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R. Billard
C'est en Asie, et plus particulièrement en Chine (Sinha 1986), que l'intégration
des systèmes agro-aquacoles a été la plus poussée. Traditionnellement, l'agriculture
d'Extrême-Orient favorise la production végétale dont les productivités pondérales sont
nettement supérieures à celles des productions animales. Les densités humaines très
élevées atteintes dans plusieurs régions s'expliquent par cette différence de stratégie
agricole. Mais les productions animales, si elles sont restreintes en volume, atteignent
des performances remarquables lorsqu'elles sont associées et concentrées autour des
eaux (porcs), sur les eaux (canards) et dans les eaux (poissons), avec recyclage
systématique des déchets et des effluents dans l'écosystème aquatique.
Les activités aquacoles peuvent être aussi associées à d'autres activités comme
celles de loisir : tourisme, pêche amateur, gastronomie. Les plans d'eau enrichissent les
paysages et les rendent attractifs : ils sont à l'origine de parcours de pêche - le long des
rivières et des étangs ; d'itinéraires touristiques doublés de gastronomie - route des
étangs en Dombes, circuit de la carpe frite en Alsace ; de chasse d'oiseaux migrateurs ;
d'activités récréatives diverses regroupées sous le terme de tourisme vert - observation
de la nature, photographie, peinture. Ainsi les activités halieutiques et aquacoles jouent
un rôle non négligeable dans l'aménagement rural, offrant aux régions déshéritées des
opportunités intéressantes.
5. Problèmes et perspectives
5.1. Une contrainte majeure : la rareté des espèces de poissons
pliytoplancionophages
La plupart des espèces de poissons d'eau douce sont, soit zooplanctonophages
ou/et benthophages, soit ichthyophages : il existe peu d'espèces de poissons
s'alimentant directement d'algues et de macrophytes et, cela, bien que la biomasse
représentée par les végétaux domine dans les écosystèmes aquatiques. Par ailleurs,
l'efficacité de prédation suppose un certain rapport de taille entre les prédateurs et
leurs proies : ainsi, les algues unicellulaires, en majorité de quelques dizaines de flm,
sont consommées par le zooplancton, dont la taille de quelques centaines de jim
convient aux exigences alimentaires des principales espèces de poisson. Ainsi, chez les
vertébrés d'eau douce, la capacité d'être herbivore paraît résulter d'un ensemble de
particularités morphologiques et physiologiques portant sur la capture, l'ingestion et la
digestion qui n'ont que rarement été acquises lors de l'ontogenèse. Aussi, dans le milieu
naturel, la production primaire n'est exploitée par les poissons qu'indirectement, via le
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