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H. Grizel
A l'exception de quelques espèces, telle la palourde des Philippines (Ruditapes
philippinamm) dont l'élevage dépend de la production artificielle de juvéniles, les
différents systèmes d'élevage conchylicole reposent encore essentiellement dans les
principaux pays producteurs (Corée, Espagne, France, Hollande, Japon, Etats-Unis, ...),
sur le captage de juvéniles sauvages (naissain) à l'aide de collecteurs appropriés posés
^dans le milieu naturel. En Europe, cette possibilité avait été comprise, dès la fin du
XIXème siècle, par Coste, qui avait préconisé la création et la protection de gisements
de reproducteurs, afin d'assurer une collecte suffisante et régulière de naissain d'huître.
La sédentarité des adultes a ainsi permis de créer des bancs d'huîtres autour desquels
ont prospéré des centres de production ostréicole. Cette même sédentarité a
grandement facilité le développement de la conchyliculture, en permettant un élevage
privé sur des concessions délimitées, attribuées par l'administration aux conchyliculteurs
sur le domaine public maritime (DPM).
Une autre caractéristique des bivalves est leur alimentation naturelle par
filtration. Pour toutes les phases d'élevage se déroulant en milieu ouvert, les bivalves se
nourissent de matière vivante (phytoplancton et bactéries) et inerte, sous forme figurée
ou dissoute. Ainsi qualifie-t-on parfois la conchyliculture "d'aquaculture de
transformation", par opposition aux "aquacultures de production" qui reposent sur un
apport direct de nourriture de la part des éleveurs. Si la présence de géniteurs est
nécessaire au captage des juvéniles, l'élevage ou l'affinage des produits peuvent se
dérouler sur d'autres sites qui, par leurs caractéristiques écologiques, permettent
d'obtenir une meilleure croissance et/ou une bonne qualité de chair. Cette observation
ancienne avait été mise en pratique par le romain Sergius Orata (in Pline), qui avait
observé que des huîtres transférées dans le lac Lucrin (Italie) acquéraient une saveur
particulière. Ces caractéristiques biologiques des bivalves ont permis l'extension des
élevages le long du littoral, en zone intertidale ou sublittorale, dans les rivières et les
étangs. Ainsi la simplicité technique de l'aquaculture extensive a contribué à faire de la
conchyliculture un mode majeur d'exploitation des ressources vivantes de la mer (tabl.
11.1).
Cependant les avantages que présentent pour l'élevage la sédentarité et
l'alimentation par filtration des mollusques s'accompagnent d'inconvénients qui peuvent
devenir sérieux lorsque la production s'intensifie. La production de nourriture naturelle
est limitée dans le temps et l'espace ; elle n'est pas non plus répartie uniformément
dans l'eau circulant sur les concessions. Les élevages dépendent donc directement de la
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