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J. Boucher el J. -C. Dao
reproducteurs : de 30 000 tonnes en 1975, il descendait à 10 - 12 000 tonnes en 1986, par
suite de recrutements en moyenne faibles et très variables.
3.2. Présentation des problèmes el hypothèses sur leur origine
3.2.1. Fluctuations et gestion du stock briochin
Le stock de coquille Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc était géré selon les
principes du modèle de production par recrue (optimisation de la production par la
manipulation du diagramme d'exploitation, chapitre 2). Le souci de maintenir le stock à
un niveau optimum et, lorsqu'il commence à baisser, d'enrayer son déclin en préservant
une certaine biomasse, impliquait l'existence d'une relation stock-recrue suffisamment
stable, derrière les fluctuations interannuelles du recrutement. Cette stratégie rejoignait
le souci de soutenir l'abondance du stock reproducteur, sous-tendant le programme de
repeuplement.
Le déclin du stock, observé de 1975 à 1979 (fig. 9.4), pouvait être attribué à une
surexploitation en termes de production par recrue, accentuée par le recrutement dans
la pêcherie, en 1976, 1977 et 1979, de faibles classes d'âge (nées deux ans plus tôt). Une
forte coïncidence apparaît entre les fluctuations annuelles de la biomasse adulte
(courbe a) et l'effectif des classes entrant dans la pêcherie (courbe b). De même, les
années d'augmentation notable du stock (1975, 1978 et 1987) correspondent au
recrutement de cohortes fortes, nées respectivement en 1973,1976 et 1985.
La base de la réglementation actuelle date de 1973, lorsque fut mis en place un
système de licences de pêche codifiant la taille des bateaux et des engins de pêche, et le
temps effectif de dragage autorisé par jour, par semaine et par saison. La
réglementation fut progressivement affinée, tandis que l'initiative de proposition des
mesures annuelles passait de l'Administration maritime à l'organisation
interprofessionnelle. Il était devenu urgent de pouvoir faire face à l'afflux de nouveaux
bateaux attirés par une exploitation particulièrement lucrative, et susceptible d'entraîner
une surexploitation du gisement : en 1975, 460 bateaux participèrent à la campagne ; les
apports furent tels que les cours au débarquement s'effondrèrent. Le temps de pêche
autorisé fut progressivement réduit à une heure par jour, et quatre jours par semaine.
Ceci supposait une surveillance effective à laquelle les pêcheurs n'étaient pas habitués.
Au cours des années 1975-1980, les oppositions entre pêcheurs et organisation
professionnelle furent courantes, ce qui n'empêcha pas un renforcement de la
régulation.
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