8 - Repeuplement et pacage marin des salmonidés migrateurs
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sensibles sont encore à attendre du fait de l'accroissement rapide des connaissances sur
la biologie et l'écologie des espèces. La dynamique de leurs populations offrent
plusieurs avantages pour la gestion des stocks : c'est au moment de la reproduction et,
donc, de la capture, que les cohortes atteignent leur biomasse maximale ; le fait que
plusieurs espèces meurent après la reproduction et que celle-ci puisse être maîtrisée par
des méthodes artificielles permet de gérer l'abondance des populations, non plus par le
taux d'exploitation et le taux d'échappement, mais par les ensemencements.
L'obstacle majeur à la réalisation d'opérations d'envergure est en fait d'ordre
juridique et non technique. Comme dans la pêche, le progrès du pacage dépend des
dispositions institutionnelles et juridiques qui seront prises pour réserver l'accès au
cheptel artificiellement propagé (chapitre 15). La prise en charge des coûts afférants
aux ensemencements (Etat, Régions, collectivités de bassin versant, commissions
halieutiques locales, firmes privées) sera fonction des dispositions légales permettant
d'octroyer des droits réservés de capture. Pour que la pacage marin devienne un mode
majeur de production, ce droit devrait s'étendre, au delà du site de lâcher et de capture,
sur l'ensemble de la phase marine de grossissement. Selon l'évolution du droit, on
pourra choisir des souches capables, par l'ampleur de leurs schémas de migration, de
valoriser la production trophique de vastes secteurs océaniques ou, au contraire, on
devra se contenter de souches dont les migrations naturellement ou artificiellement
réduites limitent les captures incidentes, mais aussi les perspectives de production.
En l'absence de moratorium sur la pêche du saumon en pleine mer, les cheptels
peuvent être interceptés dans les eaux communautaires (CEE), internationales, voire
même dans les eaux territoriales de pays éloignés des eaux d'origine (cas du saumon
atlantique au Groenland). Comme le remarque Vibert (1988), aux difficultés de gestion
des prises dans les eaux d'origine, s'ajoutent, sur le plan international, les difficultés de
fixation et de contrôle des quotas de capture sur les zones maritimes d'engraissement
où les stocks sont mélangés. Or, la pérennité d'une opération de pacage marin implique
que les stocks soutenus ou artificiellement créés, soient exploités stock par stock, ou
rivière par rivière, de façon à garantir des revenus qui assurent un taux de rendement
suffisant pour permettre la continuité des opérations. L'optimisation de la production,
en termes d'accroissement des captures -y compris par le pacage marin- et de réduction
des coûts, et la gestion fine des stocks dépend de la possibilité de circonscrire les
captures au voisinage des secteurs marin et dulçaquicole d'origine.
Comme le signale Larkin (1979), les actions de protection, de régulation et de
repeuplement doivent servir en premier les intérêts de la ressource pour mieux servir
ceux de l'exploitant et non l'inverse. Avec l'injection de juvéniles d'élevage, apparaissent
les risques potentiels d'altération du potentiel génétique, d'introduction et de
dissémination de maladies, et de remplacement de populations sauvages qui pourraient
totalement disparaître (chapitre 11).
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sensibles sont encore à attendre du fait de l'accroissement rapide des connaissances sur
la biologie et l'écologie des espèces. La dynamique de leurs populations offrent
plusieurs avantages pour la gestion des stocks : c'est au moment de la reproduction et,
donc, de la capture, que les cohortes atteignent leur biomasse maximale ; le fait que
plusieurs espèces meurent après la reproduction et que celle-ci puisse être maîtrisée par
des méthodes artificielles permet de gérer l'abondance des populations, non plus par le
taux d'exploitation et le taux d'échappement, mais par les ensemencements.
L'obstacle majeur à la réalisation d'opérations d'envergure est en fait d'ordre
juridique et non technique. Comme dans la pêche, le progrès du pacage dépend des
dispositions institutionnelles et juridiques qui seront prises pour réserver l'accès au
cheptel artificiellement propagé (chapitre 15). La prise en charge des coûts afférants
aux ensemencements (Etat, Régions, collectivités de bassin versant, commissions
halieutiques locales, firmes privées) sera fonction des dispositions légales permettant
d'octroyer des droits réservés de capture. Pour que la pacage marin devienne un mode
majeur de production, ce droit devrait s'étendre, au delà du site de lâcher et de capture,
sur l'ensemble de la phase marine de grossissement. Selon l'évolution du droit, on
pourra choisir des souches capables, par l'ampleur de leurs schémas de migration, de
valoriser la production trophique de vastes secteurs océaniques ou, au contraire, on
devra se contenter de souches dont les migrations naturellement ou artificiellement
réduites limitent les captures incidentes, mais aussi les perspectives de production.
En l'absence de moratorium sur la pêche du saumon en pleine mer, les cheptels
peuvent être interceptés dans les eaux communautaires (CEE), internationales, voire
même dans les eaux territoriales de pays éloignés des eaux d'origine (cas du saumon
atlantique au Groenland). Comme le remarque Vibert (1988), aux difficultés de gestion
des prises dans les eaux d'origine, s'ajoutent, sur le plan international, les difficultés de
fixation et de contrôle des quotas de capture sur les zones maritimes d'engraissement
où les stocks sont mélangés. Or, la pérennité d'une opération de pacage marin implique
que les stocks soutenus ou artificiellement créés, soient exploités stock par stock, ou
rivière par rivière, de façon à garantir des revenus qui assurent un taux de rendement
suffisant pour permettre la continuité des opérations. L'optimisation de la production,
en termes d'accroissement des captures -y compris par le pacage marin- et de réduction
des coûts, et la gestion fine des stocks dépend de la possibilité de circonscrire les
captures au voisinage des secteurs marin et dulçaquicole d'origine.
Comme le signale Larkin (1979), les actions de protection, de régulation et de
repeuplement doivent servir en premier les intérêts de la ressource pour mieux servir
ceux de l'exploitant et non l'inverse. Avec l'injection de juvéniles d'élevage, apparaissent
les risques potentiels d'altération du potentiel génétique, d'introduction et de
dissémination de maladies, et de remplacement de populations sauvages qui pourraient
totalement disparaître (chapitre 11).
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