11 - Pathologie des mollusques bivalves et protection des cheptels coquilliers
5
diminution annuelle de 175 millions de F.F (1983). Au niveau de la région, la perte
directe de richesse, calculée sur la base de la valeur ajoutée, a été pour la même période
de 1,3 milliard de F.F (1983). Les emplois directs, à temps plein et saisonnier, créés par
l'ostréiculture ont également diminué dans les quatre départements bretons. Cet impact
économique, auquel il conviendrait d'ajouter les effets induits sur les activités amont et
aval, a entraîné des modifications dans les pratiques et les techniques culturales et des
changements structurels au niveau des entreprises : déplacement des élevages vers des
zones plus profondes, remplacement de l'huître plate par l'huître creuse sur les parcs de
la zone intertidale, diminution du nombre d'entreprises accompagnée d'un
accroissement de certaines d'entre elles, et implantation d'ostréiculteurs allochtones
(Grizel 1983).
Ces exemples montrent la grande vulnérabilité de la conchyliculture aux
épizooties. Le risque encouru par les entreprises est encore accru par la pratique
fréquente du mono-élevage : si, en France, une maladie épizootique venait, à l'image de
celle qui a décimé le cheptel d'huître portugaise à la fin des années 60, frapper celui
d'huître japonaise qui l'a remplacé, les pertes pourraient atteindre 140 000 tonnes, soit
un chiffre d'affaires annuel, au niveau de la production, de 1,3 milliard de F.F. (sur la
base d'un prix moyen de 9 F.F./kg). Plusieurs milliers d'entreprises et 20 000 emplois
seraient menacés de disparition (Bonnet et Troadec 1985).
2.2. Les principales épizooties : leurs causes
La pathologie infectieuse des mollusques marins est relativement récente. Les
premières observations de maladies attribuables à un agent pathogène datent de 1950,
lors de la mise en évidence du rôle de Perkinsus mariniis dans les graves mortalités
d'huîtres survenues aux Etats-Unis (Mackin 1951). Cependant la tradition orale et des
documents plus anciens révèlent que des épizooties importantes se sont produites
antérieurement dans plusieurs pays. Parmi les plus célèbres, on peut citer, au Canada la
maladie de Malpèque (Needier and Logie 1947), en Europe l'épizootie de 1920 à 1927
(Orton 1924a et b) et, au Japon, à partir de 1945, les mortalités de la baie d'Hiroshima.
Dans ces trois exemples, aucun agent infectieux n'a été diagnostiqué, bien que Takeuchi
et al. (1960) aient suspecté l'action d'un bacille (Achromobacter) chez l'huître japonaise,
et que Rosenfield (1969) ait envisagé une étiologie virale pour expliquer la maladie de
Malpèque.
Depuis, différentes maladies épizootiques ont été rapportées et étudiées dans
divers pays. A ce jour, les plus sévères sont dues à des protozoaires du groupe des
Ascetospora, qui comprend les haplosporidioses, les marteilioses et les bonamioses. Il
faut y ajouter les perkinsioses, dont la classification parmi les protozoaires esl
393
5
diminution annuelle de 175 millions de F.F (1983). Au niveau de la région, la perte
directe de richesse, calculée sur la base de la valeur ajoutée, a été pour la même période
de 1,3 milliard de F.F (1983). Les emplois directs, à temps plein et saisonnier, créés par
l'ostréiculture ont également diminué dans les quatre départements bretons. Cet impact
économique, auquel il conviendrait d'ajouter les effets induits sur les activités amont et
aval, a entraîné des modifications dans les pratiques et les techniques culturales et des
changements structurels au niveau des entreprises : déplacement des élevages vers des
zones plus profondes, remplacement de l'huître plate par l'huître creuse sur les parcs de
la zone intertidale, diminution du nombre d'entreprises accompagnée d'un
accroissement de certaines d'entre elles, et implantation d'ostréiculteurs allochtones
(Grizel 1983).
Ces exemples montrent la grande vulnérabilité de la conchyliculture aux
épizooties. Le risque encouru par les entreprises est encore accru par la pratique
fréquente du mono-élevage : si, en France, une maladie épizootique venait, à l'image de
celle qui a décimé le cheptel d'huître portugaise à la fin des années 60, frapper celui
d'huître japonaise qui l'a remplacé, les pertes pourraient atteindre 140 000 tonnes, soit
un chiffre d'affaires annuel, au niveau de la production, de 1,3 milliard de F.F. (sur la
base d'un prix moyen de 9 F.F./kg). Plusieurs milliers d'entreprises et 20 000 emplois
seraient menacés de disparition (Bonnet et Troadec 1985).
2.2. Les principales épizooties : leurs causes
La pathologie infectieuse des mollusques marins est relativement récente. Les
premières observations de maladies attribuables à un agent pathogène datent de 1950,
lors de la mise en évidence du rôle de Perkinsus mariniis dans les graves mortalités
d'huîtres survenues aux Etats-Unis (Mackin 1951). Cependant la tradition orale et des
documents plus anciens révèlent que des épizooties importantes se sont produites
antérieurement dans plusieurs pays. Parmi les plus célèbres, on peut citer, au Canada la
maladie de Malpèque (Needier and Logie 1947), en Europe l'épizootie de 1920 à 1927
(Orton 1924a et b) et, au Japon, à partir de 1945, les mortalités de la baie d'Hiroshima.
Dans ces trois exemples, aucun agent infectieux n'a été diagnostiqué, bien que Takeuchi
et al. (1960) aient suspecté l'action d'un bacille (Achromobacter) chez l'huître japonaise,
et que Rosenfield (1969) ait envisagé une étiologie virale pour expliquer la maladie de
Malpèque.
Depuis, différentes maladies épizootiques ont été rapportées et étudiées dans
divers pays. A ce jour, les plus sévères sont dues à des protozoaires du groupe des
Ascetospora, qui comprend les haplosporidioses, les marteilioses et les bonamioses. Il
faut y ajouter les perkinsioses, dont la classification parmi les protozoaires esl
393
