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R. Billard
Les aménagements physiques les plus fréquemment pratiqués sur l'habitat
portent sur les frayères et la création de refuges et d'abris artificiels pour les juvéniles.
Les surfaces de frayères sont accrues pour les salmonidés, soit dans les rivières mêmes,
soit par création de chenaux de fraie - en particulier pour les saumons. Des substrats de
ponte artificiels sont implantés dans des zones où les herbiers ont disparu ; c'est le cas
pour le brochet qui, dans des rivières canalisées, n'a plus accès aux prairies inondées.
Ce l'est aussi pour la carpe commune dans les lacs et réservoirs chinois dans lesquels la
végétation a disparu, soit du fait de l'introduction de poissons herbivores, soit du fait des
fluctuations du niveau de l'eau. La création d'abris et de refuges est aussi pratiquée
pour les juvéniles et, même, pour des sujets approchant la tailJe commerciale ; c'est le
cas en rivières et ruisseaux à salmonidés où l'on ajoute des pierres ; les "acadjas" des
lagunes du Bénin ou de Côte-d'Ivoire fournissent un bon exemple d'intervention
humaine pour la protection des juvéniles ; les cages à corégone en Pologne et les enclos
dans les lacs chinois sont également à mentionner ici (cf. § 3.1).
Un autre type d'aménagement consiste à empêcher la trop grande dispersion de
juvéniles après lâcher. Pour la prévenir, les chinois placent des barrages électriques ou
des filets en amont et en aval de lacs ainsi qu'entre des segments de rivière ; cela
permet une gestion plus poussée des peuplements. Lorsque le débit est fort, la clôture
est établie en zig-zag. Le passage pour la navigation est assuré par des barrières
escamotables (Billard 1985).
3.4. Essais de contrôle des prédateurs piscivores
Dans les systèmes ouverts, la maîtrise des prédateurs n'est pas aisée. Selon la
finalité de l'aménagement, on favorisera les carnassiers pour leur valeur sportive
(brochet, sandre, très prisés par les pêcheurs à la ligne) ou, au contraire, on cherchera à
les éliminer pour raccourcir la chaîne alimentaire de façon à augmenter la production
totale. Dans les cas où des populations de poissons de petite taille ne sont pas
directement exploitables, on cherchera alors à les valoriser en les faisant consommer
par des espèces piscivores utilisables elles par l'homme. Li Sifa (1986) cite l'exemple du
lac Fujiaoche en Chine (2000 ha), qui produisait des "argentées" et des "grosses têtes"
(420 kg/ha/an), mais aussi d'autres espèces non utilisables du fait de leur trop petite
taille. On a introduit un prédateur, Elopichlhys bambusa, qui s'est attaqué à toutes les
espèces, faisant tomber la production à 22,5 kg/ha/an. Dans tous les réservoirs où ce
prédateur est présent, le rendement de la pêche se situe autour de 20 kg/ha/an. Dans
de telles situations, on capture tous les prédateurs de taille supérieure à 50 cm et on
pratique les repeuplements avec des juvéniles de plus de 13 cm que les prédateurs de
moins de 50 cm, ne peuvent consommer. En l'absence d'espèces de poisson de petite
taille dans le plan d'eau, les prédateurs présents sont systématiquement éliminés par
pêche et destruction des nids, de façon à maintenir leur effectif à un niveau très bas.
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