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R. Billard
biologique, aux changements climatiques et anthropiques. Inversement, il convient aussi
d'analyser quelle vision l'homme a de ces changements, et quelle réponse il sera tenté
d'y apporter en retour. Les recherches devraient porter sur les milieux, sur la biologie
des poissons, et sur certains aspects de la dynamique de leurs populations et des
interactions milieux-stocks. Le fonctionnement de l'écosystème devra être analysé à la
fois dans sa globalité et dans sa dynamique, en associant pour cela l'expérimentation sur
le terrain, et l'observation au laboratoire en conditions contrôlées, selon des stratégies
de recherche fondées sur des hypothèses testables. Les travaux devront porter aussi sur
la physiologie des animaux eux-mêmes : par exemple, le comportement alimentaire et la
digestibilité des algues, dans le cas du zooplancton et des poissons
phytoplantonophages. Ces recherches conditionnent l'appréciation quantitative de
l'impact des communautés de poissons sur le système. Il est ensuite essentiel de traduire
les résultats en règles et en principes applicables à la gestion. Les paramètres de
l'environnement les plus pertinents pour caractériser les systèmes doivent être identifiés
et leur interaction modèlisée, de façon à pouvoir les intégrer dans des outils de
prédiction et de gestion. Des méthodes d'évaluation et des équipements
d'enregistrement devront être élaborés, en particulier pour les paramètres biologiques,
et transférés, avec les règles d'utilisation, aux professionnels et aux techniciens des
agences chargées de la gestion des plans d'eau. Ainsi, les gestionnaires pourront
prendre davantage en compte les différentes composantes du réseau trophique et leurs
interactions. On mettrait ainsi moins l'accent sur les données physico-chimiques,
simplement parce qu'ils sont plus faciles à obtenir : la fertilité et la productivité d'un
plan d'eau ne dépendent qu'en partie des quantités d'azote et de phosphore qui s'y
trouvent.
Ainsi, il devient urgent de mieux connaître les mécanismes qui régulent le
fonctionnement des écosystèmes aquatiques exploités. Les pays riches ont intérêt à
investir dans des recherches amont, afin de mieux gérer et valoriser leur propre
patrimoine. Pour certains, l'aquaculture extensive en eaux douces est susceptible d'offrir
des alternatives significatives à une agriculture confrontée à la stagnation des débouchés
de ses productions traditionnelles, et de contribuer en partie à réduire le problème de la
déprise agricole. Ces connaissances pourraient parallèlement aider les pays en
développement dans les efforts qu'ils déploient pour atteindre l'auto-suffisance
alimentaire. Le précepte chinois bien connu s'applique particulièrement à ce contexte :
"Plutôt que d'offrir des produits, donner les moyens de les produire".
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biologique, aux changements climatiques et anthropiques. Inversement, il convient aussi
d'analyser quelle vision l'homme a de ces changements, et quelle réponse il sera tenté
d'y apporter en retour. Les recherches devraient porter sur les milieux, sur la biologie
des poissons, et sur certains aspects de la dynamique de leurs populations et des
interactions milieux-stocks. Le fonctionnement de l'écosystème devra être analysé à la
fois dans sa globalité et dans sa dynamique, en associant pour cela l'expérimentation sur
le terrain, et l'observation au laboratoire en conditions contrôlées, selon des stratégies
de recherche fondées sur des hypothèses testables. Les travaux devront porter aussi sur
la physiologie des animaux eux-mêmes : par exemple, le comportement alimentaire et la
digestibilité des algues, dans le cas du zooplancton et des poissons
phytoplantonophages. Ces recherches conditionnent l'appréciation quantitative de
l'impact des communautés de poissons sur le système. Il est ensuite essentiel de traduire
les résultats en règles et en principes applicables à la gestion. Les paramètres de
l'environnement les plus pertinents pour caractériser les systèmes doivent être identifiés
et leur interaction modèlisée, de façon à pouvoir les intégrer dans des outils de
prédiction et de gestion. Des méthodes d'évaluation et des équipements
d'enregistrement devront être élaborés, en particulier pour les paramètres biologiques,
et transférés, avec les règles d'utilisation, aux professionnels et aux techniciens des
agences chargées de la gestion des plans d'eau. Ainsi, les gestionnaires pourront
prendre davantage en compte les différentes composantes du réseau trophique et leurs
interactions. On mettrait ainsi moins l'accent sur les données physico-chimiques,
simplement parce qu'ils sont plus faciles à obtenir : la fertilité et la productivité d'un
plan d'eau ne dépendent qu'en partie des quantités d'azote et de phosphore qui s'y
trouvent.
Ainsi, il devient urgent de mieux connaître les mécanismes qui régulent le
fonctionnement des écosystèmes aquatiques exploités. Les pays riches ont intérêt à
investir dans des recherches amont, afin de mieux gérer et valoriser leur propre
patrimoine. Pour certains, l'aquaculture extensive en eaux douces est susceptible d'offrir
des alternatives significatives à une agriculture confrontée à la stagnation des débouchés
de ses productions traditionnelles, et de contribuer en partie à réduire le problème de la
déprise agricole. Ces connaissances pourraient parallèlement aider les pays en
développement dans les efforts qu'ils déploient pour atteindre l'auto-suffisance
alimentaire. Le précepte chinois bien connu s'applique particulièrement à ce contexte :
"Plutôt que d'offrir des produits, donner les moyens de les produire".
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