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R. Billard
4. La manipulation des peuplements et des milieux dans les étangs de pisciculture
4.1. La maîtrise de l'eau
L'une des caractéristiques des étangs de pisciculture est la possibilité de les
vidanger. La vidange, qui est une pratique traditionnelle, s'applique aussi à des étangs
de grande taille, comme celui du Lindre en France (près de Nancy), dont la superficie
atteint 600 ha ; dans ce cas, la vidange débute en août et dure deux mois. Une telle
pratique commence cependant à être mise en question. Lorsqu'elle dure longtemps, on
perd le bénéfice d'une partie de la production planctonique de fin de période estivale.
D'autre part, les aléas climatiques font qu'au printemps l'étang, alimenté uniquement
par les eaux issues du bassin versant, peut ne se trouver que partiellement rempli. Il se
dessine une tendance à ne pas vidanger les étangs et à capturer les poissons au filet :
c'est le cas dans les élevages de poisson-chat aux Etats-Unis ; ceci a permis de réduire le
coût du pompage de l'eau prélevée dans les nappes phréatiques, et d'épargner ces
dernières dont le niveau tendait à baisser avec l'augmentation des surfaces converties en
étangs. En Chine, où l'eau est admise et éliminée par pompage, la vidange des étangs
n'est pas générale et n'est, le plus souvent, que partielle.
La vidange et l'assec ont cependant des avantages, notamment celui de permettre
des interventions sur le fond. La matière organique accumulée dans les sédiments peut
être oxydée, et les minéraux qui y sont piégés, utilisés par les cultures qui sont parfois
pratiquées sur le fond de l'étang. D'autre part, l'assec peut interrompre des cycles
parasitaires. En Israël, un assèchement, même bref, des étangs est apparu nécessaire,
périodiquement, pour éliminer des facteurs qui s'accumulent dans l'eau et tendent à
inhiber la croissance des poissons.
4.2. Le contrôle de la végétation
Dans les étangs, le développement des macrophytes est parfois excessif : il affecte
la productivité piscicole, les nutrients se trouvant piégés dans une impasse trophique.
Les végétaux supérieurs inhibent aussi le développement du plancton ; pour les
éliminer, divers moyens sont mis en oeuvre, mécaniques (faucardage), chimiques
(épandage de sulfate de cuivre ou de simazine), ou biologiques (introduction de
poissons herbivores). En Dombes, dans le système d'exploitation traditionnel, les
chevaux étaient mis à paître dans les étangs ; ce pâturage limitait la prolifération des
macrophytes, qui reste difficile à contrôler depuis l'abandon de cette coutume. Aux
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