11 - Pathologie des mollusques bivalves et protection des cheptels coquilliers
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cette espèce. Par contre, les parcs de la baie de Morlaix ont été ensemencés, à partir de
1975, pour partie en huître japonaise, alors que ceux de la rivière de la Trinité-sur-Mer
ne l'étaient que très peu. Or, les lots d'huître portugaise sur lesquels ont porté les
expériences d'hybridation ont présenté en baie de Morlaix des taux élevés d'infection
par lridovirus et ont subi des mortalités importantes. Par contre, les lots mis en élevage
à la Trinité-sur-Mer à la même époque ne subirent pas de mortalités anormales, bien
que la présence d'Iridovirus ait été diagnostiquée. Dans ces deux rivières, les
performances de croissance de l'huître portugaise ont été tout à fait comparables à
celles observées avant l'apparition des viroses.
La confrontation de ces observations conduit :
- à examiner l'hypothèse de la transmission verticale de la maladie, les géniteurs
étant porteurs du virus qui serait transmis via les ovules ;
- à rejeter l'hypothèse de l'affaiblissement du stock, les surcharges ayant pu
favoriser la propagation de la maladie sans en être le facteur causal ;
- à renforcer l'hypothèse du rôle de l'huître japonaise comme hôte porteur sain,
la maladie s'étant exprimée rapidement et de manière intense (60% de
mortalité avant retrait des huîtres) dans la rivière où un cheptel important
d'huître japonaise était présent.
Ainsi les importations d'huître japonaise, si elles ont fourni une solution pratique
à l'épizootie de l'huître portugaise, auraient pu en être aussi la cause majeure.
Dans certains cas, la création d'un foyer infectieux pourrait être aussi provoquée
par l'introduction d'une espèce particulièrement sensible. C'est ce que montre
l'introduction en France de l'huître de Nouvelle-Zélande (Ostrea angasi) (Bougrier et al.
1986). Ce test d'acclimatation, effectué à partir d'une première génération produite en
écloserie, s'est traduit, après quelques mois d'élevage, par des mortalités élevées et la
présence d'Haplosporidium armoiicanum à de fortes prévalences. Ce parasite, qui n'est
que très occasionnellement diagnostiqué chez l'huître plate, a trouvé chez O. angasi un
hôte particulièrement vulnérable.
Par contre, les facteurs de propagation d'une maladie à partir d'une source
infectieuse, soit à l'intérieur d'un pays, soit entre des pays différents, sont mieux connus.
Ils ont été analysés pour les deux maladies de l'huître plate causées par les protozoaires
Marteilia refringens et Bonamia ostreae (Grizel 1985). L'exploitation par les mêmes
entreprises de concessions situées dans des bassins différents, le rassemblement des
coquillages pour l'expédition, l'espoir non fondé d'obtenir une régression de la maladie
par transfert de cheptels d'un site à un autre, le mythe de la qualité supérieure de
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cette espèce. Par contre, les parcs de la baie de Morlaix ont été ensemencés, à partir de
1975, pour partie en huître japonaise, alors que ceux de la rivière de la Trinité-sur-Mer
ne l'étaient que très peu. Or, les lots d'huître portugaise sur lesquels ont porté les
expériences d'hybridation ont présenté en baie de Morlaix des taux élevés d'infection
par lridovirus et ont subi des mortalités importantes. Par contre, les lots mis en élevage
à la Trinité-sur-Mer à la même époque ne subirent pas de mortalités anormales, bien
que la présence d'Iridovirus ait été diagnostiquée. Dans ces deux rivières, les
performances de croissance de l'huître portugaise ont été tout à fait comparables à
celles observées avant l'apparition des viroses.
La confrontation de ces observations conduit :
- à examiner l'hypothèse de la transmission verticale de la maladie, les géniteurs
étant porteurs du virus qui serait transmis via les ovules ;
- à rejeter l'hypothèse de l'affaiblissement du stock, les surcharges ayant pu
favoriser la propagation de la maladie sans en être le facteur causal ;
- à renforcer l'hypothèse du rôle de l'huître japonaise comme hôte porteur sain,
la maladie s'étant exprimée rapidement et de manière intense (60% de
mortalité avant retrait des huîtres) dans la rivière où un cheptel important
d'huître japonaise était présent.
Ainsi les importations d'huître japonaise, si elles ont fourni une solution pratique
à l'épizootie de l'huître portugaise, auraient pu en être aussi la cause majeure.
Dans certains cas, la création d'un foyer infectieux pourrait être aussi provoquée
par l'introduction d'une espèce particulièrement sensible. C'est ce que montre
l'introduction en France de l'huître de Nouvelle-Zélande (Ostrea angasi) (Bougrier et al.
1986). Ce test d'acclimatation, effectué à partir d'une première génération produite en
écloserie, s'est traduit, après quelques mois d'élevage, par des mortalités élevées et la
présence d'Haplosporidium armoiicanum à de fortes prévalences. Ce parasite, qui n'est
que très occasionnellement diagnostiqué chez l'huître plate, a trouvé chez O. angasi un
hôte particulièrement vulnérable.
Par contre, les facteurs de propagation d'une maladie à partir d'une source
infectieuse, soit à l'intérieur d'un pays, soit entre des pays différents, sont mieux connus.
Ils ont été analysés pour les deux maladies de l'huître plate causées par les protozoaires
Marteilia refringens et Bonamia ostreae (Grizel 1985). L'exploitation par les mêmes
entreprises de concessions situées dans des bassins différents, le rassemblement des
coquillages pour l'expédition, l'espoir non fondé d'obtenir une régression de la maladie
par transfert de cheptels d'un site à un autre, le mythe de la qualité supérieure de
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