1 - Les pêches et les cultures marines
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Des analyses similaires montrèrent que, toujours au niveau de la pêcherie, la
maximisation des bénéfices sociaux dépend également du taux d'exploitation global (fig.
18.1b). Ce maximum est généralement obtenu pour un effort de pêche supérieur à celui
du maximum économique et inférieur au maximum soutenu de production pondérale. Il
n'existe aucune raison particulière pour que sa réalisation coïncide avec ce maximum de
production pondérale (chapitre 18).
De façon plus générale, le développement des modèles bio-économiques a
permis de quantifier les rapports entre les différents facteurs de production (ressource,
capital, travail), comme entre production et consommation des produits. Ainsi, des
outils efficaces permettent d'analyser les termes de l'allocation de ressources rares que
constituent, avec les stocks halieutiques, le capital et la main d'oeuvre. La rente du
propriétaire peut être distinguée de la plus-value des producteurs, comme de celle des
consommateurs (Copes 1970).
Le premier résultat de ces travaux fut de remettre en cause le choix de la
maximisation de la production, comme objectif unique de l'aménagement. Il aboutit en
effet à une aberration économique, puisqu'il revient à considérer comme nuls les coûts
de production, ce qui se traduit obligatoirement par des manques à gagner
économiques et sociaux substantiels. Plus généralement, les analyses économiques
montrent que la conservation des ressources n'est qu'une condition, et non une fin en
soi, de l'aménagement des pêcheries. "L'aménagement des pêcheries est effectué pour
le bénéfice de l'homme, et non du poisson ; en conséquence, l'impact des mesures
d'aménagement sur les stocks de poissons ne peut être considéré comme bénéfique en
soi" (Burkenroad 1952). "Le problème va au-delà des facteurs biologiques. La finalité
d'une pêcherie est l'usage, par l'homme, d'une source de nourriture" (Gordon 1953).
Malheureusement, tant que subsiste le régime d'accès libre et gratuit aux
ressources, les bénéfices économiques et sociaux sont voués à être gaspillés. Pour des
niveaux modérés d'exploitation tels qu'on les observe au début de l'intensification de la
pêche, les pêcheries peuvent produire des rentes élevées. Chaque armement est alors
poussé à accroître ses capacités de capture pour en acquérir une part supérieure.
Classiquement, les investissements se poursuivent jusqu'à la dissipation totale de la
rente, par mobilisation de capitaux et de main d'oeuvre superflus. Un mauvais usage de
ressources rares en résulte. Contrairement à ce qui passe dans l'agriculture, par
exemple, où chaque paysan est maître du volume des équipements, de la main
d'oeuvre, ... qu'il mobilise pour exploiter sa terre, la concurrence entre armements se
double dans la pêche d'un terme additionnel : la compétition pour l'appropriation des
ressources et de la rente. Cette compétition provient de la carence des institutions
nécessaires pour limiter l'accès. Elle est à l'origine de la dynamique de surpêche. Elle
entraîne que, pour chaque armement, le coût de production d'une même quantité de
poisson ne dépend pas seulement de la qualité de sa gestion, de l'expérience de ses
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Des analyses similaires montrèrent que, toujours au niveau de la pêcherie, la
maximisation des bénéfices sociaux dépend également du taux d'exploitation global (fig.
18.1b). Ce maximum est généralement obtenu pour un effort de pêche supérieur à celui
du maximum économique et inférieur au maximum soutenu de production pondérale. Il
n'existe aucune raison particulière pour que sa réalisation coïncide avec ce maximum de
production pondérale (chapitre 18).
De façon plus générale, le développement des modèles bio-économiques a
permis de quantifier les rapports entre les différents facteurs de production (ressource,
capital, travail), comme entre production et consommation des produits. Ainsi, des
outils efficaces permettent d'analyser les termes de l'allocation de ressources rares que
constituent, avec les stocks halieutiques, le capital et la main d'oeuvre. La rente du
propriétaire peut être distinguée de la plus-value des producteurs, comme de celle des
consommateurs (Copes 1970).
Le premier résultat de ces travaux fut de remettre en cause le choix de la
maximisation de la production, comme objectif unique de l'aménagement. Il aboutit en
effet à une aberration économique, puisqu'il revient à considérer comme nuls les coûts
de production, ce qui se traduit obligatoirement par des manques à gagner
économiques et sociaux substantiels. Plus généralement, les analyses économiques
montrent que la conservation des ressources n'est qu'une condition, et non une fin en
soi, de l'aménagement des pêcheries. "L'aménagement des pêcheries est effectué pour
le bénéfice de l'homme, et non du poisson ; en conséquence, l'impact des mesures
d'aménagement sur les stocks de poissons ne peut être considéré comme bénéfique en
soi" (Burkenroad 1952). "Le problème va au-delà des facteurs biologiques. La finalité
d'une pêcherie est l'usage, par l'homme, d'une source de nourriture" (Gordon 1953).
Malheureusement, tant que subsiste le régime d'accès libre et gratuit aux
ressources, les bénéfices économiques et sociaux sont voués à être gaspillés. Pour des
niveaux modérés d'exploitation tels qu'on les observe au début de l'intensification de la
pêche, les pêcheries peuvent produire des rentes élevées. Chaque armement est alors
poussé à accroître ses capacités de capture pour en acquérir une part supérieure.
Classiquement, les investissements se poursuivent jusqu'à la dissipation totale de la
rente, par mobilisation de capitaux et de main d'oeuvre superflus. Un mauvais usage de
ressources rares en résulte. Contrairement à ce qui passe dans l'agriculture, par
exemple, où chaque paysan est maître du volume des équipements, de la main
d'oeuvre, ... qu'il mobilise pour exploiter sa terre, la concurrence entre armements se
double dans la pêche d'un terme additionnel : la compétition pour l'appropriation des
ressources et de la rente. Cette compétition provient de la carence des institutions
nécessaires pour limiter l'accès. Elle est à l'origine de la dynamique de surpêche. Elle
entraîne que, pour chaque armement, le coût de production d'une même quantité de
poisson ne dépend pas seulement de la qualité de sa gestion, de l'expérience de ses
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