10 - L'aquaculture extensive en eaux douces
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zooplancton ; le phytoplancton non consommé par le zooplancton, et les boulettes
fécales de ce dernier et des poissons, constituent une source importante de matière
organique dont s'alimentent bactéries et benthos, lequel peut à son tour être consommé
par des poissons.
La localisation des poissons en fin de chaîne alimentaire implique la prise en
compte de l'intégralité de l'écosystème, dès lors que l'on veut aménager ou augmenter
la production piscicole naturelle. Compte tenu de la structure et du fonctionnement de
l'écosystème, la stratégie de valorisation consistera souvent à maximiser la
consommation de la production phytoplanctonique.
5.2. La biomasse de poisson affecte l'ensemble de l'écosystème
Le fonctionnement des écosystèmes aquatiques continentaux exploités se trouve
ainsi largement conditionné par la rareté des espèces de poissons
phytoplanctonophages. Consommateur exclusif des algues unicellulaires, le zooplancton
constitue un passage obligé dans la chaîne alimentaire. Lorsque les poissons exercent
une forte prédation sur la production secondaire, l'abondance du zooplancton décroît,
au moins dans ses formes les plus grandes. Le phytoplancton n'est plus alors consommé
à un rythme suffisant ; les algues unicellulaires peuvent proliférer à un rythme excessif,
ce qui provoque des crises dystrophiques bien connues. A l'inverse, lorsque la biomasse
de poissons zooplanctonophages n'est pas suffisante, le zooplancton se développe de
façon excessive et consomme activement les algues, au point de fortement réduire la
production primaire ; des états d'oligotrophie en résultent, bien que le milieu soit riche
en nutrients. Cet impact des communautés de poissons sur l'ensemble de l'écosystème a
conduit certains auteurs à considérer que l'excès d'algues (eutrophisation) dans un
système pouvait, dans certains cas, être davantage dû à un effet indirect, via une
modification de la biomasse piscicole, qu'à un effet direct par apport excessif de
nutrients (voir Lazzaro 1987 pour une revue).
Le fait que l'introduction de poissons dans les étangs puisse entraîner un
enrichissement du milieu et une eutrophisation reste intrigant : la forte prédation
exercée par le poisson sur le zooplancton ne paraît pas, seule, suffisante pour expliquer
le phénomène. La présence de poissons a d'autres effets sur la composition et la
productivité du réseau trophique. Le poisson remet en suspension de la matière
organique, ce qui stimule la production de bactérioplancton dont se nourrissent le
zooplancton et le zoobenthos ; il remet aussi en suspension des sédiments qui, avec la
matière organique, opacifient le milieu et limitent le développement des macrophytes
fixés au fond. Par le fouissage qu'il exerce, le poisson modifie probablement le
dynamique des échanges eau-sédiments. Le poisson apporte aussi de la matière
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zooplancton ; le phytoplancton non consommé par le zooplancton, et les boulettes
fécales de ce dernier et des poissons, constituent une source importante de matière
organique dont s'alimentent bactéries et benthos, lequel peut à son tour être consommé
par des poissons.
La localisation des poissons en fin de chaîne alimentaire implique la prise en
compte de l'intégralité de l'écosystème, dès lors que l'on veut aménager ou augmenter
la production piscicole naturelle. Compte tenu de la structure et du fonctionnement de
l'écosystème, la stratégie de valorisation consistera souvent à maximiser la
consommation de la production phytoplanctonique.
5.2. La biomasse de poisson affecte l'ensemble de l'écosystème
Le fonctionnement des écosystèmes aquatiques continentaux exploités se trouve
ainsi largement conditionné par la rareté des espèces de poissons
phytoplanctonophages. Consommateur exclusif des algues unicellulaires, le zooplancton
constitue un passage obligé dans la chaîne alimentaire. Lorsque les poissons exercent
une forte prédation sur la production secondaire, l'abondance du zooplancton décroît,
au moins dans ses formes les plus grandes. Le phytoplancton n'est plus alors consommé
à un rythme suffisant ; les algues unicellulaires peuvent proliférer à un rythme excessif,
ce qui provoque des crises dystrophiques bien connues. A l'inverse, lorsque la biomasse
de poissons zooplanctonophages n'est pas suffisante, le zooplancton se développe de
façon excessive et consomme activement les algues, au point de fortement réduire la
production primaire ; des états d'oligotrophie en résultent, bien que le milieu soit riche
en nutrients. Cet impact des communautés de poissons sur l'ensemble de l'écosystème a
conduit certains auteurs à considérer que l'excès d'algues (eutrophisation) dans un
système pouvait, dans certains cas, être davantage dû à un effet indirect, via une
modification de la biomasse piscicole, qu'à un effet direct par apport excessif de
nutrients (voir Lazzaro 1987 pour une revue).
Le fait que l'introduction de poissons dans les étangs puisse entraîner un
enrichissement du milieu et une eutrophisation reste intrigant : la forte prédation
exercée par le poisson sur le zooplancton ne paraît pas, seule, suffisante pour expliquer
le phénomène. La présence de poissons a d'autres effets sur la composition et la
productivité du réseau trophique. Le poisson remet en suspension de la matière
organique, ce qui stimule la production de bactérioplancton dont se nourrissent le
zooplancton et le zoobenthos ; il remet aussi en suspension des sédiments qui, avec la
matière organique, opacifient le milieu et limitent le développement des macrophytes
fixés au fond. Par le fouissage qu'il exerce, le poisson modifie probablement le
dynamique des échanges eau-sédiments. Le poisson apporte aussi de la matière
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