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R. Billard
Outre ces deux catégories de pêcheurs, d'autres utilisateurs de l'eau des rivières
doivent être mentionnés : agriculteurs, industriels, plaisanciers, utilisateurs de la force
hydraulique, dont les producteurs d'hydroélectricité. Cette diversité d'usages soulève
des conflits d'intérêts, caractéristiques de l'exploitation et de l'utilisation des
écosystèmes naturels (chapitres 12,16, 18 et 19).
La productivité des rivières est relativement faible. En zones tempérées, elle
n'excède guère quelques dizaines de kg de poisson/ha/an. Elle est plus forte en zones
tropicales. Elle peut être affectée par les activités anthropiques qui réduisent la diversité
spécifique et la biomasse des peuplements sous l'effet conjoint des pollutions, de la
chenalisation des cours d'eau, de la simplification des habitats, de la rédution des zones
naturelles de fraie...
2.2. L'exploitation des lacs et des réservoirs
Dans les pays en développement, les ressources vivantes des lacs et réservoirs
sont largement exploitées, généralement par pêche, parfois associée à des pratiques
culturales. La productivité est de l'ordre de 70 kg de poisson/ha/an dans le lac Tchad
(Benech et Quensière 1987), dont les captures annuelles sont de l'ordre de 100 000 t. Le
lac Victoria fait aussi l'objet d'une pêche importante : la production y dépasse
largement 100 000 t par an. Cependant, l'efficacité de l'exploitation est contrecarrée par
la méconnaissance de la biologie des espèces : selon Travers (comm. pers. 1987), il y
aurait 300 espèces dans ce lac et la biologie de seulement 150 d'entre elles serait
suffisamment bien connue pour pouvoir définir des schémas d'exploitation convenables.
En Chine, la productivité des grands lacs est de l'ordre de 100 kg de
poisson/ha/an ; la moyenne nationale était de 113 kg en 1983 (Li Sifa 1986). Les
méthodes de gestion des stocks sont simples. Dans les grands lacs de plusieurs milliers
d'hectares, seule la pêche est pratiquée. Dans le lac Tai Hu (Jiangou), par exemple, un
petit hareng (Coilia ectenes), qui représente 70 % des captures totales, est exploité de la
façon suivante : avant l'ouverture de la pêche, au printemps, la biomasse totale de
l'espèce est estimée par prospection au chalut ; la pêche est alors engagée ; elle se
poursuit jusqu'à ce que 60 % de cette biomasse soit extraite. Dans les lacs de superficie
inférieure à 100 ha, il est possible d'intervenir sur le milieu et sur les peuplements : les
productions peuvent atteindre 1 t/ha/an.
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