1 - Les pêches et les cultures marines
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En se ralliant au nouveau Droit de la mer, les administrations nationales
penchèrent implicitement en faveur de la première solution. Leur "naturalisation"
placeraient les pêcheries sous leur autorité, supposée capable de prendre les décisions
d'allocation nécessaires à l'amélioration de l'état économique et social des pêcheries
que les commissions halieutiques régionales n'avaient pu imposer.
3.3. L'éclairage de l'anthropologie sociale
A la même époque apparut, au sein de la communauté scientifique s'intéressant
aux pêches, une curiosité nouvelle pour les aspects institutionnels de l'aménagement des
ressources renouvelables. Les chercheurs halieutes réalisèrent qu'il existait déjà un
capital latent de connaissances dans les travaux, à finalité non halieutique, sur les
sociétés autochtones (indigènes, tribales, rurales, traditionnelles, artisanales, paysannes)
et leurs systèmes coutumiers précapitalistes, précoloniaux et préindustriels. Tirant leur
subsistance des écosystèmes naturels, ces sociétés avaient élaboré, par essais et erreurs
successifs, des réponses aux problèmes particuliers que pose l'usage des ressources
renouvelables. On trouvera dans McGoodwin (1984) une revue des travaux relatifs au
domaine des pêches.
McGoodwin fait remarquer que la vision rousseauiste de communautés vivant en
harmonie avec la nature n'est pas toujours exempte d'angélisme. L'arrivée, en
Amérique du Nord, 9 500 ans avant J.C., de peuples de chasseurs entraîna le massacre
et l'extermination, en moins de mille ans, de 30 genres de grands mammifères (Martin
1973). Tant que les densités humaines restaient faibles par rapport aux ressources
disponibles, ni leur conservation, ni l'aménagement de leurs usages ne soulevaient de
problèmes particuliers. C'est ainsi que, sur la base du temps qu'elles consacraient aux
activités de cueillette et de chasse, on a pu parler de l'aisance des sociétés primitives
(Marshall Sahlins 1974).
L'usage des ressources imposait la coopération. Des systèmes de coutumes et de
règles s'élaborèrent. Elles évoluèrent avec la croissance démographique et la pression
sur les ressources. Sous des expressions différentes, un certain nombre de solutions
communes se retrouve dans les divers systèmes coutumiers :
- pluralisme des ressources et des usages : les communautés exploitent
simultanément les différents écosystèmes disponibles dans un même espace ; avec leur
propre mobilité, cette diversification leur permet de réduire les effets de la variabilité
individuelle des différentes ressources ;
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En se ralliant au nouveau Droit de la mer, les administrations nationales
penchèrent implicitement en faveur de la première solution. Leur "naturalisation"
placeraient les pêcheries sous leur autorité, supposée capable de prendre les décisions
d'allocation nécessaires à l'amélioration de l'état économique et social des pêcheries
que les commissions halieutiques régionales n'avaient pu imposer.
3.3. L'éclairage de l'anthropologie sociale
A la même époque apparut, au sein de la communauté scientifique s'intéressant
aux pêches, une curiosité nouvelle pour les aspects institutionnels de l'aménagement des
ressources renouvelables. Les chercheurs halieutes réalisèrent qu'il existait déjà un
capital latent de connaissances dans les travaux, à finalité non halieutique, sur les
sociétés autochtones (indigènes, tribales, rurales, traditionnelles, artisanales, paysannes)
et leurs systèmes coutumiers précapitalistes, précoloniaux et préindustriels. Tirant leur
subsistance des écosystèmes naturels, ces sociétés avaient élaboré, par essais et erreurs
successifs, des réponses aux problèmes particuliers que pose l'usage des ressources
renouvelables. On trouvera dans McGoodwin (1984) une revue des travaux relatifs au
domaine des pêches.
McGoodwin fait remarquer que la vision rousseauiste de communautés vivant en
harmonie avec la nature n'est pas toujours exempte d'angélisme. L'arrivée, en
Amérique du Nord, 9 500 ans avant J.C., de peuples de chasseurs entraîna le massacre
et l'extermination, en moins de mille ans, de 30 genres de grands mammifères (Martin
1973). Tant que les densités humaines restaient faibles par rapport aux ressources
disponibles, ni leur conservation, ni l'aménagement de leurs usages ne soulevaient de
problèmes particuliers. C'est ainsi que, sur la base du temps qu'elles consacraient aux
activités de cueillette et de chasse, on a pu parler de l'aisance des sociétés primitives
(Marshall Sahlins 1974).
L'usage des ressources imposait la coopération. Des systèmes de coutumes et de
règles s'élaborèrent. Elles évoluèrent avec la croissance démographique et la pression
sur les ressources. Sous des expressions différentes, un certain nombre de solutions
communes se retrouve dans les divers systèmes coutumiers :
- pluralisme des ressources et des usages : les communautés exploitent
simultanément les différents écosystèmes disponibles dans un même espace ; avec leur
propre mobilité, cette diversification leur permet de réduire les effets de la variabilité
individuelle des différentes ressources ;
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