10 - L'aquaculture extensive en eaux douces
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d'empoissonnement sont très variables (tabl. 10.2 et 10.3) ; elles dépendent des facteurs
déjà signalés : fertilité du milieu, taille marchande par rapport à la durée du cycle de
production, etc.
3.3. Combinaison du forçage du recnitement et d'interventions sur l'écosystème
Les possibilités de forçage du recrutement par alevinage peuvent se trouver
limitées par la nourriture disponible et la qualité du milieu. Pour les améliorer, des
interventions sont pratiquées, portant sur l'apport de fertilisants ou la modification de
l'habitat. En général, elles ne sont possibles que sur des plans d'eau de taille
suffisamment réduite pour pouvoir être modifiés, comme les étangs de pisciculture (cf.
§ 4). Certaines interventions de nature diverse sont cependant réalisables sur de plus
grands systèmes. C'est, par exemple, le cas de lacs canadiens oligotrophes qui reçoivent
des apports d'engrais pour stimuler la production de smolts de saumon (Hyatt et
Stockner 1985). Dans ces régions, des mécanismes naturels de fertilisation des ruisseaux
oligotrophes ont d'ailleurs été mis en évidence : les saumons du genre Onchorhynchus
meurent après la reproduction ; leurs cadavres viennent enrichir le milieu assurant ainsi
le développement de la chaîne alimentaire sur laquelle les alevins se nourrissent après
la métamorphose ; sans cet enrichissement, ils ne pourraient survivre en aussi grand
nombre dans ces milieux particulièrement pauvres (Donaldson 1967). Ces mécanismes
contribuent à la restitution de fertilisants aux eaux continentales souvent pauvres, à
partir des océans riches des régions tempérées froides.
La fertilisation reste cependant peu pratiquée par l'homme en milieux ouverts,
où leur impact est nécessairement réduit ; les lacs et réservoirs chinois, et les bras morts
hongrois, ne sont pas fertilisés directement, mais reçoivent des apports des bassins
versants. A l'inverse, les élevages de poissons en cage s'accompagnent de rejets
importants de matière organique. Akefors (1986) rapporte que, dans un élevage suédois
de truite arc-en-ciel en cages, 23 % seulement du phosphore contenu dans les aliments
est retenu par les poissons ; le reste se retrouve dans l'eau sous forme dissoute (11 %)
et dans les sédiments. En Ecosse, Gowen et al. (1985) ont calculé que, dans un loch, une
ferme produisant 50 t de saumon par an relâchait 19,5 t de carbone organique et 5,8 t
de matières azotées. Une élévation de 0,04 mg d'azote soluble par m d'eau s'ensuit ; ce
taux paraît négligeable ; cela tient au renouvellement rapide de l'eau du loch (une fois
tous les 10 jours). Il existe de nombreux exemples d' élevages de poisson en cages
entraînant des eutrophisations susceptibles de provoquer des mortalités : Suzuki (1986)
signale que, dans le lac Kasumigaura au Japon, le manque d'oxygène lié à
l'eutrophisation induite par les élevages a entraîné la mortalité de 37 % des carpes
stockées dans les cages.
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