11 - Pathologie des mollusques bivalves et protection des cheptels coquilliers
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morphologie des animaux élevés. C'est pourquoi, indépendamment des difficultés de
diagnostic déjà évoquées, le dépistage d'une maladie doit s'appuyer sur un plan
d'analyse épidémiologique, destiné à répondre aux questions suivantes : quelle est la
répartition géographique de la maladie ? quelle est la période d'infection ? quelle est sa
cinétique de propagation ?
Ces questions, qui n'ont rien d'original en pathologie, nécessitent cependant la
mise en oeuvre de procédés et de techniques adaptés aux mollusques, notamment pour
l'épidémiologie analytique. Les observations spatio-temporelles donnent des clichés
successifs de l'évolution de la maladie. La dynamique de cette dernière permet
d'émettre, par analogie, des hypothèses sur la nature de l'agent causal. Ces hypothèses
peuvent ensuite être vérifiées par des observations complémentaires et des expériences
de laboratoire. Ce travail permet simultanément d'informer la profession et
l'administration sur la localisation de la maladie, son évolution, sa morbidité et ses taux
de mortalité. Les données, sur lesquelles il existe une littérature abondante (Andrews et
al. 1962, Balouet et al. 1979, Comps 1970, Farley 1975, Grizel and Tige 1982),
conduisent à définir des mesures prophylactiques zoosanitaires appropriées. En
pratique, lorsqu'il s'agit d'un agent pathogène non recensé, les difficultés se situent, d'un
côté, au niveau des connaissances nécessaires à la compréhension du rôle de l'agent
pathogène et, de l'autre, au niveau de la capacité de l'administration et de la profession
à prendre et à appliquer les mesures préconisées.
Après cette première étape, qui peut être décisive si l'agent infectieux est très
virulent, des recherches plus poussées et plus longues peuvent être entreprises pour
mettre au point des prophylaxies zootechniques. La connaissance du cycle de
développement, en particulier la période d'infection, et la reproduction expérimentale
de la maladie ont fait l'objet de travaux qui ont abouti à l'élaboration de modèles
expérimentaux spécifiques des mollusques. Ces expériences sont réalisées par
l'introduction de coquillages provenant de zones réputées non contaminées dans des
secteurs où sévit la maladie. Des infections expérimentales in situ ont été ainsi obtenues
par Andrews et al. (1962) pour Minchinia costalis, parasite de l'huître de Virginie
{Crassoslrea virginica). Couch et Rosenfield (1968) ont pu, par des introductions
répétées de lots sains, déterminer la période d'apparition des premiers stades de M.
nelsoni et de M. costalis, et préciser le cycle de leur développement. Pour remédier aux
inconvénients d'intervalles importants entre les introductions successives, Grizel et Tige
(1979) ont adopté un protocole plus complexe qui leur a permis de démontrer qu'en
Bretagne, la période d'infection de l'huître plate par M. refringens se limitait à l'été, le
seuil inférieur de température se situant autour de 17°C. Des observations effectuées
par Comps (1979) en Méditerranée ont confirmé ce résultat. L'utilisation par Tige et
Grizel (1984) du même modèle expérimental a montré que B. ostreae était infectieux
toute l'année, les symptômes de la maladie étant décelables 3 à 4 mois après
l'introduction des huîtres dans une rivière contaminée. Cette durée, plus ou moins
longue, de la période d'infection permet, comme dans le cas de la marteiliose,
•
*-—•»
EFREMER-SDP
401
Centre de BREST
Bibliothèque
? 70-29263 PL0UZANE
;
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morphologie des animaux élevés. C'est pourquoi, indépendamment des difficultés de
diagnostic déjà évoquées, le dépistage d'une maladie doit s'appuyer sur un plan
d'analyse épidémiologique, destiné à répondre aux questions suivantes : quelle est la
répartition géographique de la maladie ? quelle est la période d'infection ? quelle est sa
cinétique de propagation ?
Ces questions, qui n'ont rien d'original en pathologie, nécessitent cependant la
mise en oeuvre de procédés et de techniques adaptés aux mollusques, notamment pour
l'épidémiologie analytique. Les observations spatio-temporelles donnent des clichés
successifs de l'évolution de la maladie. La dynamique de cette dernière permet
d'émettre, par analogie, des hypothèses sur la nature de l'agent causal. Ces hypothèses
peuvent ensuite être vérifiées par des observations complémentaires et des expériences
de laboratoire. Ce travail permet simultanément d'informer la profession et
l'administration sur la localisation de la maladie, son évolution, sa morbidité et ses taux
de mortalité. Les données, sur lesquelles il existe une littérature abondante (Andrews et
al. 1962, Balouet et al. 1979, Comps 1970, Farley 1975, Grizel and Tige 1982),
conduisent à définir des mesures prophylactiques zoosanitaires appropriées. En
pratique, lorsqu'il s'agit d'un agent pathogène non recensé, les difficultés se situent, d'un
côté, au niveau des connaissances nécessaires à la compréhension du rôle de l'agent
pathogène et, de l'autre, au niveau de la capacité de l'administration et de la profession
à prendre et à appliquer les mesures préconisées.
Après cette première étape, qui peut être décisive si l'agent infectieux est très
virulent, des recherches plus poussées et plus longues peuvent être entreprises pour
mettre au point des prophylaxies zootechniques. La connaissance du cycle de
développement, en particulier la période d'infection, et la reproduction expérimentale
de la maladie ont fait l'objet de travaux qui ont abouti à l'élaboration de modèles
expérimentaux spécifiques des mollusques. Ces expériences sont réalisées par
l'introduction de coquillages provenant de zones réputées non contaminées dans des
secteurs où sévit la maladie. Des infections expérimentales in situ ont été ainsi obtenues
par Andrews et al. (1962) pour Minchinia costalis, parasite de l'huître de Virginie
{Crassoslrea virginica). Couch et Rosenfield (1968) ont pu, par des introductions
répétées de lots sains, déterminer la période d'apparition des premiers stades de M.
nelsoni et de M. costalis, et préciser le cycle de leur développement. Pour remédier aux
inconvénients d'intervalles importants entre les introductions successives, Grizel et Tige
(1979) ont adopté un protocole plus complexe qui leur a permis de démontrer qu'en
Bretagne, la période d'infection de l'huître plate par M. refringens se limitait à l'été, le
seuil inférieur de température se situant autour de 17°C. Des observations effectuées
par Comps (1979) en Méditerranée ont confirmé ce résultat. L'utilisation par Tige et
Grizel (1984) du même modèle expérimental a montré que B. ostreae était infectieux
toute l'année, les symptômes de la maladie étant décelables 3 à 4 mois après
l'introduction des huîtres dans une rivière contaminée. Cette durée, plus ou moins
longue, de la période d'infection permet, comme dans le cas de la marteiliose,
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