10 - L'aquaculture extensive en eaux douces
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Les espèces de poissons planctonophages sont rares, on l'a vu, mais !"'argentée" (cf. §
3.2), native de Chine, a été largement utilisée dans ce pays. Son utilité est indéniable
dans les étangs de pisciculture. Toutefois celle-ci reste controversée dans les
écosystèmes ouverts (grands lacs et grands réservoirs), où son effet bénéfique n'a pas
encore été expérimentalement démontré.
D'une façon générale, ces concepts sont récents et n'ont pas encore fait l'objet
d'expérimentations systématiques : s'il existe un fort faisceau d'évidences de l'impact
des poissons sur les communautés d'invertébrés, rares sont les démonstrations
expérimentales rigoureuses. Hurlbert et Mulla (1981) notent que beaucoup
d'expériences sur les effets de l'introduction ou de l'élimination de poissons sur le
zooplancton sont surtout descriptives : sans répliquats ni témoins, elles se prêtent mal à
l'analyse statistique. Au nom du concept d'ichtyo-eutrophisation qu'il a développé (à
savoir qu'un enrichissement du milieu en nutrients entraîne un changement dans les
communautés de poissons, qui vont en retour modifier l'environnement aquatique),
Opuszynski (1979) considère que, dans les grands systèmes, la lutte contre
l'eutrophisation ne doit pas reposer sur l'introduction d'espèces nouvelles pour
augmenter la production de poisson : la structure originale de l'ichtyofaune doit être
conservée : elle, seule, est capable de réguler convenablement le système. Pour Lazzaro
(1987), ce concept demande à être vérifié.
5.4. Conclusion
Les divers exemples cités ont montré que les écosystèmes aquatiques bien gérés,
avec des communautés de poissons judicieusement équilibrées, peuvent être hautement
productifs, avec des rendements supérieurs à ceux des écosystèmes terrestres agricoles
dont la gestion est pourtant autrement mieux maîtrisée.
En fait, l'exploitation des écosystèmes aquatiques reste encore essentiellement
empirique ; elle est basée sur un savoir-faire, plus que sur un savoir. Cette situation
s'apparente à celle de l'agriculture au début du siècle. Ce manque de connaissances de
base limite considérablement les possibilités de développement de ces productions
aquatiques, car le savoir-faire ne peut s'acquérir que par une longue pratique, au prix
d'erreurs successives, dont la signification même n'est pas nécessairement bien saisie.
Une telle démarche contrecarre également la transmission des pratiques, puisqu'elle ne
peut s'appuyer sur un enseignement théorique, lequel ne peut exister sans savoir.
Les axes de recherche à privilégier au cours des prochaines années devraient
porter sur l'analyse fine des réponses du milieu, qu'il soit physique, chimique ou
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Les espèces de poissons planctonophages sont rares, on l'a vu, mais !"'argentée" (cf. §
3.2), native de Chine, a été largement utilisée dans ce pays. Son utilité est indéniable
dans les étangs de pisciculture. Toutefois celle-ci reste controversée dans les
écosystèmes ouverts (grands lacs et grands réservoirs), où son effet bénéfique n'a pas
encore été expérimentalement démontré.
D'une façon générale, ces concepts sont récents et n'ont pas encore fait l'objet
d'expérimentations systématiques : s'il existe un fort faisceau d'évidences de l'impact
des poissons sur les communautés d'invertébrés, rares sont les démonstrations
expérimentales rigoureuses. Hurlbert et Mulla (1981) notent que beaucoup
d'expériences sur les effets de l'introduction ou de l'élimination de poissons sur le
zooplancton sont surtout descriptives : sans répliquats ni témoins, elles se prêtent mal à
l'analyse statistique. Au nom du concept d'ichtyo-eutrophisation qu'il a développé (à
savoir qu'un enrichissement du milieu en nutrients entraîne un changement dans les
communautés de poissons, qui vont en retour modifier l'environnement aquatique),
Opuszynski (1979) considère que, dans les grands systèmes, la lutte contre
l'eutrophisation ne doit pas reposer sur l'introduction d'espèces nouvelles pour
augmenter la production de poisson : la structure originale de l'ichtyofaune doit être
conservée : elle, seule, est capable de réguler convenablement le système. Pour Lazzaro
(1987), ce concept demande à être vérifié.
5.4. Conclusion
Les divers exemples cités ont montré que les écosystèmes aquatiques bien gérés,
avec des communautés de poissons judicieusement équilibrées, peuvent être hautement
productifs, avec des rendements supérieurs à ceux des écosystèmes terrestres agricoles
dont la gestion est pourtant autrement mieux maîtrisée.
En fait, l'exploitation des écosystèmes aquatiques reste encore essentiellement
empirique ; elle est basée sur un savoir-faire, plus que sur un savoir. Cette situation
s'apparente à celle de l'agriculture au début du siècle. Ce manque de connaissances de
base limite considérablement les possibilités de développement de ces productions
aquatiques, car le savoir-faire ne peut s'acquérir que par une longue pratique, au prix
d'erreurs successives, dont la signification même n'est pas nécessairement bien saisie.
Une telle démarche contrecarre également la transmission des pratiques, puisqu'elle ne
peut s'appuyer sur un enseignement théorique, lequel ne peut exister sans savoir.
Les axes de recherche à privilégier au cours des prochaines années devraient
porter sur l'analyse fine des réponses du milieu, qu'il soit physique, chimique ou
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