- coopération à l'apprentissage et partage de l'information et de l'incertitude, de
façon à égaliser, au sein de chaque communauté, les chances d'accessibilité aux
ressources ;
- cohésion interne, rendue nécessaire par l'interdépendance indispensable à la
survie ;
- apparition de droits d'usage exclusif lorsque la pression sur les ressources
devient forte ;
- contrôle de leur accès par l'exclusion sociale, parfois spatiale, des allochtones,
sans que l'étendue géographique des territoires communaux corresponde à l'aire
d'extension des ressources unitaires.
Le caractère commun des systèmes d'exploitation et d'aménagement résulte des
modes de contrôle social nécessaires aux activités productives, plus qu'elle n'est
imposée par les caractéristiques des ressources naturelles renouvelables, comme leur
indivisibilité ou leur fluidité. Le contrôle de l'accès aux ressources passe par celui des
individus (parenté, serfs, esclaves). La force des structures et des rapports sociaux au
sein des systèmes coutumiers, comme le rôle qu'ils jouent dans les relations
particulières entre la communauté et les ressources, en résultent :
"... la famille ne dispose normalement pas des ressources (cultures, pâturages,
territoires de chasse et de pêche) de façon exclusive. Mais, à travers la possession par
des groupes plus larges, ou d'autorités supérieures, par l'intermédiaire même d'une telle
possession, la famille conserve la relation primaire avec la ressource productive.
Lorsque les ressources ne sont pas divisées, le groupe jouit d'un accès sans entraves ;
quand la terre est allouée, il dispose d'un droit sur une part convenable... La famille
jouit de l'usufruit, d'un droit d'usage, ... Les producteurs déterminent quotidiennement
comment la terre doit être utilisée. La priorité de l'appropriation et la disposition des
produits leur reviennent... Tout ceci ne peut être ni dénié, ni réduit : le droit de la
famille, en tant que membre du groupe propriétaire ou de la communauté, à exploiter
directement et indépendamment pour ses besoins propres une part qui lui est due des
ressources sociales" (Marshall Sahlins 1974).
Ainsi, les systèmes coutumiers réussissaient, par le contrôle social, à réguler
l'accès aux ressources et, lorsque cela s'avérait nécessaire, à l'espace, et à définir et à
faire appliquer des règles internes pour l'attribution des sites de chasse ou de pêche et
le partage des produits. Ces préoccupations et ces performances contrastent avec celles
de l'aménagement de la pêche tel qu'il est pratiqué aujourd'hui dans le monde
occidental. Ces systèmes apportaient des solutions fonctionnelles aux problèmes
suscités par la compétition pour l'accès aux ressources, sur lesquels butent nos régimes ;
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