10 - L'aquaculture extensive en eaux douces
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rémanence de façon à ne laisser subsister que les rotifères. Les larves vésiculées sont
alors introduites. Quelques jours plus tard, les crustacés réapparaîtront à une taille
appropriée pour leur consommation par les larves. Après 4 - 6 semaines, la biomasse de
poisson devient trop élevée ; les alevins sont alors transférés dans des étangs de plus
grande taille (dits quelquefois de deuxième alevinage), à la densité de 10 à 50 000/ha
selon le niveau de fertilité et de fertilisation. Lors du remplissage des étangs, l'eau est
filtrée au travers de grilles pour empêcher l'introduction de prédateurs comme les
brochets.
4.5 Les systèmes intégrés d'exploitation
La pisciculture en étang est souvent associée à d'autres activités rurales, comme
l'agriculture et les loisirs. L'intégration à l'agriculture prend des formes
diverses : rizi-pisciculture en Asie, élevage de poissons dans les réservoirs d'eau pour
l'irrigation en Chine et en Israël, utilisation de déchets divers comme aliments ou
comme fertilisants organiques, etc. Dans ce dernier cas, l'intégration peut être plus ou
moins complexe. En Chine, du mûrier produit sur les berges des étangs (production de
30 à 75 t de feuilles/ha/an) sert à nourrir des vers à soie, qui génèrent 18 à 45 t de
déchets, dont des pupes ; ceux-là sont recyclés dans les étangs où ils assurent une
production supplémentaire de 2 t de poisson/ha/an (Sinha 1986). Le même auteur
signale aussi que la canne à sucre, cultivée en bordure d'étang, produit 150 à 225 t de
feuilles/ha, qui servent à complementer l'alimentation de poissons herbivores
("amour") : la production atteint alors de l'ordre de 2 t/an. De même, des déchets
résultant d'activités horticoles pratiquées sur les berges sont recyclés dans l'étang. Dans
ces systèmes courants en Chine, les berges reçoivent en retour des vases reprises du
fond des étangs et sont ainsi fertilisées par apport du phosphore piégé dans les
sédiments, et de matière organique en cours de décomposition. En Europe, on observe
des pratiques similaires lorsque l'étang est inclus dans l'assolement, lequel comporte
alors une culture de céréales sur le fond en période d'assec.
L'intégration agro-aquacole permet une modulation des systèmes de production.
En Dombes, un agriculteur dispose de trois systèmes de production sur son
exploitation: céréalière, laitière et piscicole. Traditionnellement, la complémentarité
était recherchée en dirigeant la production de céréales vers l'unité laitière, l'étang en
bénéficiant indirectement par l'apport de lisiers d'étable (ce qui permet, autre intérêt,
de se défaire de ces effluents au printemps et en été lorsque les terres, occupées par les
récoltes, ne peuvent les accueillir). Actuellement la production de lait est contingentée
par un système des quotas ; de ce fait, le flux de céréales est plutôt dirigé vers l'étang où
il permet d'augmenter la production de poisson pour laquelle un petit marché est en
train d'apparaître (Verzier 1987).
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rémanence de façon à ne laisser subsister que les rotifères. Les larves vésiculées sont
alors introduites. Quelques jours plus tard, les crustacés réapparaîtront à une taille
appropriée pour leur consommation par les larves. Après 4 - 6 semaines, la biomasse de
poisson devient trop élevée ; les alevins sont alors transférés dans des étangs de plus
grande taille (dits quelquefois de deuxième alevinage), à la densité de 10 à 50 000/ha
selon le niveau de fertilité et de fertilisation. Lors du remplissage des étangs, l'eau est
filtrée au travers de grilles pour empêcher l'introduction de prédateurs comme les
brochets.
4.5 Les systèmes intégrés d'exploitation
La pisciculture en étang est souvent associée à d'autres activités rurales, comme
l'agriculture et les loisirs. L'intégration à l'agriculture prend des formes
diverses : rizi-pisciculture en Asie, élevage de poissons dans les réservoirs d'eau pour
l'irrigation en Chine et en Israël, utilisation de déchets divers comme aliments ou
comme fertilisants organiques, etc. Dans ce dernier cas, l'intégration peut être plus ou
moins complexe. En Chine, du mûrier produit sur les berges des étangs (production de
30 à 75 t de feuilles/ha/an) sert à nourrir des vers à soie, qui génèrent 18 à 45 t de
déchets, dont des pupes ; ceux-là sont recyclés dans les étangs où ils assurent une
production supplémentaire de 2 t de poisson/ha/an (Sinha 1986). Le même auteur
signale aussi que la canne à sucre, cultivée en bordure d'étang, produit 150 à 225 t de
feuilles/ha, qui servent à complementer l'alimentation de poissons herbivores
("amour") : la production atteint alors de l'ordre de 2 t/an. De même, des déchets
résultant d'activités horticoles pratiquées sur les berges sont recyclés dans l'étang. Dans
ces systèmes courants en Chine, les berges reçoivent en retour des vases reprises du
fond des étangs et sont ainsi fertilisées par apport du phosphore piégé dans les
sédiments, et de matière organique en cours de décomposition. En Europe, on observe
des pratiques similaires lorsque l'étang est inclus dans l'assolement, lequel comporte
alors une culture de céréales sur le fond en période d'assec.
L'intégration agro-aquacole permet une modulation des systèmes de production.
En Dombes, un agriculteur dispose de trois systèmes de production sur son
exploitation: céréalière, laitière et piscicole. Traditionnellement, la complémentarité
était recherchée en dirigeant la production de céréales vers l'unité laitière, l'étang en
bénéficiant indirectement par l'apport de lisiers d'étable (ce qui permet, autre intérêt,
de se défaire de ces effluents au printemps et en été lorsque les terres, occupées par les
récoltes, ne peuvent les accueillir). Actuellement la production de lait est contingentée
par un système des quotas ; de ce fait, le flux de céréales est plutôt dirigé vers l'étang où
il permet d'augmenter la production de poisson pour laquelle un petit marché est en
train d'apparaître (Verzier 1987).
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