer d'une probabilité plus ou
moins grande de présence de pathogènes et d'orienter les vérifications complémentaires
(recherche de salmonelles) et les mesures administratives (classement des secteurs
insalubres, destination des produits). L'approche colimétrique a toutefois ses limites. La
critique majeure qui lui est faite tient à l'existence de comportements différents en
milieu marin des groupes de germes. Si, effectivement, le constat, par germes "tests'
interposés, de l'existence à un moment donné d'une forte contamination fécale indique
la présence probable de pathogènes, l'appréciation ultérieure de cette contamination
par les seuls germes témoins est sujette à caution (pas de corrélation connue avec le
devenir des virus).
3.4.2. Contamination par les micropolluants
Les métaux, les hydrocarbures et diverses substances organiques de synthèse
s'accumulent dans les tissus animaux dont ils peuvent rendre la consommation
dangereuse pour l'homme ou altérer leur qualité gustative. Les très graves intoxications
alimentaires dues à la consommation de poisson contaminé par le mercure à Minamata
et par le cadmium à Itai Itai (Japon) ont fait prendre conscience du danger sérieux que
présente le déversement de métaux lourds dans les eaux littorales.
De tous les métaux, le mercure est le seul dont les concentrations soient
biomagnifiées dans la chaîne trophique. Sous l'action des bactéries des sédiments, le
mercure inorganique est solubilisé sous la forme de Hg
2 \ puis transformé par
biométhylation en mercure organique. Le cycle biogéochimique (fig. 12.2) de cet
élément montre qu'il s'accumule sous forme de diméthylmercure dans les mollusques,
et de méthylmercure chez les poissons. Les proportions en mercure méthylé par rapport
au mercure total sont de l'ordre de 50 % chez les mollusques, et supérieures à 80 %
chez les poissons grands carnassiers, comme les thons. De plus, la forme méthylée du
mercure est notablement plus toxique pour les mammifères que le mercure
inorganique : selon l'OMS, la dose hebdomadaire ingérable par l'homme est de 0, 3 mg
de Hg, dont moins de 0, 2 mg sous forme de méthylmercure.
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