10 - L'aquaculture extensive en eaux douces
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Etats-Unis, pour lutter contre la prolifération de macrophytes dans les étangs de
poisson-chat, une fumure azotée est pratiquée : elle provoque le développement
d'algues unicellulaires qui, par filtration de la lumière, empêche la croissance des
végétaux supérieurs fixés au fond.
Dans les eaux stagnantes, les algues constituent la source majeure d'oxygène, au
moins pendant la journée. En quantité excessive, elles consommeront l'oxygène pendant
la nuit au point de provoquer des anoxies. En outre, la décomposition des algues
accentue la consommation d'oxygène. Comme pour les macrophytes, le développement
des algues peut être maîtrisé par des épandages de sulfate de cuivre et l'introduction de
poissons phytoplanctonophages, comme l'"argentée", qui joue alors le rôle
d'améliorateur biologique.
4.3. L'enrichissement du milieu par fertilisation et sa maîtrise par la polyculture
Les techniques de fertilisation minérale et d'amendement, directement inspirées
des pratiques agricoles, sont répandues en pisciculture d'étang. Elles ont pour objectif
de stimuler la productivité. Les minéraux apportés sont surtout l'azote et le phosphore,
mais ce dernier présente l'inconvénient de se fixer dans les sédiments, dans une
proportion de 30 à 60 % pour les scories (engrais solide peu soluble), de 20 à 40 % pour
les superphosphates, et jusqu'à 20 % pour les engrais liquides (Martin 1987).
L'apport massif de fertilisants organiques est traditionnel en Chine ; il a été
introduit en Israël dans les années 1970, et en Europe dans les années 1980. Les
quantités distribuées sont très variables, pouvant atteindre 40-50 kg de carbone/ha/j
lorsque l'on pratique une distribution journalière. Au-delà, des apports supplémentaires
ne se traduisent pas par une augmentation de la production de poisson. Même en
augmentant la densité, le rendement plafonne à 30 kg/ha/j, ce qui correspond à une
production de 4,5 t/ha pour un cycle de croissance de cinq mois (fig. 10.4). Olah (1986)
a également observé que, dans le meilleur des cas, 7,5 % seulement de l'apport en
carbone était converti en poisson.
Ces performances sont remarquables si on les compare à la productivité d'autres
écosystèmes exploités comme, par exemple, l'élevage bovin sur prairie, dont la
production n'excède guère 500 kg/ha/an. Les fortes productivités des systèmes
piscicoles fertilisés s'expliquent par la valorisation de plusieurs niveaux trophiques,
grâce à l'introduction de plusieurs espèces de régimes alimentaires complémentaires, à
l'image de ce qui se pratique en écosystèmes ouverts. Cette approche, dite de
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