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J. Boucher etJ.-C. Dao
Un deuxième modèle a été simultanément élaboré. Il utilise des expressions de la
température correspondant à deux phases du cycle sexuel : la période critique du
plateau de repletion de la gonade et la période estivale de ponte. On utilise la pente de
la courbe thermique (notée P ) pour la première période, et la somme des degrés-jours
après l'accession à 16°C (notée S. ) pour la seconde. Le modèle est de la forme :
C P
CS
2
T
3
T
R = C [ - e
. e
Il n'est pas surprenant que la biomasse féconde n'apparaisse pas dans le modèle.
Ses variations sont faibles comparativement à l'incidence des conditions thermiques.
Les deux modèles, ajustés pour la période 1974 à 1984, fournissent des estimations des
recrutement 1985 et 1986 très proches des évaluations directes précédentes
(respectivement 80 et 20 millions d'individus).
Ainsi, conformément à l'hypothèse de départ formulée à partir de l'analyse des
processus biologiques, l'essentiel des fluctuations du recrutement est expliqué par l'impact
du gradient thermique pendant la maturation sexuelle. La complémentarité des deux
modèles dans la traduction du décalage entre cycle biologique et cycle thermique mérite
d'être souligné. Le premier est l'expression d'une anomalie à date fixe par rapport aux
événements calendaires (moyenne sur 25 ans), alors que le second utilise les valeurs
absolues pendant la période critique définie par la configuration des cycles thermique et
biologique. Certes, à cause de l'ajustement statistique et malgré le nombre d'essais
réduit par la définition a priori du processus, le résultat n'est pas suffisant (chapitres 5 et
13). C'était cependant une condition nécessaire de vérification.
6 - Discussion et conclusion
A ce stade, les questions peuvent paraître plus nombreuses que les réponses. Un
processus expliquant la variabilité de la population briochine de coquille Saint-Jacques
est défini. Ce processus est-il transposable à la population brestoise dont le cyle sexuel
est différent ? Est-il généralisable à d'autres populations ? A d'autres espèces de
pectinidés ou de bivalves ? Si ce processus s'applique bien à la population briochine
dans son état actuel, en sera-t-il de même lorsqu'une série d'années favorables se
traduira par un nouvel accroissement de la population ? En d'autres termes, quel est
l'intervalle de validité du schéma explicatif proposé ? Il faut enfin s'interroger sur la
contribution de ce travail à la solution des objectifs appliqués initiaux : quel rendement
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