7 - Les pêches et les cultures marines
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restrictions imposées aux puissances de pêche et à l'activité des navires. Il en résulta des
déséquilibres économiques, qui ne purent être compensés que par des aides publiques.
Les réglementations devinrent plus coûteuses pour la société, plus complexes, et de
moins en moins bien appliquées (MacKenzie 1983).
A cause de son incapacité à participer à la course pour les ressources hauturières
et, parfois, de relations moins directes avec les centres de décision, la pêche artisanale
ne bénéficia pas initialement du même intérêt de la part des administrations. Ses
techniques étaient considérées comme dépassées. Elle était comprise comme un mode
d'exploitation destiné à disparaître au profit de la pêche industrielle, à laquelle elle
pouvait fournir une main d'oeuvre amarinée. "On ne peut plus songer à industrialiser la
flotte artisanale. Tout au plus, un compromis pourrait-il être trouvé en instituant, par
exemple, des groupements coopératifs de pêcheurs" ^\ Pourtant, l'analyse des pêches
artisanales montre que, dans le contexte français actuel par exemple, elles sont loin
d'être démunies d'atouts : consommations intermédiaires moindres, valeurs ajoutées
totales brute et nette supérieures, coût inférieur de remplacement du capital
immobilisé, emplois directs plus élevés (Meuriot 1986). Au delà de ces atouts propres,
le fait qu'elle n'ait pas "bénéficié" des mêmes aides publiques pourrait avoir aussi
contribué à sa vitalité relative actuelle.
Initialement, la promotion de la pêche dans les pays en développement fut
fortement influencée par le modèle d'expansion de la grande pêche dans les pays
industrialisés à la fin du siècle dernier (Troadec 1983). L'accroissement de la production
pondérale était l'objectif prioritaire. 11 était recherché par la mécanisation et l'octroi
d'aides aux intrants. Cette politique privilégiait l'importation de techniques et la
capitalisation. Dans certains pays, cette stratégie rencontra un contexte économique
convenable. Par exemple, la pêche péruvienne de l'anchois s'est développée par
transfert des méthodes de pêche et d'usines de traitement de la pêche californienne,
devenues inutiles à la suite de l'effondrement du stock de sardine. Plusieurs pays d'Asie
orientale (Chine -Formose, Corée, Cuba, Thaïlande, ...) réussirent, après la Seconde
Guerre mondiale, à développer avec succès le secteur de leurs pêches, y compris
hauturières. Ainsi, le Pérou et la Thaïlande décuplèrent leur production, en six ans pour
le premier (1955-61), en dix ans pour le second (1960-70). Mais ces succès ne furent pas
assurés. Ils furent suivis de l'effondrement de la pêcherie pondéralement la plus
importante du monde et, dans Je cas de la pêche thaïlandaise, d'une situation de
surpêche sérieuse et de surinvestissement marqué, aggravée par la fermeture de
certains de ses secteurs de pêche lointains.
Surtout, dans une majorité de pays en développement, les conditions diffèrent
significativement de celles qui avaient permis, cent ans plus tôt, le développement de la
grande pêche dans les pays industrialisés. Les capitaux -particulièrement les devises- y
(1) Secrétariat Général de la Marine Marchande, Paris, 1953,
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