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H. Grizel
souches étrangères, les opérations commerciales, ..., sont autant de causes structurelles
et conjoncturelles qui, par le biais de transferts, contribuent à la propagation des
maladies. Cette responsabilité des transferts dans la propagation des maladies est
confirmée par la chronologie d'apparition de la bonamiose dans les différents pays et la
démonstration, faite par Elston et al. (1988), que les cellules initialement observées par
Katkansky et al. (1973) sur le cheptel américain d'huître plate étaient assimilables à B.
ostreae. Ces observations sont encore confortées par la comparaison sérologique des
différentes souches américaines et européennes de Bonamia, qui a conclu à leur
identité (Mialhe et al. 1988).
Ainsi, la protection des cheptels coquilliers de chaque bassin dépend de la mise
en oeuvre d'un schéma de prévention sanitaire adapté, basé sur l'application effective de
réglementations visant à contrôler les introductions de coquillages en provenance de
l'étranger, mais aussi les transferts entre les bassins conchylicoles d'un même pays.
Ce besoin est renforcé par les risques additionnels liés aux introductions
d'espèces étrangères, qui peuvent modifier les communautés indigènes. Ainsi, au cours
d'une étude réalisée en baie de Bourgneuf (France), Gruet et al. (1976) ont identifié
plusieurs espèces nouvelles (Hydroides ezoensis, Apitasia pulchella, Anomia chinensis,
Balanus amphitrite), vraisemblablement introduites avec les collecteurs lors des
importations massives d'huître japonaise. Si le développement de ces espèces n'a pas eu,
dans ce site, de répercussions notoires sur les élevages conchylicoles, il n'en est pas de
même dans l'étang de Thau (France), où les importations de l'huître japonaise se sont
accompagnées de l'implantation de plusieurs algues (Laminaria japonica, Undaria
pinnatifida et Sargassum mulicum) (Perez et al. 1984). Cette dernière entraîne
maintenant une gène pour les élevages et, parfois aussi, pour la navigation.
3. Les maladies infectieuses
La présence d'agents pathogènes dans l'environnement ne suffit pas pour qu'une
maladie se déclenche chez un hôte. Une pathologie est l'aboutissement d'une rupture
d'équilibre entre le potentiel de résistance des sujets et le pouvoir pathogène de
différents facteurs d'agression, dont certains peuvent seuls être déterminants (Ravaud
1984). Cette définition recouvre l'essentiel des travaux qu'il convient de conduire pour
comprendre l'épidémiologie des maladies et combattre ces dernières. Elle rend compte,
en effet, du rôle des agents pathogènes, de celui de l'environnement, des diverses
pratiques et zootechniques culturales et, enfin, de la capacité des animaux à réagir à une
agression, notamment de leurs mécanismes de défense. L'épidémiologie cherche à
déterminer les relations entre les différents facteurs intervenant dans le déclenchement
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